9/10Headless Heroes - The Silence of Love

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 10/11/2008
Notre verdict : 9/10 - L'héro s'entête (Ecrivez votre critique)

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L'amour de ces héros sans tête ne se contente pas du silence et laisse parler une musicalité touchante. Idéal pour se laisser bercer.

Alela Diane avait fait parler d'elle il y a quelques temps avec son The Pirate's Gospel, un album acoustico-rétro dont la lenteur des rythmes n'égalait que la beauté de la voix. Elle nous revient sous le nom de Headless Heroes accompagnée d'une foule d'instruments qui donnent de la rondeur et de la profondeur à une voix qui n'en manquait pourtant pas. Pas moins de 8 artistes collaborent sur The silence of love, un album exclusivement composé de reprises de groupes plus ou moins connus, comme Nick Cave, Vashti Bunyan, Philamore Lincoln  ou Jesus and the Mary Chain.

Des reprises, mais certainement pas des chaussettes

Si certaines de ces reprises n'apportent pas grand chose à la version initiale, celle de Nick Cave est à écouter : la guitare et la voix du brun ténébreux sont remplacées par un piano et la voix, résolument féminine, d'Alela Diane. Autant dire que le changement est radical. L'étouffé Just like honey de Jesus and Mary Chain devient carrément poppy sous l'impulsion de Headless Heroes. Et la pop de I am Kloot (To you) se fait bruitiste sous leurs doigts magiques. A l'opposé, le blues de Jackson C. Frank ne perd que peu de substance, si ce n'est un peu de rocaille sur la voix qui se transforme en poussière d'étoiles. La différence est encore moins frappante entre le Hey, who really cares de Linda Perhacs et celui de Headless Heroes. En fait, The silence of love se dévoile au fur et à mesure des écoutes, et la multitude de sonorités présentes enrichissent la voix d'Alela Diane, la soutiennent et étendent l'horizon folk de la chanteuse. Ainsi la trompette de Just one time fait dériver le morceau vers une ambiance dub-jazz qui n'est pas sans rappeler The Drift tandis que True love will find you in the end lorgne vers un psyché-folk progressif qu'on imaginerait sans peine sur une plage hawaïenne à la tombée de la nuit.

Un ange est descendu sur Terre

Mais c'est surtout d'une Voix qu'il faut parler, une belle, une grande, une qu'on retient et qu'on a envie d'écouter sans jamais se lasser. Tantôt sourde ou pleine d'écho et de vibrations (Here Before, To you, Blues run the game), elle sait se montrer plutôt baroque lorgnant l'univers de Rosemary Moriarty sur The north wind blew south ou rappelant les mélopées celtisantes de Dolores O'Riordan des Cranberries (Just like honey). Mais s'il fallait ne retenir qu'un qualificatif, ce serait : angélique. Une voix qui transporte, élève et qui touche parfois au sublime (See my love, la plus belle chanson de l'album). L'organe d'Alela Diane nous ouvre un univers à multiples facettes, un kaléidoscope féérique de tons sépias. La chaleur de cette voie à d'une sensibilité à fleur de lèvres est une parenthèse de beauté, de bonheur et de magie. Un instant de plénitude planante et béate.

L'amour de ces héros sans tête ne se contente heureusement pas du silence et laisse parler une musicalité touchante. Et cette voix entêtante qui résonne encore et encore. The silence of love est un album qu'on écoute, écoute, et écoute encore, de préférence sur son lit, les yeux fermés pour se laisser bercer par ces mélopées entêtantes.

Headless heroes - The silence of love

01. True love will find you in the end
02. Just one time
03. Here before
04. Just like honey
05. To you
06. Blues run the game
07. Hey, who really cares ?
08. Nobody's baby now
09. The north wind blew south
10. See my love

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