8.5/10DJ Mehdi - Lucky Boy

/ Critique - écrit par JC, le 09/11/2006
Notre verdict : 8.5/10 - He's so lucky, lucky, lucky (Ecrivez votre critique)

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Avec Lucky Boy, DJ Mehdi participe à l'invention d'un hip-hop en phase avec le nouveau siècle : moite, froid, complexe, direct, conciliateur et cohérent.

Lucky qui comme votre serviteur a la tâche de se pencher sur le cas DJ Mehdi. Principalement connu comme faiseur de son de certains des plus célèbres groupes de rap français (Ideal J, 113, etc.), le producteur parisien a déjà montré sa faculté à faire entendre l'instru sans paroles sur (The Story of) Espion sorti en 2002. Quatre ans après, le DJ aux oreilles larges, qui écoute en boucle Kraftwerk, The Beatles, Jimi Hendrix et la Funk Mob, revient avec Lucky boy, un nouvel opus délectable.

Entièrement composé à la guitare, Lucky Boy s'est mué en album hip-house à grand coup de MPC et MAO pour entrouvrir la voie à une musique chimérique entre nostalgie organique des années 1980 et amour digital du dancefloor. Ce que le précédent (The Story of) Espion préfigurait, Lucky Boy l'assoit en nous remémorant les louanges déjà adressées aux titres North Star et Breakaway.

(© Marco Dos Santos)
(© Marco Dos Santos)
Busy Being Born, le premier titre du disque, rappelle d'ailleurs cette ambiance étrange où étiqueteurs qu'on est, on a encore du mal à croire que le responsable de ce LP est le même que le type qui faisait rapper Diam's ou Akhenaton. Pour l'épauler dans l'équarrissage de cliché, Mehdi a fait appel à quatre invités de luxe. Pour le premier single, I am Somebody, on pourrait surnommer le duo canadien Chromeo, "Enola Gay", tant le titre en compagnie des responsables de l'album She's in Control est porteur d'une déflagration de bombe atomique. Autre featuring, autre plaisir, Pony Rocking en compagnie de Feadz. Ici, le Pygmalion de Uffie rappe pour la première fois en voilant sa voix d'un vocodeur pour un flow qui fait penser à Quasimoto après un open bar massif. Exercice de style aussi pour Xanax des cradingues Svinkels. Le MC oublie ses paroles explicitement éthyliques pour se transformer en gourou sexuel soul avec un Hot-o-Momo sublimé par son refrain sur nappes cristallines. Enfin, la graphiste Fafi fait entendre sa voix sur un lascif Lucky Boy sur lequel n'aurait pas daigné danser Alison Goldfrapp.

Le reste de l'album suit ce microsillion du grand écart facial avec le parfum du faste des 80's pour Signature, l'electro-funk montée sur synthés de Boggin', les percus folles de Wee Bounce et la boucle parfaite de Always Be An Angel. Morceau emblématique de ce CD-discothèque à multiples étages, Saharian Break, qui après une intro électro-baroque de 30 secondes vous lâche vers une remuage de bassin party.

Avec Lucky Boy, DJ Mehdi participe à l'invention d'un hip-hop en phase avec le nouveau siècle : moite, froid, complexe, direct, conciliateur et cohérent. Après (The Story of) Espion, l'artiste confirme qu'il a tout pour taper sur la touche 6 afin de poser le trait d'union entre culture urbaine et soirée dancefloor. A ce niveau, ce n'est plus de la chance, c'est du talent.


DJ Mehdi - Lucky Boy
01. Busy Being Born
02. I am Somebody
03. Signatune
04. Boggin'
05. Always Be An Angel
06. Pony Rocking
07. Saharian Break
08. Lucky Boy
09. Wee Bounce
10. Leave It Alone
11. Hot-o-Momo
12. Constellation
13. Love Bombing
14. Bonus Track

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