6.5/10Greenshape - Storyteller

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 26/10/2011
Notre verdict : 6.5/10 - Régis en forme (Ecrivez votre critique)

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GreenShape, qui es-tu GreenShape ? Un gamin à la vie familiale perturbée comme il en existe des milliers ? Un gosse puis un ado qui découvre les
Bien se reboutonner le col
Beatles, qui, c'est déjà plus rare, flashe ensuite sur Led Zep et Johnny Cash avant de s'essayer à la guitare sur Come as you are de Nirvana ? Un rescapé de l'alcool et de la drogue qui s'en est sorti avec les poings, et ce n'est pas une métaphore ? De cette vie tumultueuse, Régis Israël garde un amour pour la folk et la volonté de vivre de sa musique. « Suffit d'y croire et ça marche » lui aurait soufflé son entraîneur : une rencontre plus tard, avec Stéphane Gille de Sober&Gentle (Cocoon, Kid Bombardos) et voilà GreenShape en train d'enregister un premier album, Storyteller, sous la houlette Tore Johansson ( Franz Ferdinand, Cardigans..). Un rêve en passe de se réaliser.

À voir la gueule cassée et le regard de chien battu de GreenShape sur la pochette, on est loin de se douter de la teneur de ce disque. On pourrait
Toujours faire attention à ne pas perdre son imaginer
imaginer un folk-rock rocailleux, boueux, venu des tripes. Il n'en est rien, Storyteller verse plus dans le côté ballade, parfois sirupeux, du folk : le violon et le piano se taillent la part du lion, laissant notamment peu de place à la guitare. Certains titres vont même jusqu'à rappeler irrémédiablement Coldplay (les premières mesures de Feel better). Pire GreenShape semble parfois verser dans une mièvrerie sucrée peu ragoûtante : l'enchaînement Feel better/In your land engendre ainsi beaucoup d'ennui et peu d'intérêt, malgré un bel emballement sur la fin du deuxième. De la même façon, Seed and sand et sa voix féminine, Please, No reason ou When ne sont pas fondamentalement mauvais, ni extraordinairement marquants : ils manquent peut-être un peu de personnalité pour s'installer plus longuement. Le genre de titres qui boxent dans la catégorie des chansons douces et agréables qu'on écoute sans déplaisir, en fond, en faisant tout autre chose.

Heureusement pour nous, comme pour GreenShape, quelques titres attirent l'oreille, voire la charment durablement. C'est le cas ainsi de Everglades qui
Chemise canadienne et T-shirt blanc
accroche surtout par son aspect un poil plus folk, son refrain et par les violons qui vont et viennent  et donnent ainsi un certain rythme au titre. C'est le cas aussi de Chloe's house où la voix de GreenShape semble prendre un autre relief sur une lente contrebasse qui donne une autre dimension à la composition de GreenShape, plus langoureuse, plus habitée aussi. De la même façon, Overlord se détache par des chœurs d'enfant qui donnent du volume aux paroles du chanteur, et par la grâce d'un refrain qui reste dans la tête « What goes on when nobody loves you, what remains when no one loves you ? ». Mais c'est, comme souvent, le titre éponyme qui remporte tous les suffrages. Tout y est parfait, de la voix touchante de GreenShape aux violons qui touchent doucement et violemment l'auditeur en passant par le beau toucher de piano de Martin. Comme si GreenShape avait mis tout son cœur et son âme dans ce titre au détriment du reste de l'album.

Greenshape – Storyteller

01. Storyteller
02. Seed and sand
03. Found after pound
04. Everglades
05. Feel better
06. In your land
07. Chloe's house
08. Please
09. Overlord
10. No reason
11. When

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