4/10Gorilla Monsoon - Damage King

/ Critique - écrit par Danorah, le 16/04/2006
Notre verdict : 4/10 - Gare au gorilla (Ecrivez votre critique)

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Au pire, on se sortira de l'écoute de cet album avec un gros mal de tête ; au mieux, on l'écoutera sans déplaisir pour l'oublier aussitôt.

Difficile de se prononcer sur l'étrange groupe qu'est Gorilla Monsoon. Commençons par les (ou plutôt l'unique) certitude : le domaine dans lequel officient les Allemands est sans aucun doute possible le metal. Un metal que l'on qualifiera de « difficilement abordable », même s'il réserve quelques surprises qui valent la peine de se pencher un peu plus avant sur le premier album du groupe, intitulé Damage King.

Sur ce disque au son caverneux, aux ambiances crépusculaires et aux tempi souvent lents, on accueillera avec plaisir les quelques embardées salvatrices sans lesquelles on aurait pu craindre d'être plongé dans un état semi-comateux. Les guitares brutes de décoffrage et le chant non moins rustique (qui se limite le plus souvent à quelques hurlements ou beuglements primitifs) ne donne pas l'impression d'écouter une production spécialement bien léchée... Et pourtant quelques éléments parviennent à surprendre : l'introduction (passablement lente, comme de bien entendu) ne manque pas d'une certaine aura menaçante, l'atmosphère orageuse qui clôt la chanson Damage King résonne de bien belle manière et les quelques sonorités de guitares s'échappant de la marée de riffs graves et souvent monolithiques donnent un peu de vie à un album qui semble plutôt sortir d'outre-tombe. On regrettera en revanche les ambiances sonores que le groupe a cru bon d'appliquer aux introductions de chacun des titres : souvent ridicules et totalement anachroniques (en particulier celles de Law N' Order et War To The Whimps, inénarrables), elles ôtent allègrement toute crédibilité à une musique qui se veut vraisemblablement sombre et tourmentée. Dans le même ordre d'idées, l'outro du dernier titre justifierait à elle seule l'achat de l'album (pour peu que l'on fasse preuve d'un goût prononcé pour un kitsch et un sens du « non à propos » à la limite du surnaturel).

Exceptés ces quelques défauts, on se trouve en présence d'un album somme tout assez plat, auquel on ne pourra pas reprocher grand-chose, si ce n'est justement de ne pas transmettre grand-chose. Ni énergie survitaminée, ni désespoir désespérant, simplement un jeu à peu près propre mais trop mécanique, qui ne procure ni émotion ni réel dégoût... Bref, on reste de marbre et on se demande bien où les musiciens veulent en venir. Les compositions n'aident pas l'auditeur à s'y retrouver, puisque longues et sans réelle cohérence. La voix, quant à elle, n'apporte rien ou peu de chose, sauf quand elle prend la peine de chanter et non pas de vociférer. On retiendra ainsi quelques titres comme Final Salvation ou Heavier Than Europe. Rien de transcendant, donc...

En bref, Gorilla Monsoon signe avec son premier album une tentative soldée d'un semi-échec, puisque tous les titres sonnent de la même façon et peinent à soulever la moindre émotion chez l'auditeur. Semi-échec car malgré tout, on sent poindre çà et là quelques idées intéressantes, mais dont la réalisation laisse à désirer. Au pire, on se sortira de l'écoute de cet album avec un gros mal de tête ; au mieux, on l'écoutera sans déplaisir pour l'oublier aussitôt.


Gorilla Monsoon - Damage King
1. Declaration of Damnation
2. Delay Priest
3. Night of the Wolverine
4. Damage King
5. Final Salvation
6. Down Song
7. Death Revolution
8. Law ´n Order
9. War to the Whimps
10. Heavier than Europe

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