9/10Heligoland - All your ships are white

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 10/01/2011
Notre verdict : 9/10 - Heligo élément (Ecrivez votre critique)

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All your ships are white est à savourer, plus qu'à écouter, les yeux fermés pour pouvoir s'imprégner des différents sentiments qu'il véhicule, pour pouvoir s'évader et s'envoler avec la musique jusqu'à saisir l'insaisissable, jusqu'à toucher la grâce.

Le ciel vaporeux s'est paré de sa plus belle teinte verte mi-aqueuse, mi-végétale pour célébrer la sortie de All your ships are white du groupe franco-australien Heligoland. Cette pochette reposante qualifie parfaitement la musique du sextette qui semble puiser son essence dans le vent soufflant légèrement dans les branches, dans une brise qui ondule gentiment la surface de l'eau, dans un nuage qui trouble à peine le ciel de son passage.

Vert-amande



Des mains de fée
Car c'est bien la douceur et la délicatesse qui l'emportent au long de ces huit titres à l'ambiance éthérée et féérique. Bercé par la basse ronronnante de Steve Wheeler, choyé par la guitare de David Olliffe, apaisé par les claviers Ash Brideson l'auditeur ne peut que se laisser porter dans un ailleurs en forme de cocon cotonneux où même la batterie de France Cartigny semble provenir d'une rêverie. Dans ce projet, l'expérience des ambiances atmosphériques de Robin Guthrie, l'un des fondateurs de Cocteau Twins, a certainement été un plus non négligeable : il a produit, mixé et masterisé All your ships are white, et a même pris le temps de jouer de la basse et des claviers ! Même quand les morceaux s'emballent (« Kiss kiss bang bang »), c'est toujours avec un sens pointu de la mélodie aérienne et poétique. L'exquise beauté de Heligoland ne permet qu'un seul échappatoire : s'abandonner complètement à la musique et s'élever dans cet éther vert-amande.

Bateau-cygne


Une voix d'ange
Dans cet univers doux et tranquille, la voix de Karen Vogt s'élève avec la majesté d'un cygne. L'amateur de Tolkien trouvera d'ailleurs peut-être un étrange parallèle à effectuer entre ces blancs bateaux qui donnent leur nom à l'album et les délicats bateaux-cygne de son œuvre. Il y a indubitablement chez la chanteuse un peu de cette magie de féérie qu'on peut ressentir chez le Maître. La voix semble toujours, et c'est ce qui fait son charme, se trouver à la lisière, à l'ultime limite, souvent tremblante (« Mapping your desires », « Your longest breath »), à deux pas de la brisure.(« The light inside »). Et pourtant, cette voix délicate parvient parvient à évoquer dans un même mouvement la touffeur éprouvante d'un été, la douceur nostalgique d'un automne, la froideur vivifiante d'un hiver et la fraîcheur d'un printemps. Une capacité de suggestion tout simplement extraordinaire.

All your ships are white est à savourer, plus qu'à écouter, les yeux fermés pour pouvoir s'imprégner des différents sentiments qu'il véhicule, pour pouvoir s'évader et s'envoler avec la musique. Et si l'on pourrait regretter la longueur de l'opus (à peine plus d'une demi-heure), rien n'empêche de l'écouter encore et encore, jusqu'à saisir l'insaisissable, jusqu'à toucher la grâce.

Heligoland – All your ships are white
01. Kiss kiss bang bang
02. The light inside
03. Mapping your desires
04. A year without sunlight
05. Nearness
06. Your longest breath
07. All your ships are white
08. Corazon

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