7/10Dave Gahan - Hourglass

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 03/11/2007
Notre verdict : 7/10 - Something you should know (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 6 réactions

Bien plus électronique que son prédécesseur, Hourglass est aussi bien plus convainquant. Dave Gahan s'y affirme enfin en solo.

Nous ne vous ferons pas l'affront de vous présenter trop longuement Dave Gahan, le chanteur charismatique, sexy, parfois démesuré, décadent et autodestructeur de Depeche Mode. Hourglass, « le sablier », son dernier album, est bien plus abouti que son premier essai en solo, Paper Monsters (2003). Davantage électronique, toujours aussi ténébreux, il plonge l'auditeur dans les doutes, les failles et les états d'âmes contrastés d'un homme de 45 ans dont la vie n'a jamais vraiment été ordinaire. Il permet enfin à l'artiste de s'affirmer musicalement à 100 % en solitaire.

Il gagne en assurance

Débutant par l'époustouflant Saw Something, une des meilleures ballades progressives de Gahan et de Depeche Mode, l'album s'annonce prometteur. L'électronique y est distillée dans des arrangements puissants et la voix voluptueuse du chanteur soulève des espoirs amoureux après une tempête d'incertitudes ; une guitare électrique clôture le tout dans une belle envolée psychédélique. Preuve que Dave Gahan a gagné de l'assurance depuis l'écriture de trois titres pour Depeche Mode sur Playing The Angel (2005), le single Kingdom pourrait très bien se placer parmi les meilleurs titres du groupe. L'électronique y est complexe, le rythme envoûtant, le refrain aventurier et les guitares fulminantes. Produit aux côtés d'Andrew Philpott et de Christian Eigner, le disque sait parfaitement faire monter l'appétit sombre avant d'exploser dans des refrains plus éclatants (21 Days et ses chœurs perspicaces). Il parvient aussi à s'étendre dans des ambiances rêveuses (Miracles, rappelant Brian Eno), technologiques et nostalgiques (Insoluble), rock nébuleuses et volcaniques (Use You). Lorsque le beat reprend le dessus, il est accompagné de puissantes basses electro, de bidouillages et de claviers pigmentés (Endless). Pour affirmer une dernière fois l'inclinaison résolument électronique, les sons saturés des pourtant rock A Little Lie et Deeper and Deeper peuvent rappeler une certaine folie de Justice.

Si Dave Gahan se pose toujours autant de questions sur lui-même, ses sentiments amoureux ou encore sur ses angoisses (la vieillesse, la mort), ce Hourglass permet de faire apparaître un début de réponse. Reste à savoir si l'artiste veut vraiment se connaître et accepter d'évoluer vers une lumière éclatante.

Dave Gahan - Hourglass
01. Saw Something
02. Kingdom
03. Deeper and Deeper
04. 21 Days
05. Miracles
06. Use You
07. Insoluble
08. Endless
09. A Little Lie
10. Down

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