7.5/10Dark Moor - Dark Moor

/ Critique - écrit par Lestat, le 04/03/2004
Notre verdict : 7.5/10 - vielles marmites, vielles recettes... (Ecrivez votre critique)

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A l'occasion du quatrième album de ces Espagnols, il est grand temps de parler de cette curieuse formation madrilène. Formé en 1994, Dark Moor se formait alors de cinq membres. A la vue des évènements qui suivront, on évitera de les comparer aux doigts de la main. Comprenant à l'origine Elisa Martin au chant, Albert Maroto et Enrik Garcia aux guitares, Anan Kaddouri à la basse, Jorge Saez (aucun rapport avec Damien) à la batterie et Robert Peña de Camus aux claviers, le groupe enchaîne les démos et sort trois albums plutôt bien reconnus dans le milieu du métal symphonique. Dark Moor suit son bonhomme de chemin jusqu'en 2003 qui voit une importante restructuration du line-up. Albert Maroto et Jorge Saez quittent le navire ainsi qu'Elisa Martin, partie rejoindre les p'tits Français de Fayriland. Quitte à changer, autant le faire radicalement et c'est un homme, un certain Alfred Romero, qui remplacera Dame Martin. Une voix assez atypique qui finalement ne modifie pas grand chose à la musique, le timbre de voix de Romero étant assez similaire à celui d'Elisa Martin. Et puisqu'on parle de musique, en avant !

Dark Moor dans la plus pure tradition du mouvement, nous livre pour ce quatrième album une musique faite de guitares lourdes entrecoupées de sonorités plus médiévales faisant la part belle aux instruments à cordes, aux choeurs tonitruants et aux ambiances tourbillonantes qui sentent bon la chevalerie. Certains artistes ont montré que ces deux univers n'étaient pas incompatibles et avec ce dernier Dark Moor, ils s'accordent une fois de plus à merveille, l'un accentuant l'autre et faisant que cet album se révèle très agréable à écouter. Une telle musique ne peut qu'amener au voyage et à la rêverie et Dark moor s'y emploie fort bien, truffant ses textes de références aux mythes, à l'Histoire ou à la littérature. Ainsi, The Werewolf se révèle être une intéressante reflexion sur la lycanthropie, bien que développée trop chichement à mon goût, tandis que Cyrano of Bergerac s'intéresse à ce gentilhomme, puisant son originalité dans une approche assez sombre. Citons également Philip the Second qui joue admirablement sur les contrastes, opposant des riffs lourds à des envolées vocales quasi grégoriennes, bien que repartant parfois maladroitement dans des sonorités plus traditionelles, ou encore From Hell, autre instant de bravoure partant dans tous les sens cette fois-ci sans accroc. L'album se termine par the Dark Moor, étrange morceau très mélodique, au refrain obsédant et aux sonorités crystalines, lorgnant curieusement vers le Dany Elfmann de l'Etrange Noel de M. Jack. Surprenant, mais rafraîchissant et beau.

Un album assez envoûtant qui souffre toutefois d'un défaut, et il est de taille. Il ne renouvellera rien, ne changera rien, et ne restera sans doute pas comme album majeur dans la discographie du groupe et surtout du mouvement. Pour parler franchement, j'ai eu l'impression à la première écoute d'un Fayriland en plus lourd. Quand on sait que les Fayriland s'inspirent eux même de Rhapsody, il y a de quoi se poser des questions sur l'originalité de la chose et fait que Dark Moor, quatrième album de Dark Moor, se révèle un disque intéressant, surprenant, planant parfois, mais pas indispensable. L'amateur du genre sera en terrain connu, sans parler que les thèmes abordés font plutôt figures de classiques. Pas novateur pour un poil, ce quatrième album risque bien de faire grincer quelques dents boudeuses. Malgré tout, un moment agréable et pourquoi pas, une excellente passerelle pour les néophytes ?

1 Life for Revenge
2 Eternity
3 The Bane of Daninsky, the Werewolf
4 Philip the Second
5 From Hell
6 Cyrano of Bergerac
7 (Attila) Overture
8 Wind like Stroke
9 Return of Love
10 Amore Venio
11 The Dark Moor

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