8.5/10Flow - Larmes blanches, un album béni par les dieux

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 20/04/2011
Notre verdict : 8.5/10 - Port de larmes prohibé (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Une voix rauque posée sur une instrumentation dans la droite lignée des grands de la chanson française, entre punk, valse et mélodies au piano : ce sont les Larmes blanches de Flow.

Il y a des albums qui nous enchantent, qui nous transportent et qu'on aimerait faire découvrir au plus grand nombre possible. Et il y a ces albums qu'on oublie sur un coin du bureau, qu'on laisse traîner pendant des jours, des semaines, des mois en attendant que l'inspiration survienne. Larmes blanches de Flow est certainement de la première catégorie, mais aussi malheureusement de la seconde, car il est sorti il y a déjà près de trois mois, une éternité dans le monde de la musique. Heureusement elle revient dans l'actualité en faisant notamment la première partie de Yannick Noah au Zénith et en participant à divers festivals.

Elle ? C'est Florence Vaillant, la chanteuse de « ce groupe de fille à majorité de garçons », qui donne son Flo et son flow comme nom du groupe. Car évidemment c'est sa voix qu'on ne peut s'empêcher de remarquer, une voix rauque, à l'enrouement magique qui sait mettre en relief des textes poétiques où se croisent des mômes aux sourires « brillants comme le firmament », des p'tites figures « qui ferment leur gueule sur leurs blessures » ou des anges et des fées qui « meurent plus que les autres ». Évidemment Flow ne peut
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s'empêcher de
chanter l'amour perdu (Passé), un thème qui fait toujours sens en musique. Pour notre part, nous préfèrerons certainement le titre Rouge qui se cache très bien jusqu'aux dernières paroles, dignes d'un twist de M. Night Shyalaman ! Mais Flow n'oublie pas, non plus, de s'engager gentiment en reprenant les premières paroles de La Marseillaise, un titre sur lequel on retrouve Melissmell (rappelez-vous du très bon Écoute s'il pleut).

Deux artistes dont les univers sont étrangement proches. Comme sa consœur, Flow accompagne ses textes par une musique très chanson française où l'omniprésent piano (Les anges, Les p'tites figures) se mélange parfois avec des violons (Le pont, Passé) ou une guitare acoustique (Le pont). Dans ce contexte, on ne sera donc pas étonné de retrouver des mélodies de boîte à musique (Le sourire d'un môme), une batterie plus martiale accompagnée d'une guitare électrique (Slam média), de l'accordéon... C'est ainsi qu'on se retrouve à suivre les pas de Flow qu'elle se prenne à danser la valse, qu'elle fasse la tournée des bals musette, qu'elle se remue sur des morceaux plus punk ou qu'elle sombre dans une tristesse morbide, un pied dans le vide. Autant de styles musicaux différents, mais toujours au service des mots (et des maux ?) de Flow.

Les Larmes blanches de Flow coulent dans nos oreilles, comme une pluie d'été, triste, chaude mais revivifiante. Comme pour Melissmell, on pourrait invoquer les Grands Anciens de la chanson française qui se sont apparemment penchés avec bonheur sur son berceau. Un nouvel album qui mérite plus qu'une écoute !

Flow – Larmes blanches
01. Le pont
02. Les anges
03. Rouge
04. Les sens en usure
05. Citoyen
06. Les petites figures
07. Passé
08. Slam média
09. Le sourire d'un môme
10. Les arbres
11. Déjà
12. Dégénère

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