7.5/10Iron Maiden - Killers

/ Critique - écrit par athanagor, le 16/01/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Lâche mon T-shirt, j’te dis… (Ecrivez votre critique)

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1981, c'est la sortie de Ronald Reagan en politique, d'Excalibur au cinéma et de Killers dans les bacs, et tout ça va faire mal.

C'est en 1981 que sort cet album qui sera le point de départ de la collaboration des deux guitaristes emblématiques de ce groupe, pilier duCheese !
Cheese !
heavy metal : Dave Murray, déjà présent sur l'album éponyme, et Adrian Smith qui remplace Dennis Stratton, payant semble-t-il sa volonté d'orienter le groupe, qui affichait déjà la couleur avec sa première pochette, vers un son plus pop. Raté, et une fois de plus le coup de crayon de Dereck Riggs plus appliqué, produit l'apparence la plus coutumière d'Eddie, le sixième membre du groupe, sous les trait de ce tueur à la hache à bûchette. Mais il ne faut pas s'y tromper, le titre de l'album est au pluriel.

Ouvert sur les accords appuyés de The Ides Of March, accompagnés par les guitares harmonisées, développées dans des solos respectifs, l'album s'oriente vers une musicalité plus subtile que lui permet ce duo d'excellents guitaristes que sont Murray et Smith. Cette musicalité, assumé par la présence de deux titres instrumentaux, s'exprime également grâce à la nouvelle qualité sonore qu'imprime la production de Martin Birch. Ainsi, tout au long de l'album les guitares, qui ont gagné en souplesse, sont à l'honneur, jusqu'à une certaine apogée dans l'ouverture de Prodigal Son, morceau qui montre, soit dit en passant, avec sa rythmique proche du flamenco, la diversité des influences de Steve Harris. Ce dernier, auteur de tous les titres, et lui aussi servi par cette meilleur production, qui éloigne cet album du son brut de décoffrage du précédent. Harris parvient ici à exprimer pleinement son jeu de basse, caractérisé par ce bourdonnement hypnotique et subconscient, utilisant tous les doigts de sa main droite pour produire cette dynamique rythmique, que les aficionados coPurgatory (Single cover)
Purgatory (Single cover)
nnaissent bien, et qui se traduit parfois par une impression mélodique particulière, poussant toujours les titres vers l'avant et leur imprimant une identité qui n'existe que dans ce groupe. Aucun titre ne peut se réclamer de Maiden sans ce vrombissement si particulier, né des capacités d'instrumentiste et de compositeur de Harris.

Il y a autre chose que Steve Harris sait faire : trouver des mélodies captivantes, des ritournelles, de celles dont on ne se débarrasse pas facilement et qui se fredonnent en dodelinant de la tête, comme celles des comptines pour enfants ou bien, source plus probable pour ce fan de football qui faillit passer pro (et quelle perte s'eût été), des chants de supporters, eux-mêmes bien souvent tirés de mélodies populaires, dont les comptines pour enfant. La boucle est bouclée. Dans le style, certains titres de l'albums sont notable, Gengis Khan (déjà une figure historique), deuxième titre instrumentale de l'album, Innocent Exile, jouissant également d'une ouverture de thème à la basse plutôt excitée, et surtout Purgatory, pourtant inégale, déchiré entre un pré refrain / refrain entêtant, et des couplets moins aboutis.

Là où l'album précédent se terminait sur un titre emblématique, Iron Maiden, clôturant depuis le début tous les sets du groupe, Killers se termine sur le très moyen Drifter. Mais une fois de plus c'est le morceau portant le nom de l'album qui fait toute la différence et se retrouve dans le panthéon Wrathchild (Single cover)
Wrathchild (Single cover)
des titres les plus mémorables, qu'il est pourtant difficile d'extraire de l'excellente discographie du groupe. Il n'est pas envisageable qu'Iron Maiden se produise sans jouer Killers, co-écrit par le chanteur Paul Di'Anno, modèle du genre et précurseur de morceaux tout aussi important et méchamment construit, comme le seront par exemple The Prisoner ou Seventh Son of a Seventh Son, élaborés non seulement autour des couplets et refrains, mais aussi autour des solos de Murray et Smith, auquel il est impossible de changer une note sans risquer de faire s'effondrer tout l'édifice. Ceci constitue une autre marque de la grande musicalité développée par le travail de ce groupe qui, non content d'être LE vrai groupe de hard rock, a porté et développé cette distinction jusqu'au rang de noblesse d'épée et de matière à fierté pour tous les sujets de la Reine, supporters ou non de West Ham United.

Avec cet album, Iron Maiden trouve le son qui le caractérise, et il faudra encore un peu de patience et deux albums pour que le line-up corresponde à la légende que les vieux hardos en mal d'émotion racontent, le soir au coin du feu, quand il s'agit de secouer leur mélancolie par l'évocation larmoyante d'une gloire passée.

« I had to beat them to death... with their own shoes »


Iron Maiden - Killers

01. The Ides of March
02. Wrathchild
03. Murders In The Rue Morgue
04. Another Life
05. Genghis Khan
06. Innocent Exile
07. Killers
08. Prodigal Son
09. Purgatory
10. Drifter

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