Deux albums studios, un live, deux DVD, une comédie musicale et un CD de raretés. Le tout depuis 2003. Autant dire que les Dresden Dolls ne musardent pas en chemin. Que vaut donc ce No, Virginia composé de chutes de studios, de nouveautés et de chansons réservées auparavant aux concerts du duo cabaret-punk ?
Oh Oui, Virginie, encore !

Suivez le guide !Dès la première écoute,
on se retrouve en territoire connu. Le cabaret punk brechtien des
Dresden Dolls est toujours présent, il faut dire que 3 titres
de l'album, qui en contient 11, proviennent directement des chutes de
studio de Yes, Virginia (The Gardener, The Kill
et Boston). Non pas que les titres soient mauvais, mais ils ne
convenaient pas à l'atmosphère générale
du deuxième album du groupe. Ces trois chansons sont en effet
d'un calme étonnant, la batterie se fait oublier, le piano
égrène quelques notes tranquillement, doucement et la
voix d'Amanda chuchote sur l'étouffant The Gardener,
devient enfantine et délicate sur l'ouverture de The Kill
ou se transforme encore pour être chaude et mélancolique
sur l'amour perdu de Boston. Même si The Kill se
termine d'une façon plus classique avec une voix majestueuse
et puissante assortie à un piano énervé, on
comprend que ces morceaux aient été remisés au
moment du choix des titres de Yes, Virginia. Il n'en reste pas
moins que ce sont de superbes chansons qui colle parfaitement à
l'univers des Dresden Dolls. Lonesome Organist Rapes Page-Turner
est le quatrième titre issu de l'époque Yes,
Virginia, la B-Side de Sing
pour être plus précis. Le terme punk reprend ici tout
son sens avec cette chanson au rythme plus soutenu, piano et batterie
alignant les notes à très grande vitesse, et où
la voix d'Amanda perd parfois son souffle ou prend un accent masculin
des plus originaux.
Dresden Dolls puissance 4

De sortie de prison ?En sus de ces 4 titres, figurent cinq
nouveautés. Parmi eux, il y a à manger et à
boire. Si The Sheep Song est à classer dans la
catégorie bonne chanson, malgré des changements de
rythme qui semblent couper la chanson en deux, avec un milieu plutôt bourrin et des extrémités d'une grande beauté. Dear
Jenny, qui ouvre l'album, est typique des Dresden Dolls avec les
Yahou d'Amanda en guise de leitmotiv, typique mais pas franchement
originale ou exaltante. C'est d'ailleurs aussi le problème de
Sorry Bunch, Night Reconnaissance et Ultima
Esperanza. Brian Viglione s'amuse sur sa batterie, apportant une
rythmique au piano d'Amanda. Cette dernière joue avec sa voix,
tour à tour puissante ou douce, hachée et syncopée.
Bref, l'originalité n'est pas tout à fait de mise, mais
ce quatuor de chansons reste très dresdendollien, bon et
entraînant. On remarquera l'intelligence du groupe qui les a
disséminées dans l'album, évitant ainsi
peut-être un certain ennui à l'écoute.
Harry Cover

Os court !The Mouse and the Model est la
reprise d'une vieille démo. Pourtant peu de choses la
distingue du reste de l'album. C'est une très belle chanson
qui débute par quelques notes de piano et une voix douce,
avant que Brian n'ose un rythme martial sur sa batterie et qu'on
découvre même une batterie et une basse pour enrichir
encore le morceau. Elle s'emballe ensuite avant de céder de
nouveau la place à cet entêtant piano pour un final qui
fait de The Mouse and the Model l'une des plus belles chansons
de No, Virginia. S'il
y avait un reproche à faire sur cet album, ce serait la
quasi-absence des reprises. Certes il y a Pretty in pink,
reprise de The Psychedelic Furs, hymne ultra-connu des années
80. Mais les Dresden Dolls aiment à reprendre de nombreuses
chansons sur scène. On peut ainsi découvrir sur Youtube
les magnifiques versions pirates du Hallelujah de
Cohen/Buckley, d'Amsterdam de Brel, de War Pigs de Black Sabbath ou encore de Life on
Mars de Bowie. On aurait aimé que ces reprises fassent
partie de No, Virginia. Peut-être sur un futur album ? Toujours
est-il que la reprise des Psychedelic Furs est tellement imprégnée
par le monde des Dresden Dolls qu'on a de la peine à
reconnaître la version originale.
No, Virginia est, en quelque sorte, la suite de Yes, Virginia, ou plutôt le deuxième CD d'un double album qui n'aura pas vu le jour. Contrairement aux deux premiers albums qui contenaient des hits percutants comme Backstabber, Half Jack, Missed Me ou Girl Anachronism, cet album demande plus de temps pour être apprivoisé, et reste sans doute moins bon, moins accrocheur. Amanda Palmer et Brian Viglione, qui se sont rencontrés un soir d'Halloween en l'an 2000, nous livre cependant un nouveau très bon album qui aurait sa place dans n'importe quelle discothèque de qualité. Et nous attendons déjà avec impatience l'album solo d'Amanda. En espérant qu'elle s'éloigne un peu du chemin de ces poupées de Dresde.
The Dresden Dolls - No, Virginia...
01. Dear Jenny
02. Night Reconnaissance
03. The Mouse And The Model
04. Ultima Esperanza
05. The Gardener
06. Lonesome Organist Rapes Page-Turner
07. Sorry Bunch
08. Pretty in Pink
09. The Kill
10. The Sheep Song
11. Boston
nazonfly []

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