8.5/10Gravenhurst - The Western Lands

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 28/09/2007
Notre verdict : 8.5/10 - Western intemporel (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Nick Talbot, alias Gravenhurst, atteint 10 fois des sommets sur son dernier album, entre folk, post-rock et rock psychédélique. Un indispensable.

Entre folk, rock psychédélique et post-rock, le multi-instrumentaliste Nick Talbot, alias Gravenhurst, n'arrive toujours pas à faire de choix définitif. Tant mieux. La diversité des 10 chansons de The Western Lands en fait sa plus grande force. Le songwriter de Bristol (Angleterre) ne se plante tout simplement jamais. Ceci pour le plus grand bonheur des amateurs de mélopées influencées par Nick Drake, Simon & Garfunkel ou encore Flying Saucer Attack.

Emotion profonde et sincère

Nick Talbot, tête pensante du groupe
Nick Talbot, tête pensante du groupe
Grace aux divins arpèges de guitares acoustiques, on ne peut pas longtemps résister à la tentation d'une émotion profonde et sincère. Ce qui n'apparaissait que par moments sur les précédents albums (Flashlight Seasons en 2004, Fires in Distant Buildings en 2005) est désormais une délicieuse récurrence. On se laisse agréablement porter par la délicatesse angélique de Saints (ses claviers parcimonieux et sa grosse caisse vaporeuse), les nuées déchirantes de Song Among The Pine ou encore la maîtrise mélancolique époustouflante de Hourglass (et son final mémorable). Si ces chansons tristes pénètrent immédiatement nos âmes, Nick Talbot pousse le délice encore plus loin lorsqu'il offre des ruptures de rythmes ingénieusement pensées. Ainsi, The Collector, qui clôt l'album, s'échappe-t-il dans une pop mid-tempo chavirante après deux minutes de folk, pour s'achever avec des guitares électriques qui chatouillent les hurlements, pour ne préférer finalement que quelques crissements frapadingues. Plus mesuré dans les crépitations mais tout aussi prenant, Trust évoque un western intemporel. Des intentions continuées sur l'étonnant  et bien nommé The Western Lands, qui franchit avec succès les barrières d'un post-rock héroïque et cinématographique.

Talbot au centre des débats... tristes
Talbot au centre des débats... tristes
A la limite du post-rock, She Dances emmène nos oreilles dans une musique spirituelle et lumineuse, où des guitares électriques et un piano fusionnent avec la voix bienveillante de Talbot, pour un aboutissement à la limite du noisy (Mogwai et Explosions in the Sky ne sont pas très loin). Grand Union Canal est une leçon de virtuosité guitaristique. Lorsque Gravenhurst se décide à faire du rock, les guitares peuvent sérieusement cracher, la batterie s'emballer et les influences aller du côté des Pixies, de The Jesus and Mary Chain ou de My Bloody Valentine (Hollow Men). En réaction, notre tête bouge, notre coeur se noircit encore un peu et l'on en redemanderait presque. Nick Talbot nous entend et propose, un peu plus loin, Farewell, Farewell qui ravira les fans de Slowdive et des débuts des Boo Radleys.

Nick Talbot peut longtemps continuer sur le même sentier musical. On sera toujours là pour faire un bout de chemin avec lui, l'écouter nous bouleverser dans une haute montagne enneigée, un peu crasseuse par la faute d'un climat qui la fait fondre...

 

Gravenhurst - The Western Lands
01. Saints       
02. She Dances         
03. Hollow Men           
04. Song Among The Pine     
05. Trust        
06. The Western Lands         
07. Farewell, Farewell
08. Hourglass 
09. Grand Union Canal          
10. The Collector

A découvrir
Blur - Best of
Blur - Best of
Armstrong (Craig) - As if to nothing
Armstrong (Craig) - As if to nothing
Papa Roach - Infest & lovehatetragedy
Papa Roach - Infest & lovehatetragedy