8/10Eurockéennes 2011 - Deuxième jour

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 03/07/2011
Notre verdict : 8/10 - Bourrin attitude (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 3 réactions

Un deuxième jour placé de toute évidence sous le signe de la « bourrin attitude » avec notamment des Mötörhead ou Atari Teenage Riot du feu de dieu ! Overkill ! Action !

C'était écrit. Ce deuxième jour des Eurockéennes, édition 2011, serait placé sous le signe du gros son, de la violence et de la sueur avec une programmation faite pour bouger et pour pogoter.

Une entrée en beauté

Pour se chauffer un peu, c'est la jolie Anna Calvi qui ouvre la Green Room. Anna Calvi est l'une des sensations rock du moment, notamment grâce à son superbe titre Desire. Accompagnée d'une multi-instrumentiste à l'accordéon, au clavier, aux percus et un batteur, elle propose un show très propre et très froid. Car l'Anglaise, de noir et rouge vêtue, communique peu avec le public, joue sobrement malgré un talent indéniable. Ses deux tubes, Desire et Jezebel (reprise de Piaf) fonctionnent plutôt pas mal mais c'est plutôt la déception qui l'emporte.

Le contraste est saisissant entre le public de Anna Calvi et celui de Kyuss. Autant le premier est assez classique, autant le deuxième massé sur la Plage semble principalement constitué de grands barbus. L'ex-groupe de Josh Homme, lui-même présent côté jardin de la scène pendant une partie du concert (en compagnie d'ailleurs de Kem Lalot, l'un des deux programmateurs du festival), envoie du bois pour le plus grand bonheur de la foule qui en demande encore et encore. Bien sûr, tout le monde espérait que Homme allait, à un moment ou à un autre, rejoindre son ancien groupe pour des retrouvailles hommérique (ahahah). Il n'en sera malheureusement rien, même si parfois on a l'impression que Kyuss attend qu'il se passe quelque chose. Étrange sensation.

We are Mötörhead and we play rock'n'roll !

La suite se passera pour nous à la Loggia où sévissent les Belges de Drums are for parade, un des quatre groupes estampillés stoner rock de la journée ! (avec les Mars Red Sky, vainqueur du tremplin SFR Jeunes Talents, que nous avons malheureusement manqués, Kyuss et bien sûr Queens of the Stone Age). Et parmi les trois vus, ils furent certainement les moins bons, la faute à un set parfois un peu bordélique. Ils compensent heureusement par une bonne énergie.

À demi convaincus, nous quittons donc la Loggia pour nous diriger vers la Grande Scène où jouera l'un des groupes les plus mythiques du week-end, Mötörhead. Dans la foule, on peut constater que si les vieux groupies sont là (comme ce mec qui a déjà vu Lemmy et ses potes... 34 fois!), il y a aussi tout un tas de p'tits jeunes qui se réclament des papys du rock. Dès l'entrée des trois musicos, « We are Mötörhead and we play rock'n'roll », la foule est en délire et se met à hurler, à sauter, toutes générations confondues. Mötörhead prouve tout simplement qu'ils sont l'un des plus grands groupes de rock actuels et qu'il faut toujours compter avec eux. Et ce n'est pas le terrible final Ace of spades/Overkill qui changera les choses.

Émeutes de l'âge de pierre

Initialement nous avions prévus de faire un tour par le concert de House of pain, mais pour nous, ça sera plutôt la maison de repos, histoire de se ménager et se restaurer entre Mötörhead et Queens of the Stone Age. De longues minutes plus tard, ce sont donc les Californiens qui envahissent la Grande Scène. Et bien sûr, comme en 2008, c'est un gros show que le concert de QOTSA. On notera tout de même que Josh Homme a trouvé que c'était une très belle soirée vu qu'il l'a répété une bonne demi-douzaine de fois. Dans la fosse, ça pogote à qui mieux-mieux, tout en restant plutôt gentillet (oui on peut pogoter de façon gentille) : il faut dire que le nombre de filles devant QOTSA est largement plus important que devant Mötörhead ; Josh serait-il plus vendeur que Lemmy ? En tout cas, les Queens sont presque aussi efficace que leurs prédécesseurs et aînés ! Un pur concert à qui il ne manquait pas grand chose pour atteindre les sommets.

Une fois encore, les Boys Noize feront les frais d'un ultime besoin de fraîcheur, d'autant plus que leur techno-electro est plutôt répétitive et, de fait, pas franchement très intéressante. Car sur la Plage va se tenir l'un des concerts que nous attendions le plus de ces Eurocks : Atari Teenage Riot. Les malades du digital hardcore, de retour avec un nouvel album Is this hyperreal ?, vont sans doute faire mal, très mal au Malsaucy. L'ouverture se fait avec l'un des très titres de ce dernier album, Activate, qui met d'emblée tout le monde d'accord. Là encore les pogos se mettent en place : rien à voir cependant avec les précédents, c'est un bordel plus violent et plus instable qui se développe. Sur scène, Alec Empire, Nic Endo et CX Kidtronic multiplient les impacts musicaux dans une hargne et une rage salutaire : de No Remorse à Start the riot, de Sick to death à Codebreaker en passant par les excellents Blood in my eyes et Revolution action, c'est réellement LE concert de ces deux premiers jours.

Ce deuxième jour placé de toute évidence sous le signe de la « bourrin attitude » (faut dire qu'on aura raté Gaëtan Roussel ou Raphaël Saadiq par exemple) n'est certainement pas une surprise. Mais quand les artistes comme Mötörhead ou Atari Teenage Riot répondent à nos attentes, on ne peut qu'être satisfaits.

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