La Grande Sophie au Casino de Paris le 13 mai 2009

/ Compte-rendu de concert - écrit par Guillaume (), le 14/05/2009

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

La Grande Sophie séduit à travers un show plaisant et magnétique. Des vagues et des ruisseaux coule doucement en laissant la place à des titres plus anciens qu'il fait bon reprendre en choeur.

Peu de temps après la sortie de son album Des vagues et des ruisseaux, juste assez longtemps pour que les chansons aient déjà tourné dans les lecteurs cd et que les refrains soient bien connus, la Grande Sophie monte sur scène au Casino de Paris.

La moitié de la salle est bien assise au premier étage en mezzanine tandis que la seconde est debout, droite comme un i dans la fosse et le péristyle voisin. La tranche d'âge des spectateurs semble bien définie. De vingt-cinq à quarante ans, chacun attend posément le début du show.

Haut les mains !
Haut les mains !
La première partie s'ouvre sur Carmen Maria Vega, petite fille à doc et pantalon en tartan, accompagnée d'un guitariste et d'un contrebassiste. L'interaction avec le public est son truc, tout comme le jeu de scène. En à peine quelques morceaux toute la salle est déjà à remuer les bras -sur son invitation évidemment ! Plutôt drôle, elle sait élever la voix, tant et si bien qu'on se demande comment ses cordes vocales vont tenir le coup... Un début de soirée en forme d'amuse-gueule, qui prépare à merveille à l'entrée, plusieurs dizaines de minutes plus tard, de la Grande Sophie.

L'artiste, dès son entrée sur scène, démontre une capacité certaine à attirer les regards. Sa démarche, son style, et bien entendu son chant sont autant de petites touches qui aliment son magnétisme. La Grande Sophie, à l'évidence, a la stature pour incarner un rôle de tragédie grecque. Pourtant, de chansons en chansons, elle oscille entre la retenue, l'amusement, voire le délire
. Sautant à la corde ou affichant un immense sourire, elle n'oublie pas de rappeler son attachement au lieu (le Casino de Paris, souvenez-vous !). Son nouvel album est bien entendu très largement chanté, tandis qu'elle nous fait aussi le plaisir de revenir sur ces grands tubes, comme Martin ou Du courage. A l'évidence, la belle est maintenant plus pop que rock, preuve en est le public qui oscille sur la musique, bat la mesure ou reprend les gimmicks, mais ne saute ni ne crie. La Grande Sophie ça s'écoute réellement, ça s'insinue en nous mélodiquement, sans que la réponse du corps soit soutenue. Entre morceaux tristes ou plus humoristiques (Dans le show business) la variété est de mise et permet en concert d'invoquer tour à tour plusieurs univers.

Tout au long du spectacle on se rend compte de l'importance de la voix comme instrument de soutien à part entière. Elle chante, elle enregistre, elle fait tourner en boucle, et poursuit ainsi en empilant, sans faire de surenchère. On sent la maîtrise musicale, aussi bien au niveau du chant que des instruments, partagée largement par le reste du groupe. Violoncelle, xylophone, contrebasse, batterie, guitares, etc. tous se rejoignent pour former les morceaux si attendus. Répondant à cette même image, le jeu de lumière est lui aussi parfait, mettant en valeur l'artiste sans l'assommer sous des kilos de faisceaux  malvenus.


Seul bémol, si tant est qu'on se doit d'en trouver un, la prise de parole de la Grande Sophie, voulue comme s'accordant au fond musical, lui donne une facette plutôt trainante, voire carrément froide. La spontanéité tuée en quelques mots scandés, dommage.

Le Nouveau Casino, malgré ses plafonds troués, nous a permis de passer un excellent moment en compagnie d'une Grande Sophie talentueuse. Merci à elle !

A découvrir
Dolly - Plein Air
Dolly - Plein Air
Renaud - Boucan d'enfer
Renaud - Boucan d'enfer
Lofofora - Le fond et la forme
Lofofora - Le fond et la forme