Il s'est fait attendre, longtemps, les fans ont eu peur, mais ça y est, Deportivo revient, et surtout ils est en forme. Oserais-je même dire : il est en force. Avec ce nouvel album, le trio nous prouve qu'il a bossé dur depuis son dernier album. Ses membres n'ont pas pris la grosse tête, loin de là.
« Oh tu m'as dit en claquant la porte : oh arrête chéri, là je m'emporte ! »
Dès les premières notes, on est rassuré, on retrouve Deportivo comme on l'aime, jusqu'au petit sifflement familier qui parcourt la toute première chanson. On rentre directement dans le vif du sujet, le rythme est sûr, les instruments n'ont pas changés : batterie, guitare, les paroles sont là. On les connaît, pas besoin d'intro et de paillettes pour les annoncer, et ils le savent, ca serait trop prétentieux.
Toujours empreinte de simplicité, et de sincérité, on retrouve cette voix qui caractérise le groupe, elle semble se battre de façon assez séduisante avec la musique, plutôt que de se mettre sur le bon temps, comme le ferait classiquement n'importe quel chanteur. Mais tout comme l'accent à couper au couteau, pendant les chansons anglaises, on s'en fout, on adore.
« Oh merde ! Où diable ai-je donc pu oublier mes armées de problèmes ? »
Là où certains groupes échouent lors de la création d'un nouvel album, c'est lorsqu'ils y mêlent un changement radical de leur genre, et fort heureusement ici Déportivo ne s'est pas fourvoyé. Le rythme et les paroles sont très ressemblantes à l'ancien album, et ce n'est pas pour nous déplaire. Peut-être moins agressif qu'avant, penseront certains... Mais on retrouve ce qui nous avait séduits, jusqu'à ce petit air de trompette, et certains riffs de guitare. Du coup, on se retrouve en territoire connu, et après une ou deux écoutes, on se surprend déjà à siffloter sur certains airs et même à en chantonner les paroles.

@Jean Francois LanetLe groupe ose même une petite reprise de Miossec, en version bien plus rock, bien sûr : Les Bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement avait déjà été repris par Louise Attaque lors d'un live. Le fait de faire ça leur permet d'affirmer leur genre, et de prouver leur talent avec une chanson qui est hors de leur répertoire initial... C'est Deportivo tout de même. En l'écoutant, on pourrait se dire qu'elle pourrait être d'eux, si personne ne connaissait le véritable auteur bien entendu, car elle colle parfaitement aux textes habituels du groupe. Une reprise vraiment intelligente, de l'époque où Miossec était un artiste un peu décalé, à la voix nature, au ton râleur, comme l'est le trio actuellement. Les chansons anglaises semblent plus matures, plus calmes qu'auparavant, avec un peu d'instruments à vent. Comme si Deportivo profitait de ne plus parler français pour adoucir sa musique. Mais sous l'apparence de douces ballades romantiques se cachent des chansons dont les paroles n'ont aucun sens, on se rend compte qu'on est tombé dans le piège, et ça semble même voulu. Deportivo nous prouve encore qu'il s'amuse, qu'il reste enthousiaste, et pas si sérieux que ça. C'est bien ce que nous attendions d'eux, non ?
« No sense anymore »
Cette chanson acoustique, plaisante à l'écoute, nous permet d'affirmer que cet album est bien dans la lignée du premier : naturel, sans artifices, tout comme la voix éraillée, grave, nature, et les bruits d'oiseaux ou de sauterelles pour attendre la chanson cachée, appuient cette idée.
Globalement on retrouve les thèmes récurrents au groupe, efficaces, forts, nets. Les paroles sont directes et rappellent la nonchalance du groupe, l'aspect rentre-dedans. A aucun moment on ne trouvera les textes vulgaires, bien qu'ils soient directs, car comme dans le premier album, les membres du groupe savent y faire : ils ne nous choquent pas, ils nous surprennent, et nous font même sourire, car Déportivo c'est du rock, vraiment.
« Allez, rejoins-moi dans la brise, on pourra baiser faire n'importe quoi, allez rejoins-moi dans la brise, sans la lumière est-ce que c'est mieux, je ne sais pas. »
La dernière chanson a un rythme un peu différent des autres, plus calme elle permet à nos oreilles, habituées par les chansons précédentes à plus de vivacité, de se laisser porter, puis de se séparer de l'écoute, de quitter la musique, en même temps qu'elle se finit : une douce mort. Deportivo semble suivre cette fameuse courbe que l'on utilise parfois pour la veillée des enfants : des éléments calmes intervertis avec des éléments plus dynamiques, pour laisser s'achever la chanson tout en douceur.
Dommage que cet album soit si court, car même s'il est complet, on reste sur notre faim, on en voudrait encore un peu, sans doute parce qu'on sait qu'en dehors des concerts (qui sont excellents), il va falloir à nouveau attendre, et espérer la sortie d'un prochain album, qu'on rêvera aussi bon. En attendant, on peut toujours se consoler avec celui-ci qui est suffisamment bien écrit pour nous surprendre encore et encore à chaque écoute.
Un renard, une poule, une clef...
Et si à défaut de celle des champs, c'est la clef de la réussite qu'ils avaient trouvée, purement et simplement par intuition ?
« See you later »
Déportivo - Déportivo
1. Exode baratté
2. Ne le dis à personne et personne ne le saura
3. Clasico (Share Your Love)
4. Les Bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement.
5. I Might Be Late
6. En ouvrant la porte
7. La Brise
8. Blue Lights
9. La Colline
10. Suicide Sunday (Part II)
Luz []

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