7.5/10Flying Donuts - Until the Morning Comes

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 02/07/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Folle portée (Ecrivez votre critique)

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Homer Mulder les a vus. Pour lui, tout a commencé au petit matin le long d'un album des Flying Donuts, tandis qu'il cherchait une critique que jamais il ne trouva...

Pigeon vole. Avion vole. Chauve-souris vole. Et les donuts alors ? Contre toute attente, ils semblent voler aussi. Les Flying Donuts se sont lancés du nid en 1996 pour affronter les vents tournants du monde de la musique. En 13 ans et de nombreux kilomètres parcourus à tire d'aile, ils se seront posés sur plus de 500 scènes en France, comme à l'étranger. Until the morning comes est leur troisième album, après Last straight line (2002), Renewed Attack (2006), et de nombreux titres sur des compilations et des splits avec des groupes comme Second Rate, I'm Afraid To Depress ou les Hongrois de The Joystix. Une carrière rondement menée pour les trois membres du groupe.

Quand les Donuts volant sautent...
Quand les Donuts volant sautent...
Dès les premières mesures, on se doute que les Flying Donuts ne sont pas du genre à se laisser planer dans les chaudes volutes du rock. Au contraire, leur rock frontal a plutôt la lourdeur du pas de charge d'un oiseau coureur. Planquez les femmes et les enfants ! Les rémiges sonores du groupe d'Epinal flattent nos poils ciliés et nous laissent peu de temps pour nous remettre de ce déferlement. Loin d'être des charognards se contentant de piller les cadavres à peine froids des Burning Heads ou de Portobello Bones, ces donuts-là, pourtant recouverts d'un sucre abrasif aux accents clairement punk, sont nappés d'une couche de rock/metal aux accents gras du sud des Etats-Unis. Les Flying Donuts avalent ainsi le grain sonore des Queens of the Stone Age pour le moudre avec ce néo-punk, parfois difficilement digeste, et recracher le tout comme une fiente à la face du monde. On croit ainsi entendre au loin le vol lourd du St Anger de Metallica sur Cannot resist, le ramage galvaudé de The Offspring sur Liar, l'envolée plus aérienne d'un Blink 182 sur l'erreur In the mirror. Mais ces différents plumages se fondent particulièrement bien en une livrée haute en couleur musicale.

L'avion, l'avion, ça fait lever les yeux...
L'avion, l'avion, ça fait lever les yeux...
Si la musique des Flying Donuts tient de l'aigle fondant sur un lapin apeuré, il n'en est pas de même des paroles. Chantées en anglais, elles pourraient presque passer à l'arrière plan. Malheureusement si on se penche sur les thématiques de l'album, on a franchement le sentiment de s'être fait plumer. Des histoires d'amoureux transi, largués par une meuf, virée par une autre. First reaction nous explique la première réaction suite à un rateau monstrueux. Nobody wants to fall est l'histoire d'une fuite après une énième rupture. Même le titre de l'album fait référence, sur Not mine anymore, à un coeur brisé. The Clash se battait contre la loi (I fought the law), aujourd'hui les punks ne se battent plus, même pour sauver un amour perdu. Le biscuit se révèle quelque peu indigeste, heureusement que l'enrobage est de qualité et nous permet d'oublier un fond plus mou qu'un baba au rhum !

Dans le ciel de la musique indépendante française, la formation en V des Flying Donuts défend becs et ongles une musique grasse sans être écoeurante. Fier comme un paon, le rockeur français aura enfin une bonne raison de lancer un grand cocorico.

 

Flying Donuts - Until the morning comes
01. Dynamite
02. Liar
03. Not mine anymore
04. Feel alright
05. Cannot resist
06. So, you can take anything that you want
07. Nobody wants to fall
08. In the mirror
09. Second skin
10. Stuck
11. Hidden face
12. Anything more
13. First reaction

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