6/10Daft Punk - Random access memories sur Krinein

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 01/06/2013
Notre verdict : 6/10 - 2Go de RAM (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 11 réactions

Le nouveau Daft Punk est sorti et a excité la planète entière, ceux qui ne sont pas encore au courant que Random access memories est dans les bacs depuis lundi passé doivent encore raisonner en Mo de RAM. Le premier extrait à envahir la toile a été Get lucky avec la voix de Pharrell Williams, chanteur/batteur de N.E.RD. Ce titre a été accueilli avec plus ou moins de bonheur, une certaine partie des fans ont sans doute été franchement déroutés par la direction funk prise par le groupe : il faut dire qu'on ne reconnaît le duo versaillais (erratum : ils sont parisiens, je vais me fouetter deux fois devant le Château d'Eiffel) que sur les quelques dernières minutes. La suspense est alors à son comble : à quelle sauce va-t-on être mangés sur Random access memories ?

Disco-funk, c'est pas un gros mot ?


DR. Je met les mains à drote

 

Il va sans dire que plusieurs jours après sa sortie, chacun a déjà dû se faire son opinion sur cet opus assez couillu puisque lorgnant largement vers un passé disco-funk, pas si étranger que cela à l'univers de Daft Punk mais assez éloigné des attentes du public. Avant d'entamer une écoute critique, il me faut sans doute préciser que je ne suis pas un adepte de funk ou de disco, même si je ne peux que reconnaître l'efficacité certaine des morceaux les plus connus. Il en va de même pour cet album de Daft Punk : impossible de nier que Random access memories fonctionne bien mais impossible non plus d'y adhérer à 100 %.

Des morceaux qui savent taper où il faut


DR. Je mets les mains à gauche

 

Au petit jeu des belles réussites de l'album, Giorgio by Moroder est certainement le titre qu'il faut retenir. Après une intro parlée et une petite mélodie entraînante, le morceau nous emmène avec lui sur des routes nocturnes illuminées par les lampadaires et les phares de voiture (on pense ici à la bande originale de Drive qui parvient à créer la même ambiance). Évidemment c'est l'un des morceaux dans lesquels le côté disco-funk est presque absent au profit d'une electro planante tout juste sublime malgré un passage jazzy dispensable. Un autre bon titre de l'album est tout simplement Get lucky qui, grâce à sa ritournelle imparable et à la voix parfaite de Pharrell Williams, ne peut qu'entraîner l'auditeur à exécuter quelques malheureux pas de danse. D'ailleurs la voix de Pharrell Williams se retrouve aussi sur un autre bon morceau, Lose yourself to dance qui, bien que très daté années 80 (comme une grande partie de l'album), a ce petit plus qui le détache du reste. Dans une ambiance complètement différente, Contact, presqu'entièrement instrumentale, se démarque bien par sa structure electro joyeuse et enlevée tandis que Touch, au contraire, part dans une dizaine de directions donnant un aspect hétéroclite au titre qui reste de bonne facture.

I am a unicorn


DR. Je fais de tous petits ronds

 

Il faut tout de même reconnaître un point très énervant dans Random access memories : l'utilisation massive du vocoder qui plombe une  bonne partie des chansons. On pense ici notamment à Instant crush qui bouge bien dans une atmosphère disco surannée : seule la voix bidouillée de Julian Casablancas nous sort complètement du morceau. Ou bien encore Within qui, malgré un début d'une beauté évidente, se saborde presque avec l'arrivée d'une lamentation robotique franchement désagréable : il est flagrant que le morceau aurait été parfait... en instrumental même si on est plus proche du slow que d'un titre-à-danser. Ce n'est d'ailleurs pas le seul titre à quitter la piste de danse, The game of love, par exemple, est une petite bluette, bien gentille, idéale sans doute pour les fins de soirée mais qui ennuie profondément.

Après de nombreuses écoute de ce Random access memories, c'est un sentiment mitigé qui l'emporte. En sortant un album plutôt original par rapport aux précédents opus du duo versaillais, les Daft Punk ont pris un risque, risque mesuré au vu de leur talent. Et si certains titres sont indéniablement de vraies réussites, d'autres se révèlent différemment selon l'humeur du moment. Et certains sont franchement à côté de la plaque. Mention : peut mieux faire.

Le point fort : avoir réussi à réhabiliter le disco-funk

Le point faible : ne pas avoir réussi à réhabiliter le vocoder

En écoute, Get lucky bien sûr

Daft Punk – Random access memories

01. Give life back to music
02. The game of love
03. Giorgio by Moroder
04. Within
05. Instant crush feat. Julian Casablancas
06. Lose yourself to dance feat. Pharrell Williams
07. Touch feat. Paul Williams
08. Get lucky feat. Pharrell Williams
09. Beyond
10. Motherboard
11. Fragments of time feat. Todd Edwards
12. Doin' it right feat. Panda Bear
13. Contact

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