8/10The Dresden Dolls - No, Virginia...

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 16/07/2008
Notre verdict : 8/10 - Poupées de Boston (Ecrivez votre critique)

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No, Virginia... est le troisième album studio des Dresden Dolls et un album qui demande du temps à l'auditeur avant de se dévoiler.

Deux albums studios, un live, deux DVD, une comédie musicale et un CD de raretés. Le tout depuis 2003. Autant dire que les Dresden Dolls ne musardent pas en chemin. Que vaut donc ce No, Virginia composé de chutes de studios, de nouveautés et de chansons réservées auparavant aux concerts du duo cabaret-punk ?

Oh Oui, Virginie, encore !

Suivez le guide !
Suivez le guide !
Dès la première écoute, on se retrouve en territoire connu. Le cabaret punk brechtien des Dresden Dolls est toujours présent, il faut dire que 3 titres de l'album, qui en contient 11, proviennent directement des chutes de studio de Yes, Virginia (The Gardener, The Kill et Boston). Non pas que les titres soient mauvais, mais ils ne convenaient pas à l'atmosphère générale du deuxième album du groupe. Ces trois chansons sont en effet d'un calme étonnant, la batterie se fait oublier, le piano égrène quelques notes tranquillement, doucement et la voix d'Amanda chuchote sur l'étouffant The Gardener, devient enfantine et délicate sur l'ouverture de The Kill ou se transforme encore pour être chaude et mélancolique sur l'amour perdu de Boston. Même si The Kill se termine d'une façon plus classique avec une voix majestueuse et puissante assortie à un piano énervé, on comprend que ces morceaux aient été remisés au moment du choix des titres de Yes, Virginia. Il n'en reste pas moins que ce sont de superbes chansons qui colle parfaitement à l'univers des Dresden Dolls. Lonesome Organist Rapes Page-Turner est le quatrième titre issu de l'époque Yes, Virginia, la B-Side de Sing pour être plus précis. Le terme punk reprend ici tout son sens avec cette chanson au rythme plus soutenu, piano et batterie alignant les notes à très grande vitesse, et où la voix d'Amanda perd parfois son souffle ou prend un accent masculin des plus originaux.

Dresden Dolls puissance 4

De sortie de prison ?
De sortie de prison ?
En sus de ces 4 titres, figurent cinq nouveautés. Parmi eux, il y a à manger et à boire. Si The Sheep Song est à classer dans la catégorie bonne chanson, malgré des changements de rythme qui semblent couper la chanson en deux, avec un milieu plutôt bourrin et des extrémités d'une grande beauté. Dear Jenny, qui ouvre l'album, est typique des Dresden Dolls avec les Yahou d'Amanda en guise de leitmotiv, typique mais pas franchement originale ou exaltante. C'est d'ailleurs aussi le problème de Sorry Bunch, Night Reconnaissance et Ultima Esperanza. Brian Viglione s'amuse sur sa batterie, apportant une rythmique au piano d'Amanda. Cette dernière joue avec sa voix, tour à tour puissante ou douce, hachée et syncopée. Bref, l'originalité n'est pas tout à fait de mise, mais ce quatuor de chansons reste très dresdendollien, bon et entraînant. On remarquera l'intelligence du groupe qui les a disséminées dans l'album, évitant ainsi peut-être un certain ennui à l'écoute.

 

Harry Cover

Os court !
Os court !
The Mouse and the Model
est la reprise d'une vieille démo. Pourtant peu de choses la distingue du reste de l'album. C'est une très belle chanson qui débute par quelques notes de piano et une voix douce, avant que Brian n'ose un rythme martial sur sa batterie et qu'on découvre même une batterie et une basse pour enrichir encore le morceau. Elle s'emballe ensuite avant de céder de nouveau la place à cet entêtant piano pour un final qui fait de The Mouse and the Model l'une des plus belles chansons de No, Virginia. S'il y avait un reproche à faire sur cet album, ce serait la quasi-absence des reprises. Certes il y a Pretty in pink, reprise de The Psychedelic Furs, hymne ultra-connu des années 80. Mais les Dresden Dolls aiment à reprendre de nombreuses chansons sur scène. On peut ainsi découvrir sur Youtube les magnifiques versions pirates du Hallelujah de Cohen/Buckley, d'Amsterdam de Brel, de War Pigs de Black Sabbath ou encore de Life on Mars de Bowie. On aurait aimé que ces reprises fassent partie de No, Virginia. Peut-être sur un futur album ? Toujours est-il que la reprise des Psychedelic Furs est tellement imprégnée par le monde des Dresden Dolls qu'on a de la peine à reconnaître la version originale.

No, Virginia est, en quelque sorte, la suite de Yes, Virginia, ou plutôt le deuxième CD d'un double album qui n'aura pas vu le jour. Contrairement aux deux premiers albums qui contenaient des hits percutants comme Backstabber, Half Jack, Missed Me ou Girl Anachronism, cet album demande plus de temps pour être apprivoisé, et reste sans doute moins bon, moins accrocheur. Amanda Palmer et Brian Viglione, qui se sont rencontrés un soir d'Halloween en l'an 2000, nous livre cependant un nouveau très bon album qui aurait sa place dans n'importe quelle discothèque de qualité. Et nous attendons déjà avec impatience l'album solo d'Amanda. En espérant qu'elle s'éloigne un peu du chemin de ces poupées de Dresde.

 

The Dresden Dolls - No, Virginia...

01. Dear Jenny
02. Night Reconnaissance
03. The Mouse And The Model
04. Ultima Esperanza
05. The Gardener
06. Lonesome Organist Rapes Page-Turner
07. Sorry Bunch
08. Pretty in Pink
09. The Kill
10. The Sheep Song
11. Boston

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