9.5/10Fischerspooner - Odyssey

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 04/04/2005
Notre verdict : 9.5/10 - L'odyssée musicale du 21ème siècle (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Au départ, Fischerspooner est composé de Warren Fischer et Casey Spooner, deux new-yorkais produisant de l'Electro-Pop et spécialisés dans les performances dansantes alliant multimédias et costumes. Autour de ce noyau central gravitent une vingtaine de membres: majoritairement des danseurs et des chanteurs invités sur quelques titres.

Après un premier album éponyme en 2000, accompagné de prestations scéniques dans des clubs et des galleries d'art, Fischerspooner sort en 2002 son deuxième opus, #1, qui recueille des critiques ditirembiques dans de nombreux journaux musicaux (NME...) et qui touche un public largement plus étendu notamment grâce au tube Emerge qui atteint le sommet des charts dans plusieurs pays d'Europe.
3 ans après les compositions Electro-Pop New Wave entraînantes et rafraichissantes de #1, les Fischerspooner reviennent avec un nouvel album, Odyssey, qui risque fort de faire date, encore plus que son prédécesseur.

Les cercles lumineux entrecroisés de la pochette du disque, représentant le spectre des couleurs, en disent beaucoup sur ce que l'on va entendre par la suite. En effet, les Fischerspooner collent parfaitement à cette image futuriste des années 1970-1980, pleine d'avancées musicales encrées dans des visions d'avenir. Le clin d'oeil graphique de la pochette évoque aussi un certain nombre de grand artistes électroniques tels Kraftwerk, Giorgio Moroder, Klaus Schulze, Tangerine Dream ou encore Pierre Henry.
Le groupe choisit habilement de commencer son troisième album avec le single Just Let Go, qui, de part sa ressemblance avec Emerge ou encore L.A Song, va opérer la transition idéale entre #1 et Odyssey. Déjà, les subtiles guitares électriques, la voix posée de Casey Spooner et les nombreux bidouillages électroniques nous annoncent que le groupe a évolué.
Cloud, co-produit par le français Mirwais Ahmadzai, continue d'amorcer l'avancée de Fischerspooner dans une Electro-Pop plus riche en détails et en complexité électronique: avec de fines guitares pleines de distortions, un rythme Electro, des sons bubble, d'intelligents effets sonores et les sons de basses caractéristiques du groupe, les deux compères de New-York nous livrent une chanson franchement réjouissante dont l'intensité hypnotique et dansante est sans failles.
Never Win est une chanson hybride: rappellant directement le Another Brick in the Wall des Pink Floyd et légèrement le The Model de Kraftwerk pour la basse, elle s'aventure dans une Pop électronique étonnante, spécialement « catchy » qui, avec sa pincée de nostalgie jeux-vidéos eighties, a de quoi écraser toutes les tentatives infructueuses de Daft Punk. A ce niveau d'écoute de l'album, on a déjà compris que Fischerspooner à bien su profiter de l'argent gagné avec le précedent album pour s'offrir des titres plus travaillés et plus compliqués.
Kick in The Teeth est en quelque sorte le nouveau The 15th, c'est-à-dire une superbe balade rythmée dont l'inoubliable refrain accompagné de la voix féminine de Lizzy Yoder a de quoi vous faire frisonner d'émotion et vous trotter dans la tête pendant des années.
Le rythme tonitruant de Everything to Gain, ses sonorités nostalgiques et ses choeurs mélancoliques nous emportent dans des sommets de psychédélisme mélodique.
A nouveau co-produit par Mirwais, la chanson engagée We Need A War surprend par ses guitares électriques, ses explorations Electronica et sa basse électronique absolument imparable. Une fois de plus, les voix de Casey Spooner et Lizzy Yoder entrent en parfaite harmonie.
L'hypnotique Wednesday part dans des contrées sombres et distortionnées, illuminées par le chant et les choeurs répétitifs de Spooner.
Le rythme monstrueusement efficace, la basse et les mélodies de Happy ne font pas dans la dentelle: c'est du pur Fischerspooner incroyablement puissant avec un refrain captivant; le pont plus calme avec la voix de Linda Perry est en outre très ingénieux.
La balade Ritz 107 est un étrange mélange entre les titres calmes de The Notwist époque Neon Golden, la seconde partie du Silent To The Dark de Electric Soft Parade et certaines boucles mélodiques caractéristiques de John Carpenter.
All We Are, avec son rythme, son piano et son refrain répétitifs nous séduit par ses mystérieuses explorations sonores au moment du pont.
Enfin, O surprend avec son apocalypse électronique remplie de mélodies plus ou moins aléatoires, de guitares saturées, de basses cycliques, de sons bubble en pagaille et de chants lointains très « Rock psychédélique ».

Fischerspooner appartient incontestablement à cette catégorie de groupes majeurs du monde de la musique qui ont une identité si unique et forte qu'ils deviennent des références incontournables. Sur Odyssey, le groupe, qui compte la plupart du temps Nicolas Vernhes et un certain Perry en renfort pour la composition, nous livre 12 chansons qui créent un univers futuriste qui concilie admirablement le Rock, la Pop, l'Electro et la Synth Pop.


LISTE DE TITRES

01. Just Let Go
02. Cloud
03. Never Win
04. A Kick In The Teeth
05. Everything To Gain
06. We Need A War
07. Get Confused
08. Wednesday
09. Happy
10. Ritz 107
11. All We Are
12. O

A découvrir
Blankass - L'homme fleur
Blankass - L'homme fleur
Artsonic - Fashion Victim
Artsonic - Fashion Victim
30 Seconds to Mars - 30 Seconds to Mars
30 Seconds to Mars - 30 Seconds to Mars