Eurockéennes 2014 : un dimanche avec les Black Keys et Fauve

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 12/07/2014

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Dernier jour des Eurockéennes avec en ligne de mire le phénomène Fauve, l'ancêtre Robert Plant. À boire et à manger dans une programmation qui n'hésite pas à faire sauter les clivages avec la présence d'un groupe folklorique ukrainien !

La nuit est cette fois agitée au camping, et dès 9h du matin, me voilà debout, frais comme un gardon qu'on aurait pêché et laissé au soleil pendant cinq jours. Que faire jusqu'à l'ouverture des portes ? Aller découvrir les alentours du Malsaucy bien sûr (ouais l'ambiance bière dès le matin, hurlements de « boobies » toute la journée, c'est rigolo un moment). L'occasion de découvrir la chouette nature derrière les Eurocks où les marécages, les lacs disputent la place aux ajoncs, aux saules. Magnifique !

Magnifique comme l'est Catfish qui ouvre la Plage en plein cagnard. Après avoir découvert Muddy shivers, on avait véritablement hâte de découvrir le duo sur scène, et c'est un réel bonheur à écouter et regarder même si le set est ultra-court (une mini demi-heure). Du blues-rock de Catfish, on passe, sans aucune autre transition que les nombreux pas qui séparent la Plage du Club Loggia, à Uncle Acid and the Deadbeats, l'un des rares groupes de metal du festival. Pas de surprise c'est du metal correctement balancé, les musicos sont chevelus comme il faut, la musique bourrine comme il faut. Mais, comme de nombreux groupes ce week-end, il manque un peu de relief pour que le set soit parfait. Du relief au contraire il y en a avec Dakhabrakha, un groupe ukrainien, estampillé world music. Costumes traditionnels, chants en ukrainien (pour autant qu'on le sache) et musique folklorique qui est parfois à deux doigts de verser dans une transe chamanique qui aurait emporté, sans doute, tous les suffrages. Il n'en reste pas moins que c'est l'un des concerts les plus marquants de cette édition 2014 même si on du mal à comprendre ce qu'ils font dans la programmation. Peu de temps après, Biff Clyro envoie du gros son sur la Green Room, un concert là encore puissant mais sans supplément d'âme, d'autant plus que de nombreux éléments extérieurs viendront me distraire de la scène (la pluie, la tentative de dégotter un poncho, la rencontre avec un ancien rédacteur de Krinein). La suite est un dilemme entre un Volbeat dont mon frère est fan mais qui me séduit assez peu sur le peu que j'ai écouté et Schoolboy Q, du hip-hop étatsunien. Finalement j'atterris sur la Grande Scène devant les Danois (donc Volbeat). Les gars font le boulot sur scène avec un show précis et massif mais de nouveau rien qui soit très exaltant. Alors certes on saute, on danse, on se bouscule gentiment mais il manque une nouvelle fois un peu de folie.

Entre Foster the people et Goat (apparemment l'un des meilleurs concerts du week-end), je fais le choix terrible d'aller manger histoire d'être en forme pour Robert Plant, ex-Led Zeppelin, faut-il le préciser ? Il faut bien reconnaître que je ne savais pas à quoi m'attendre et du coup nulle déception devant le set qui navigue entre blues, rock, reprises de Led Zep, musique hindouisante ou africaine, entrecoupés de nombreuses interventions du gars Plant. Au final un concert somme toute intéressant qui, sans atteindre des sommets, aura su séduire le public même si le set a semblé très, très court. Et puis comme dirait Wayne dans Wayne's World, No stairway denied !

J'aime beaucoup Fauve sur album (la preuve avec ces critiques de Blizzard et Vieux frères – Part 1) : le groupe était l'un des premiers cochés sur la programmation même si je ne pouvais pas me défaire d'un peu d'appréhension. De ceux a balayé d'un revers mes craintes : avec une instru beaucoup plus electro que sur album et un côté harangueur de foules encore plus prégnant, Fauve fait plus que le boulot et nous emmène avec eux dans leur monde. Au vu de leur relative jeunesse, chaque titre ultra-connu est joué sur scène et on adoube sans arrières pensées le groupe. Un putain de grand moment ! La clôture des Eurockéennes 2014 se fera sur la Grande Scène avec The Black Keys. On arrive à se glisser tout, tout près et à profiter des morceaux du groupe qui nous offre un très bon concert, très carré dans le haut du panier de ces Eurocks sans atteindre des sommets.

Au final après trois jours de concerts il faut bien reconnaître que ces Eurocks auront manqué d'un poil d'âme, de relief, de ce que vous voulez : peu d'artistes vraiment abominables, peu d'artistes vraiment exceptionnels, des sets pour la plupart parfaitement orchestrés mais sans beaucoup de relief. On se rappellera quand même de Fauve, de Drenge, des shows de Shaka Ponk et Skrillex ou encore de l'OVNI Dakhabrakha.

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