8.5/10Gorillaz - Gorillaz

/ Critique - écrit par Lestat, le 19/07/2003
Notre verdict : 8.5/10 - Gare au gorille... (Ecrivez votre critique)

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Gorillaz, plus qu'un groupe au sens littéral du terme, est un collectif composé entre autres de Damon Albarn (chanteur de Blur à ses heures perdues) et Dan the Automator (producteur réputé pour ses mix, remix et autres arrangements). Mais Gorillaz est aussi l'un des premiers groupes virtuels, si on excepte la tournée post-mortem d'Elvis. En effet, les membres de Gorillaz nous apparaissent sous formes de personnages au style très manga. Nous avons Murdoc, le bassiste satanique, 2-D, le chanteur charismatique aux cheveux bleus et à l'oeil au beurre noir, Russel, le batteur costaud avec une casquette et Noodles, petite asiatique qui s'occupe de la seconde guitare. Ce concept, amusant, détonne particulièrement dans les clips, des dessins animés un tantinet déjantés.

Parlons musique à présent. Plutôt que de faire de la fusion, comme on pouvait le pressentir à la vue des membres (réels) du groupe, Gorillaz offre un son assez curieux, passant d'une pop étrange, au trip hop, hip hop, punk (!) et bien d'autre où Dan The Automator s'en donne à coeur joie. Ainsi 5/4, morceau pop aux accents que je qualifierais de "Bluriens" côtoie un Punk rappelant furieusement les prémisses du mouvement ou d'autres morceaux comme Starshine, planants et longs en bouche que n'aurait pas reniés Portishead. L'inattendu Latin Simone, en duo avec Ibrahim Ferrer (buena vista social club) étonne et finalement plaît par sa fraicheur. Sans oublier le désormais célèbre et excellent Clint Eastwood, que les radios s'empressèrent de diffuser en boucle lors de la sortie de l'album, qui reste évidemment une valeur sûre de l'album. Mais affluence de biens nuit. Après des morceaux bien planants, les titres plus hip hop, comme Rock the House, font tache. Et pour ne rien arranger, le rappeur engagé, DJ Homosapiens , n'est à mon goût pas un choix de qualité tant son flow est fade (ou mal exploité). Mis à part ce bémol, Gorillaz était, est et reste une bien bonne surprise et fait passer un agréable moment à son auditoire.
Gorillaz reste donc assez inclassable, présent dans tous les styles de musique, passant avec des morceaux comme 19/2000 du commercial sympa à l'artistique le plus pointu, une sorte de catalogue allant de la pop aux morceaux dance-floor. Et je n'ai pas parlé de Damon Albarn, sans cesse en train de jouer avec sa voix. Il se démarque complètement de Blur sur cet aspect, même si force est de constater que certaines envolées vocales sont parfois énervantes.
Sur l'album on trouve également les remix des deux tubes Clint Eastwood et 19/2000. Si je n'apprécie pas trop ce genre d'exercice, je dois reconnaître qu'ils sont d'assez bonne facture, sans pour autant casser des briques.

Sans révolutionner grand chose pour autant, Damon Albarn a su avec Gorillaz s'éloigner de la Brit Pop et confirmer ainsi son indéniable talent. En attendant une éventuelle suite, les amateurs de remix et de dub peuvent se pencher sur Laïka Come Home, l'album de réorchestrations de Gorillaz par Space Monkey. Mais ça, c'est une autre histoire...

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