8/10DiFranco (Ani) - Reprieve

/ Critique - écrit par Danorah, le 12/09/2006
Notre verdict : 8/10 - Righteous record (Ecrivez votre critique)

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Un album très personnel qui possède le mérite d'être d'un abord relativement aisé, contrairement à nombre des productions antérieures d'Ani DiFranco.

Est-il encore nécessaire de présenter Ani DiFranco, cette éternelle, prolifique et insaisissable artiste-caméléon ? Egérie de la musique folk, la jeune femme n'en est plus à son coup d'essai avec ce Reprieve, sur lequel elle signe, comme à son habitude, la musique, les textes et la production. Un album personnel, donc, mais qui possède le mérite d'être d'un abord relativement aisé, contrairement à nombre des productions antérieures d'Ani DiFranco.

Premier point remarquable, sur lequel repose tout l'intérêt de cet album : l'intrusion, plutôt originale chez Ani DiFranco, de samples et de sons électroniques, qui se dessinent en filigrane tout au long des 13 titres. Loin de conférer un aspect clinquant et impersonnel au disque, cette particularité lui apporte au contraire une touche de rondeur et de douceur, propice au déploiement d'atmosphères intimistes et confidentielles. Soutenue par son éternelle guitare acoustique au son si ample et singulier, Ani DiFranco se dévoile, chante évidemment, mais parle aussi : la chanson qui a donné son titre à l'album, Reprieve, permet de se délecter d'une voix parlée suggestive, animée, habitée, serait-on même tenté de déclarer. Le tout sur un texte - on pouvait s'y attendre - profondément engagé.

De fait, on découvrira bien vite que, fidèle à son habitude, Ani DiFranco utilise le support musical que constitue son nouvel album pour diffuser ses opinions et faire connaître ses prises de position. Connue pour son fort engagement féministe et son souci d'indépendance (elle est notamment à l'origine de son propre label, Righteous Babe Records), la chanteuse ne se limite pas à évoquer la condition de la femme, mais se positionne également sur des sujets politiques, au travers de textes très métaphoriques et parfois (il faut bien l'avouer) un peu hermétiques : écoutez Millennium Theater pour vous en convaincre.

Peut-être plus simples mais tout aussi attachants (sinon plus), Hypnotize ou encore In The Margins sont animés d'une tendresse assez peu habituelle, peut-être parce que teintée d'une pointe de désenchantement. Les deux sommets de l'album restent sans conteste Decree et Half-Assed, le premier pour son mordant et son refrain impétueux, le second pour l'impression de profondeur incomparable générée par les arrangements en tout point somptueux concoctés par cette petite fée de la musique, qui n'a décidément plus de leçons à recevoir de personne. Dommage que tous les titres n'atteignent pas cette intensité et que l'album s'essouffle sur la longueur : Unrequited, A Spade et Shroud n'apportent que peu de chose à l'ensemble et tombent rapidement dans les affres de l'oubli.

Amateurs de musique folk, ne passez pas à côté de ce nouvel album d'Ani DiFranco, qui pourrait vous réserver quelques surprises. Quant aux autres, ne négligez pas Reprieve pour autant : il constitue une excellente introduction à l'univers d'Ani DiFranco, mariant avec habileté profondeur et accessibilité. A découvrir sans plus attendre.


Ani DiFranco - Reprieve
01. Hypnotized
02. Subconscious
03. In the Margins
04. Nicotine
05. Decree
06. 78% H2O
07. Millennium Theatre
08. Half-Assed
09. Reprive
10. Spade
11. Unrequited
12. Shroud
13. Reprise

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