Dossier : l'intégrale 2 Unlimited

/ Article - écrit par nazonfly (), le 13/09/2013

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S'il ne fallait retenir qu'un groupe des années 90, il s'agirait bien sûr de 2 Unlimited, le seul qui arrive à la cheville des Beatles, des Stones ou des Bee Gees.

Les plus âgés d'entre nous se souviennent avec nostalgie de grands moments de la musique des années 60 : Creedence Clearwater Revival, les Doors, les Beatles... Tant de groupes de rock sont nés pendant cette décennie. Une époque bénie pour ces baby-boomers chanceux.

Trente ans après, les adolescents et jeunes adultes connaîtront eux aussi l'une des périodes fastes de la musique avec l'arrivée d'un des mouvements les plus intéressants de l'histoire du son : l'Eurodance. Pour les malheureux qui n'ont pas connu cette période, il nous faut préciser que l'Eurodance a notamment inspiré Lady Gaga ou Cascada : vous l'aurez compris, il s'agit d'une musique aux petits oignons, faite pour les pistes de danse. S'il y avait un Panthéon de la musique, Corona, Reel 2 real, Magic affair ou Ice MC ne feraient pas mentir la devise : « aux grands Hommes la patrie reconnaissante ». Mais, dans cette époque touchée par la grâce, un groupe s'est largement détaché des autres pour atteindre des sommets olympiens : 2 Unlimited.

Les débuts du succès

Le groupe hollandais composé de Ray Slijngaard et Anita Dels (Anita Doth pour la scène) voit le jour en 1991, notamment sous l'impulsion de deux producteurs belges, Phil Wilde et Jean-Paul de Coster. Si ces derniers ont déjà composé ce qui allait devenir le premier tube du groupe Get reader for this, il leur manque alors une voix. Ray enregistre donc le rap qui allait donner le son 2 Unlimited. Anita, amie de Ray, se mêle à l'aventure et pimente la sauce de sa belle voix (et d'un physique somme toute très agréable). 2 Unlimited est né !

Ce premier titre, Get ready for this s'ouvre sur une belle rythmique reconnaissable entre mille, ponctuée par un « You are ready for this » comme une cerise sur le gâteau. Le rap de Ray y est ciselé avec beaucoup de précision tandis que la voix d'Anita surgit comme un ange descendu du ciel. Et pour un premier titre, c'est une étonnante surprise et une très belle réussite! Les paroles sont d'une profondeur rarement vue par la suite, même chez 2 Unlimited. Anita et Ray montrent, en effet, une volonté d'oublier les problèmes de la vie quotidienne et encouragent l'auditeur à les rejoindre sur le dancefloor de la vie (« You must have bet, Im in here to stay. Ready to take you around the way »). L'ensemble fut directement porté par une vague de sympathie qui leur permit d'atteindre la deuxième place des charts anglais au printemps 91.

Disclaimer : attention cette version ne contient malheureusement pas la partie de Ray. Quel dommage !

Célébrant le succès de Get ready for this, un deuxième single, écrit cette fois à 4 mains, sort. Il s'agira de Twilight zone, hommage plutôt bien senti à la fameuse série renommée en français en La quatrième dimension. Maniant habilement les effets de style, la chanson fait un parallèle adroit entre cette "zone crépusculaire" et le dancefloor. Cette Twilight zone qu'en français nous appelons "entre chien et loup" est un moment exceptionnel pendant lequel le jour se transforme en nuit, l'homme loup-garou en loup ou encore pendant lequel l'étudiant maussade devant sa copie blanche devient, l'espace d'une soirée, le plus extravagant des danseurs. On comprend vite la finesse du groupe et leur très bonne compréhension à la fois de l'être humain et du monde de la nuit. La pochette du single joue élégamment sur cette antagonisme jour/nuit, blanc/noir, Twilight zone quoi.

Mais 2 Unlimited ne veut pas s'arrêter en si bon chemin après deux telles réussites. Le groupe veut montrer qu'il est plus qu'un banal groupe à singles comme Capella, Haddaway ou encore Culture Beat. C'est donc en 1992 que le groupe très prolifique (et c'est d'autant plus étonnant quand on connaît la difficulté de sortir de si énormes tubes dans cette tendance musicale) va sortir son premier album. Par un malin jeu sémantique, ce dernier s'appellera Get ready et s'ouvrira par les deux singles ovationnés un peu partout dans le monde. Get ready se vendra à plus de 2 millions dans le monde, un exploit dans le monde de la techno/eurodance. L'auditeur peut aussi retrouver sur le disque les deux autres singles, Workhalic et The magic friend, sans doute moins connus mais tout aussi savoureux. Si le deuxième reprend une formule éprouvée (rap, chant féminin, petits cris Woo Woo, bons rythmes et une invitation à la danse grâce à notre « ami magique »), le premier renouvelle la musique du groupe. Worhalic se base sur des rythmes décalés qu'il est plaisant de suivre. Le propos lui aussi est un peu plus mâture puisque Ray s'interroge sur cette grave maladie plutôt méconnue qu'est l'addiction au travail. Les sons rappelant étrangement des cloches de Noël sont là pour marteler le message de 2 Unlimited sur cette chanson : « See the life from a different point of view » (Voyez la vie sous un autre angle), Ray n'étant workaholic que lorsqu'il est sur la piste de danse.

Plusieurs autres chansons se partagent le reste de l'album : Contrast avec ses sons en stéréo qu'il faut absolument écouter au casque pour en prendre toute la mesure, Rougher than average où quelques parties rapées sont effectuées d'une façon plus qu'originale par Anita, Desire plus calme et sur laquelle les rythmes technoïdes sont quasiment absents et qui est de loin la moins réussie de l'album (même si évidemment ça reste du 2 Unlimited donc 150% meilleur que tout !) et Eternally yours qui est le premier slow du groupe. Par la suite, 2 Unlimited fera quelques belles ballades mais nous y reviendrons. Celle-là est plutôt sympathique, on sent derrière ces quelques notes tout le potentiel musical du groupe quand il s'éloigne de la techno. En quelques mots, Eternally yours est une très belle chanson d'amour qui mériterait d'être plus connue : qui pourrait résister à Anita lorsqu'elle chante « A love like ours can only last forever » ? Sur certaines versions de l'album, quelques remix et instrumentaux sont un peu la cerise sur le gâteau.

La confirmation

La confirmation, voire la consécration de 2 Unlimited vient bien évidemment de ce hit interplanétaire (N°1 dans 42 pays !) qu'est No Limit. Les premières notes sont reconnaissables entre mille, sans oublier l'incomparable : « Let me hear you say : "Yeah!" ». Quiconque a déjà entendu cette sublime chanson a déjà eu un aperçu du paradis. Nous faisons ce que nous voulons, et nous le faisons avec fierté. Quel hymne universel que cette chanson ! Bref, vous l'aurez compris, No Limit est l'une des chansons qu'il faut avoir dans sa discothèque au même titre qu'un YMCA ou un C'est bon pour le moral ! Avec cette chanson, pourtant sur leur seulement deuxième album, 2 Unlimited va marquer à jamais l'humanité de son empreinte et plus rien ne sera comme avant. Ils auront atteint un sommet que peu d'artistes auront atteint. Comme Edmund Hillary et le sherpa Tensing Norgay ont réussi à conquérir l'Everest, 2 Unlimited réussit à conquérir les charts du monde entier. Et c'est vraiment un bel exploit.

Evidemment l'après No Limit sera sujet à toutes les peurs. Tribal Dance allait-il faire aussi bien que son illustre prédécesseur ? Au niveau visuel, 2 Unlimited mit alors le paquet. Car le clip de Tribal Dance à tendance africaine relégua le flipper de No Limit, pourtant de très belle facture, dans les oubliettes. Porté à la fois par le succès de No Limit et par ce magnifique clip, Tribal Dance réussit l'exploit de réussir aussi bien que No Limit ! Si l'hymne est moins fédérateur que l'exceptionnel « No,no, no, no, no, there's no limit », la musique et les basses sont toujours là pour procurer de belles sensations sur le dancefloor ! La danse tribale aura, une nouvelle fois, fait danser l'Europe et le monde !

A la suite du succès de ces deux nouveaux singles, c'est le deuxième album qui sort. Le concept est le même que le premier : le titre rappelle le premier single du groupe (No Limit donne ainsi son nom à l'album, No Limits) et l'album débute par les deux premiers singles. Il est difficile de sortir un titre en particulier de cet album tant les chansons sont toutes (ou presques) de véritables bombes technos dédiées aux soirs enfiévrés du samedi. Cet album est incontestablement varié : les rythmes tribaux de Tribal Dance, le mystérieux et si bien nommé Mysterious, l'humaniste Faces, le très enjoué Kiss me, bliss me, le libertaire Break the chains, le très dansant Throw the groove down, le planant Invite me to trance ou le méga-slow triste Where are you now (« I watch the door but no one comes through, I watch the sun fading pictures of you », des paroles magnifiques, un rythme lancinant. Une superbe chanson assurément) sont une explosion musicale  qui part dans tous les sens.

Mais s'il me fallait sortir quelques titres de cet album (outre vous l'avez compris, No Limit et Tribal Dance), je sortirais d'abord le complètement speed Maximum Overdrive. « Join me for a ride, speed up the music, join me for a ride, maximum overdrive ». Le groupe a pris de gros risques pour ce titre en intégrant des bruits d'accélération de moteurs qui pourraient paraître ridicules. Mais c'est mal connaître 2 Unlimited qui transforme tout ce qu'il touche en or : ces bruits d'accélération donnent un cachet incomparable à la chanson, comme une volonté d'aller toujours plus loin, toujours cette même idée de « We'll reach for the sky » de No Limit.

La deuxième chanson que je retiendrais est plutôt connue puisqu'il s'agit de Let the beat control your body. Cette chanson subversive (elle a été censurée en France, 2 Unlimited ayant eu l'obligation de changer Let the beat control your body en Let the base control your body, un titre beaucoup moins sujet à caution !) est un superbe moment techno où la musique va à cent à l'heure portée par un Ray et une Anita des grands jours.

Une autre de mes chansons préférées est R.U.O.K. (Are you OK pour les lents du cerveau) : les rythmes sur lesquels les deux membres de 2 Unlimited posent leur voix rappellent les meilleures réussites du premier album et de la techno en général.

Et, pour finir, je retiendrais le deuxième slow de cet album : Shelter for a rainy day. La chanson toute en douceur, ainsi que les paroles, me touchent profondément : l'amour comme une protection sur les jours pluvieux, y a-t-il plus belle image?

Après un superbe premier essai, 2 Unlimited confirme tout le potentiel qui est en eux et sort donc ce No Limits qui restera dans les annales pour longtemps tant certains titres, No Limit en tête, sont indémodable ! Plus qu'un essai transformé, c'est à une véritable mise à mort du reste de la musique que 2 Unlimited exécute avec brio. Chapeau bas!

Le début du déclin ?

Tous les groupes d'Eurodance ont, un jour ou l'autre, connu l'échec. Si quelques fous se souviennent encore de Masterboy, Corona ou Whigfield, le nom de 2 Unlimited est resté longtemps, très longtemps à l'affiche. En 1994, sort le premier single du futur troisième album du groupe, The Real Thing. Dès les premières notes, on sent que la production s'est encore améliorée. Certes les paroles ne sont pas aussi faciles à retenir que celle de No Limit, mais la qualité de la musique fait que ce single atteint facilement les premières places des classements dans le monde entier. Il faut dire qu'entre son rythme puissant, ses petites notes aiguës, la musique rentre dans la tête sans plus jamais en sortir. Un chef d’œuvre d'efficacité, évidemment pour ce groupe bourré de talent !

Les premiers albums paraissent presque fades devant ce sublime Real Things. Le son est résolument plus moderne, lorgnant vers la transe, la house et l'électro. Les sons jazzy de Do what I like associés à une ligne entêtante sont une preuve de ce que 2 Unlimited peut faire de meilleur. Ici encore l'album est superbement excitant à écouter. Les titres s'enchaînent merveilleusement, le rap de Ray a encore acquis en maturité et la voix de Anita est sublime lors des nombreux ponts.

Encore une belle tuerie que le troisième titre de l'album, Here I go. On sent la puissance de feu qu'a atteint le groupe, comme un véritable rouleau-compresseur de l'eurodance. Mais, comme une prévision de l'inexorable déclin de ce mouvement musical (même si le single se classe dans les 10 premiers de 20 classements de singles, ce que seuls ABBA, les Beatles, les Stones, les Kinks, Madonna et les Bee Gees avaient réussi à réaliser), Anita nous chante qu'elle tombe tout en bas. Car c'est en effet avec ce dernier album que 2 Unlimited fera pratiquement ses adieux à la reconnaissance de la scène, l'eurodance étant, de façon bien incompréhensible, déjà en forte régression. La voix d'Anita d'ailleurs semble presque lassée, usée par le succès en lançant à l'auditeur « Catch me ». Mais c'est sans doute trop tard pour le groupe qui a fatalement dû lasser un public trop versatile et toujours prêt à sacrifier la qualité à la nouveauté.

Plus enjoué heureusement est Burning like fire. 2 Unlimited n'est pas mort et se battra jusqu'au bout en reprenant notamment quelques rythmes qui ne sont pas sans rappeler (vaguement il est vrai) Tribal Dance. Le tempo est sensiblement plus lent que les premières chansons de ce nouvel album. Le thème de cette chanson est l'amour, toujours l'amour, celui qui brûle comme un feu de joie.

Après l'amour, c'est un tout nouveau thème qu'aborde le duo. Avec plus de dix ans d'avance, 2 Unlimited lance quelques idées sur l'autoroute de l'info. On est en 1994, les débuts d'Internet sont balbutiants et pourtant le groupe a déjà intégré ce monde qui progresse autour d'eux, une société virtuelle. Info Superhighway Interaction a plus de dix ans d'avance sur la technologie que le groupe magnifie par ce titre mid-tempo, loin d'être mon préféré pourtant, mais qui n'est pas dénué de qualités évidemment comme tout ce qu'a fait 2 Unlimited.

Titre obsédant avec son funky riff et son mellow beat, Hypnotised est un appel criant à oublier tous ses problèmes et inquiétudes dans la musique. La musique, comme 2 Unlimited l'a développé tout au long de leur carrière, est une superbe manière de s'évader d'une vie quotidienne sans doute trop monotone. La musique libère les gens et leur permet d'ouvrir une fenêtre sur un autre monde. Comme le dit Anita dans cette chanson, « I'm hypnotised ».

Pour cette nouvelle chanson, c'est le retour du gros son. Tuning into something wild commence avec quelques bons rythmes, suivis par une Anita complètement habitée par le morceau. Puis de nouveau, les rythmes se mettent en place faisant battre le cœur à 300 km/h. Ce morceau ne peut décidément pas laisser indifférent le danseur caché qui sommeille en chacun de nous. Il ne reste plus qu'à se laisser transformer en quelque chose de sauvage, comme nous le préconise la chanson !

Une fois que l'homme sauvage s'est réveillé, l'étape suivante est de nous échapper en musique avec Escape in music dans lequel le rap de Ray a encore acquis une maturité plutôt agréable, le morceau semble se relancer de secondes en secondes ne laissant aucune chance à l'auditeur de se reposer à l'écoute de cette perle.

Sensuality démarre lui aussi sur un rythme élevé, à peine brisé par les parties rapées et les ponts de Anita. Malgré la vitesse du beat, la chanson se révèlera presque fade s'il n'y avait cette patte inimitable, ce talent indéniable qui se dégagent de toutes les compositions estampillées 2 Unlimited.

Deuxième single de l'album et deuxième succès évidemment, No One se cache pratiquement en fin d'album, ce qui est plutôt remarquable tant la recette de mettre les deux singles en ouverture était éprouvée sur les deux albums précédents. Cette chanson n'est pas réellement taillée pour le dancefloor et est portée par la personnalité des deux membres du groupe. Pour moi, cette chanson a presque été un crève-cœur, car il est évident que le groupe s'est laissé aller à la facilité et à la chanson toute faite. 2 Unlimited a toujours semblé faire fi de toutes les critiques en sortant de magnifiques chansons rapides qui n'avaient aucune visée commerciale. Avec No One, le groupe prend, semble-t-il, un autre chemin, plus dirigé vers le grand public. C'est bien entendu une énorme erreur et ce single sera un des derniers succès du groupe.

Le titre Face to face, plutôt lent lui aussi, est un petit répit dans l'album. Les paroles sont intéressantes à plus d'un titre, le groupe s'interrogeant en effet sur la réussite et l'échec. Comme une introspection sur eux-même. Une introspection qui continue d'ailleurs avec What's mine is mine, symbole d'un 2 Unlimited usé, se confrontant à des copieurs, des voleurs de musique. Sans être inintéressante, la chanson est un peu molle du genou.

Heureusement, l'album termine finalement magistralement avec un slow, le seul qui sortira en single, Nothing like the rain. Ici la pluie est la meilleure des façons pour laver ses peines. Anita prend toute son ampleur dans ce titre arrachant quelques véritables larmes à l'auditeur, tout en criant à la face du monde « We won't give up » (nous n'abandonnerons pas). Cette balade doit beaucoup à celle qui est arrivée sur le tard dans le groupe. Ray place quelques rares paroles qui ne dénaturent pas le morceau et lui donne, au contraire, une profondeur supplémentaire. Après plus d'une dizaine d'années, on peut se rendre compte que 2 Unlimited, non contents d'être passés maîtres dans l'eurodance, étaient aussi de fabuleux fabricants de slows à arracher les cœurs.

On reprend tout et on termine

Évidemment, après trois albums de très bonne, voire excellente, qualité, 2 Unlimited a cru bon sortir leur Best Of, sobrement intitulé Hits Unlimited. Et quand un artiste fait ce genre de choses, ça sent en général le pâté. On retrouvera bien évidemment les hits No Limit, Get ready for this ou autres Tribal Dance. À ceux-ci s'ajoutent trois inédits.

Le premier single sera Do what's good for me, plutôt sympathique sans casser trois pattes à un canard. La recette est encore la même, un bon gros son rythmé, le rap de Ray, la voix d'Anita... Et hop emballé pour un nouvel album, avec toutefois un clip superbe qui n'est pas sans rappeler celui de Scream de Michael/Janet Jackson. C'est toujours un hit évidemment pour des gens habitués à consommer du 2 Unlimited. Mais l'enchaînement de Do what's good for me et de No Limit est terrible pour le dernier single en date qui montre bien que No Limit est et restera LE joyau du groupe.

Deuxième inédit de cet album, Jump for joy est une véritable cure de jouvence pour 2 Unlimited. Le rythme est endiablé dans le droite lignée des dernières productions techno/house et met minable (au niveau du rythme) tous les morceaux précédents du groupe. Pour un peu, on ferait presque le parallèle avec un autre excellent groupe d'Eurodance, les célèbres U96.

Mais c'est déjà la fin, le fan club (né en 1994) disparaît en 1996. Et Anita et Ray se séparent peu avant la sortie du dernier single, Spread your love qui ne bénéficie malheureusement pas de la promotion des précédents titres, ce qui fait qu'il est quasiment inconnu en France. Il faut dire aussi qu'après les rythmes ultra-speedés de Jump for joy, la molesse de ce titre n'est certainement pas un atout, même s'il arrive encore à se classer dans quelques classements européens. Le groupe disparaît lui aussi finalement.

Anita aura encore quelques projets solos aux Pays Bas, notamment Divas of dance avec une ex-T-Spoon et une ex-Two Brothers on the 4th Floor, qui reprend quelques titres eurodance tandis Ray aura sa compagnie de disque et fondera même un nouveau groupe. La carrière des ex-2 Unlimited était donc loin d'être terminée!

Un superbe bilan et un retour ?

Créé en 1991, dissous en 1996, 2 Unlimited est le groupe qui a sûrement marqué la période eurodance avec des hits intemporels comme l'indémodable No Limit. La franchise 2 Unlimited a continué avec deux chanteuses, au résultat plus que discutable. Oui, car ce sont les deux producteurs qui détenaient le nom du groupe, nom qu'ils n'ont pas hésité à réutiliser avec Romy et Marion comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Edge of heaven ou Never surrender s'en sortent peut-être mieux mais on est loin, très loin de la qualité du 2 Unlimited des débuts. Et le groupe est bel et bien mort avec la séparation de Ray et Anita, loin de n'être seulement que des faire-valoir dans le groupe. Évidemment de nombreux remixes, des compilations, des reprises ont vu le jour, comme il y en a à chaque fois qu'un groupe marque son époque tel que l'a fait 2 Unlimited. Est-ce de la simple nostalgie de la part d'un ancien fan, ou 2 Unlimited avait-il vraiment cette chose en plus qui fait qu'un groupe atteint le génial? Toujours est-il que certaines chansons s'écoutent encore sans déplaisir, et s'il vous arrive de fredonner encore No Limit sous votre douche, alors tout n'est pas perdu pour vous !

On a cependant entendu des nouvelles de Ray et Anita en 2010 avec la sortie d'un nouveau titre, In da name of love. Si l'on ne peut que remarquer que même les héros vieillissent, le titre en soi n'est pas mauvais mais reste toujours en dessous des hits du groupe. L'alchimie des débuts semble être difficile à reproduire.

Un an après, un nouveau clip fait surface, Nothing 2 loose, faisant espérer aux fans un retour du groupe au plus haut niveau. Las, un album attendu ne sortira jamais mais Ray & Anita continuent de faire des concerts et de chanter leurs plus beaux morceaux. Surtout que depuis 2012 ils se sont associés de nouveau avec De Coster et ont le droit d'arborer leur vrai nom : 2 Unlimited.

En bref, 2 Unlimited n'est pas seulement de la musique, c'est un art des plus complexes qui a le pouvoir de susciter en nous les plus pures émotions! L'appréhender prend des années.
Il ne tient qu'à toi, krinaute, de t'enfermer dans le carcan de la facilité et du conformisme ou de me suivre à travers le monde merveilleux et rutilant de 2 Unlimited.

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