7/10L'espace est bleu pour Human Song

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 05/11/2018
Notre verdict : 7/10 - Insondables espaces (Ecrivez votre critique)

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Le monde est gris, le monde est bleu mais les espaces sont bleus chez Human song. Bleus, majestueux et grandioses

Cinq ans, ça peut sembler court mais dans le monde de la musique c’est une éternité. Cinq ans donc après un premier EP remarqué et que nous avions critiqué par ici, Human song revient donc avec un nouvel album, Blue spaces. Certes l’album n’est pas de la toute première actualité puisqu’il est sorti en avril dernier mais ce n’est pas une raison pour ne pas en dire quelques mots.

Lentes mélopées angéliques

L’ouverture de ces espaces bleus se fait sans féérie aucune, c’est en tout cas ce que veut nous faire croire le titre No fairy : il n’en est cependant rien puisqu’on découvre la voix somptueuse de Jane Lake qui, sans aucune parole, juste avec quelques lentes mélopées angéliques sur une musique qui gagne en majesté au fil des secondes, habite l’espace d’une formidable manière. Plusieurs titres parviennent à toucher l’essence même de la beauté comme L’enfant arbre et sa batterie qui roule ou encore Les étoiles qui arrive jusqu'à extraire de cette beauté les larmes glacées de la tristesse comme dans un sombre conte gothique. Dans cette veine empreinte de beauté, Mirrors sonne à la fois comme une conclusion et comme une ouverture : ses premières minutes de piano et de voix mélodieuse associés rappellent No fairy, L’enfant arbre ou Les étoiles mais un simple « I love you when you reflect me » délaisse cette beauté au-delà du réel pour une berceuse au piano plus délicate, plus jolie, plus prosaïque et ouvre sur un nouveau monde.


DR.

La voix de Jane Lake quitte parfois ses envolées irréelles pour s’aventurer dans des incantations mystiques comme sur The amazon où cette prêtresse de la musique obscure psalmodie sur les rythmes déstructurés d’un piano rappelant parfois celui de Brian Viglione des Dresden Dolls. Cette voix grave et habitée, qui se mêle au chœur angélique, se retrouve sur le titre éponyme, ce Blue spaces d’une lourdeur machiavélique que l’on pourrait qualifier d’heavenly trip-hop. À l’inverse, la voix chantée, toute en rondeur, peut tout aussi bien se parer de délicatesse et de douceur pour accompagner un West, plutôt classique dans sa forme, étrangement entraînant malgré des paroles pas forcément réjouissantes.

Radicalité noisy

Mais Human song sait se faire aussi plus radical en balançant des petites bombes électro-noise comme Four doors où le piano vrombissant et des glitches électroniques qui s’entremêlent tissent une atmosphère éthérée, gauchie et détraquée. Sur Hunter’s processing, les nappes de synthé dressent une ambiance brumeuse où la batterie numérique semble marteler le rythme cardiaque du chasseur avant que des sons liquides apportent un peu d’air à cette chasse étouffante : le résultat est étonnant et se démarque un peu du reste de l'album de part la totale absence de voix féminine, et de voix tout court d’ailleurs.

Dans Blue spaces, Human song joue constamment avec les ambiances passant de la plus majestueuse beauté angélique aux plus profonds tréfonds infernaux mais toujours avec un beau talent. Les 10 minutes de This is not a song for war semblent être la somme de tout ce que l’on peut trouver dans Blue spaces : des instants calmes portés par une voix parlée, des envolées grandioses et de la folie électronique pure.

La critique en 140 caractères : Des ambiances angéliques aux atmosphères mystiques, voire carrément brumeuses, Human song tente le grand pont. Et c’est réussi.

En écoute Les étoiles

Human song – Blue spaces

01. No fairy
02. West
03. Four doors
04. The amazon
05. L’enfant arbre
06. Blue spaces
07. Faces on the ground
08. Les étoiles
09. Hunter’s processing
10. This is not a song for war
11. Mirrors

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