Deportivo - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 04/10/2004

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Interview de Deportivo

C'est dans la salle de la clef des champs à Plaisir, que nous avons eu l'occasion de rencontrer Jérôme et Julien, respectivement chanteur-guitariste et batteur de Deportivo :

Krinein : Pouvez vous nous raconter brièvement l'histoire du groupe ?
Julien
 : On se connaît tous depuis super longtemps, depuis l'école primaire. On a commencé à faire de la musique un peu plus tard, avec plusieurs autres potes. Au fur et à mesure, il y en a qui sont partis, et au final, on s'est retrouvés tous les trois. Au début, on faisait plutôt des trucs en anglais, ce n'était pas franchement génial. A un moment, on a commencé à chanter en français, on a fait quelques démos, avec notamment la salade et mille moi-même. Avec ces titres, on s'est dit qu'on pouvait faire quelque chose, on a commencé à démarcher des labels, on a eu des réponses et on a choisit village vert.

Krinein : Pourquoi avez-vous choisi celui-ci ?
Jérôme
 : En fait, on a eu plusieurs réponses positives, mais village vert était l'un des premiers à avoir répondu. En plus, c'est une petite structure, il y a 4 personnes, ils s'occupent bien de nous, mais ils sont quand même un peu « pute » (rire des autres). Non, mais c'est vrai, je dis pas ça de façon péjorative, c'est nécessaire ! Et puis, derrière eux, il y a Barclay et Universal, Barclay pour ce qui est de la promo et de la distrib, et Universal pour tout ce qui est droits et SACEM.

Krinein : D'avoir Barclay et Universal derrière, ça vous permet d'avoir plus de moyen, comme le système open disc ?
Julien
: Oui, open disc c'est grâce à Barclay, et c'est un petit plus agréable. On a aussi eu rapidement un bon site web, même si on aimerait qu'il bouge un peu plus. Ça a aussi permis d'avoir un prix raisonnable. Les petits plus comme open disc, c'est sympa, mais ce qu'on voulait vraiment, c'était que le prix soit le plus raisonnable possible, 100F grand maximum, et enregistrer le disque avec la même personne que pour nos premier essais.

Krinein : Pouvez vous nous raconter l'histoire du disque, de la composition à l'enregistrement ?
Julien
: En fait, entre les premières compo et l'objet fini, ça a pris a peu près 2 ans. Une fois les compos finis, on est allé à Angers, au studio Black Box. On voulait vraiment aller là bas, parce que c'est dans ces studios que Sloy et Thugs, deux groupes qu'on aime beaucoup ont enregistré leurs disques. Donc on est allé la bas avec Arnaud (Bascunana), c'était vraiment sympa, à la campagne, au calme.

Krinein : L'album est très court, c'est à cause d'un manque de moyen pour rester en studio plus longtemps, d'un manque de compos... ?
Julien
: On nous pose souvent cette question. Le truc, c'est qu'on n'est pas rentrés en studio en se disant « l'album va devoir faire 40 minutes ». On est restés 15 jours en studio, on a enregistré tout ce qu'on avait à enregistrer, et au final, l'album fait 27 minutes.
Jérôme : Et on préfère avoir un disque de 27 minutes, cohérent, qui s'écoute d'un bloc. Au moins, les gens ne zappent pas certaines pistes. Bien sûr, on aurait pu faire de longs solos, des instrus, des intros, des interludes... pour étirer la longueur, mais ça ne nous intéressait pas.
Après, pour les concerts, on fait quelques reprises, des morceaux inédits. En fait, dès qu'on écrit un nouveau morceau, on essaye de le jouer en live.

Krinein : Aujourd'hui, beaucoup de disques de rock sont surproduits, limite aseptisé, ce qui n'est pas du tout le cas pour votre disque.
Jérôme
: C'est vrai, c'est en partie pour ça qu'on voulait garder Arnaud pour l'enregistrement et le mix. On ne voulait pas faire comme beaucoup de groupes en ce moment, sur-travailler les morceaux, arrondir les bords. Et c'est en partie grâce à notre label, qui nous a laissé faire les bourrins !

Krinein : Vous semblez entretenir de très bonnes relations avec les médias, oui-fm notamment ?
Jérôme
: En fait, on ne s'en rend pas vraiment compte, personnellement, je n'ai pas la radio, et je ne crois pas que les autres l'écoutent beaucoup. Par contre, on est amis avec Thomas Caussé, c'est peut être pour ça qu'on passe beaucoup sur oui-fm. Et l'avantage avec oui-fm ou le mouv', c'est que quand ils aiment un truc, ils le passent. Avec d'autres radios, comme Europe2 ou RTL2, ils font des tests, et si ça ne plait pas aux personnes testées, ils arrêtent de passer votre morceaux.

Krinein : Votre clip passe d'ailleurs sur M6 !
Julien
: Oui, il passe, c'est sympa, on le trouve pas mal en plus.
Jérôme : Oui, j'ai essayé une fois de le voir sur M6, et je me suis vite endormi en l'attendant, devant Natasha St Pier !

Krinein : Comme beaucoup de groupe vous faites des reprises. Maintenant, c'est à votre tour d'être repris (par Luke en l'occurrence) ?
Julien
: En fait on est potes avec Luke, donc ce n'était qu'un petit clin d'oeil. Mais c'est vrai que ça fait quand même plaisir.

Krinein : Vous allez d'ailleurs tourner avec eux ?
Julien
: Oui, on va faire plusieurs dates avec eux. On va aussi tourner avec Ghinzu. On les a vus en concert il n'y a pas longtemps, ils sont vraiment forts. En plus, ils ont l'air d'être vraiment dingues, on devrait s'amuser !

Krinein : Quel effet ça vous fait de jouer dans cette salle, juste à côté de Bois d'Arcy ?
Julien
: Oui, c'est vrai qu'on est pas loin de Bois d'Arcy, pas mal de potes vont venir, d'autres n'ont pas pu se libérer...
Jérôme : Et c'est marrant de faire un concert dans cette salle. Il y a quelques temps, on répétait dans cette pièce !

Krinein : Les groupes français qui chantent en anglais ont tendance à se forcer à prendre un accent anglais, vous, vous assumez totalement votre accent français.
Julien
 : Oui, tout à fait. C'est vrai qu'on chante plus en français, mais quand sur une compo, on pense à un truc en anglais, on ne se force pas à revenir en français, alors on le fait. Après, on est français, on ne se force pas à chanter avec un faux accent anglais. Par exemple, la Mano Negra chantait dans plusieurs langues, avec toujours un accent plus ou moins français, et ce n'est pas pour ça que s'était moins bien !
Jérôme : En fait, une des raisons pour lesquelles on a fait des trucs en anglais, c'est que ma copine est anglaise, et c'était pour qu'elle puisse comprendre quelques trucs. C'est une bonne raison ? Mais c'est vrai qu'on est mauvais en anglais ! Et les chansons en anglais sur le disque sont plus des clins d'oeil que des vraies chansons !

Krinein : Sur le moment et chanson adolescente sont deux chansons un peu à part ?
Julien
: En fait, ces chanson proviennent de soirées passées a Bois d'Arcy justement, où t'as toujours deux ou trois gars qui ramènent des guitares, jouent des trucs calmes, au coin du feu ! C'est a partir de ça qu'on a fait ces chansons.
Jérôme : Et nous aussi on peut être romantique !

Krinein : A chaque fois qu'un article parle de Deportivo, ou que votre chanson passe à la radio, tout le monde insiste sur le point fait que vous venez de Bois d'Arcy.
Julien
: C'est vrai, je sais pas vraiment pourquoi. A village vert, on tenait vraiment à dire qu'on venait de « boidar », des Yvelines, on n'est pas parisiens, on est arcysiens. Après, ils ont peut être insisté sur ce point auprès des médias.

Krinein : Ne pensez vous pas que vous arrivez au bon moment, maintenant que le rock est revenu à la mode ?
Jérôme
: Si tout à fait, ça nous a sans doute été bénéfique. Seulement, comme nous l'avons dit tout à l'heure, ça nous a pris deux ans pour faire ce disque. On était prêt à ce moment, on n'a rien calculé du tout.

Krinein : Vous n'avez pas envie de faire un concert à Bois d'Arcy ?
Julien
: Si, vraiment. On a d'ailleurs toujours des contacts avec des mecs de la MJC. Ils sont en train de construire un super truc, à l'endroit ou on faisait du foot quand on était gamin, à l'endroit de l'ancienne bibliothèque. On aimerait bien pouvoir jouer un soir ou deux, avec des mecs du coin, des gens qu'on aime bien et qu'on a rencontré. Ce serait vraiment cool.

Nous tenons à remercier Manuel et Nicolas, ainsi que les membres du groupe pour leur disponibilité

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