6/10Genty (Gérald) - Le plus grand chanteur de tout l'étang

/ Critique - écrit par juro, le 06/10/2006
Notre verdict : 6/10 - Plouf plouf (Ecrivez votre critique)

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Avec son air gentiment ahuri, Gérald Genty possédait déjà tous les atouts pour faire une carrière de comique, le choix de devenir chansonnier devenait un
véritable défi pour lui. Alors autant mettre en avant son humour pour rester comme l'un des bouffons chantants de la nouvelle chanson française. Mais bouffon dans le sens amusant car comme pour son premier album, Gérald Genty joue de son personnage pour agrafer de ci, de là, des titres moins simplets et drôles. A la manière d'Eddy (la) Gooyatsh, Le plus grand chanteur de tout l'étang met en scène un personnage farfelu, parfois perdu, à la recherche de repères, avec une pointe de ressassement nostalgique...

Conseil numéro un, ne pas se fier aux titres. Gérald Genty est un doux rêveur qui ne consent qu'à faire sourire d'où l'apparition d'une scie musicale en fil rouge. Il y arrive plutôt bien même si la qualité des titres et de leurs paroles en souffre. On a plutôt l'impression d'assister à des titres gentillets teintés de bonne humeur mais pas forcément très heureux dans leur composition. Pour étoffer son personnage, l'interprète crée de légers airs de bossa ou des douces balades truffés d'effets et de samplers pour un titre de Gégé (Mon prénom c'est Gérald, pas Gérard), de musicien contraint et forcé par nature (Un très mauvais steward) ou de stressé perpétuel (Y'm reste plus qu'un jour). Jouant des sonorités et des rimes sur une orchestration insérant des violons à la guitare et aux nombreux effets électroniques (Du yoyo dans l'Ohio, Caïman, l'apaisant Ferrari Sim). C'est Genty mais ça ne vole pas haut...


De l'autre côté, des titres s'ouvrant sur le monde et l'actualité apparaissent. La volonté de Plaire d'un point de vue féminin, la découverte d'un carrefour des civilisations en pleine transformation (Istanbul), des bouts de rêves s'écroulant dans la réalité du quotidien (Le métro). Gérald Genty s'illustre par Licence to kill en faisant référence aux incidents faisant suite aux attentats de Londres de 2004, petit pamphlet contre le tout sécuritaire et la panique policière mais aussi par son amour musical (Les instruments).

S'il apparaît un peu mégalomane à travers les titres qui restent le plus souvent en tête, la petite vie de Gérald Genty est disséquée par lui-même, dépassant le cadre des titres amusants qui resteront sans doute comme les fers de lances de l'album. Les autres s'avèrent plus consciencieux, un poil plus travaillés mais insuffisants pour en faire un album de premier plan. Le bonus « Un p'tit film d'erreurs » se révèle comme une bonne tranche de rigolade tartiné du miel du quotidien d'un artiste en tournée. Sacré « Gérard » !


Gérald Genty - Le plus grand chanteur de tout l'étang

01. Mon prénom, c'est Gérald, pas Gérard
02. L'hopital
03. Plaire
04. Un très, très mauvais steward
05. Istanbul
06. C'est pour décorer, hein ?
07. L'avion
08. Du yoy dans l'Ohio
09. Le métro
10. Licence to kill
11. Les instruments
12. Y'm reste plus qu'un jour
13. Caïman
14. Ferrari Sim

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