7/10Holden - Chevrotine

/ Critique - écrit par juro, le 20/02/2006
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Dans la lignée de Françoise Hardy et Autour de Lucie, la chanson pop française de qualité et un brin élitiste compte une voix féminine gracieuse et cinglante avec Holden. Sur un ton souple et détaché, le groupe embarque pour son troisième
album après une absence de quatre années pour créer et peaufiner Chevrotine. Faux rythmes, jeux de sons, empreint de légèreté, Holden propose une écoute épurée, simple, d'un calme presque paradisiaque. Transporté sur des mélodies sans excès, les mots s'alignent pour partager visions personnelles et histoires improbables.

Holden propose un minimalisme musical dans lequel les partitions simples donnent un rendu agréable, langoureux parfois, une sorte de pop dans le même registre que celle de Benjamin Biolay ou Fred Poulet la touche électro en moins. Quelques légères sonorités inattendus, quelques effets électro... "quelques" qui n'apportent pas un véritable changement. La composition est d'un faux calme par rapport aux paroles pleines de nostalgie (Charlie, Rosie et moi, Madrid), regret (Ce que je suis), abandon (Sur le pavé). Les paroles traduisent un profond sentiment de mal être, le ton est en contradiction avec la musique apportant un bien-être mais la voix s'accorde avec justesse sur les rythmes chaloupés. Parfois, on se croirait dans une salle de concert seul à seul avec Holden. L'envie de fermer les yeux et de se laisser bercer et emporter par cette voix a priori plate mais bien au contraire traversée d'émotions cachées.

Le subtil et classieux Ce que je suis délivre une première impression positive à l'issue de 4.36 minutes de minimalisme musical laissant la voix d'Armelle Pioline jouer des mots à travers un texte intimiste. Madrid reprend ses couleurs latines et
avec des couleurs jazzy pour une visite de la capitale espagnole en toute hâte. Certainement l'influence chilienne de leur lieu d'enregistrement... Le langoureux Les cigales importe une touche d'électro sur un tout petit tempo. La voix se joue, se déjoue et s'enjoue sans s'élever des textes. Le parrain Jean-Louis Murat vient donner un coup de main sur le calme et ténébreux L'orage, l'invité y livre d'ailleurs une prestation pleine de force empruntant une inhabituelle « grosse voix rauque » pour s'ouvrir sur le bon Quelque chose en moi. Les morceaux pop s'enchaînent avec un stakhanovisme déconcertant qui lasse si on ne s'intéresse pas aux textes (Comme une fille, En septembre...).

Une impression de passé se dégage de Chevrotine. Loin d'être une balle perdue, la galette de Holden s'offre un retour dans les 60's et 70's. Chaque titre est peaufiné, marqué d'un sceau propre au groupe avec une certaine nostalgie qui le rend unique. Holden redonne le parfum d'antan dans un album constant sans pour autant qu'un titre ne se dégage véritablement du lot.


Holden - Chevrotine

01. Ce que je suis
02. Charlie, Rosie et moi
03. Madrid
04. Sur le pavé
05. Les cigales
06. L'orage (avec Jean-Louis Murat)
07. Quelque chose en moi
08. Comme une fille
09. L'essentiel
10. En septembre
11. Dès demain

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