8.5/10Cibelle - The Shine of Dried Electric Leaves

/ Critique - écrit par juro, le 12/04/2006
Notre verdict : 8.5/10 - Si belle (Ecrivez votre critique)

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Au beau milieu des sons en furie de la vague métal ou du développement sans fin de la chanson française, une nouvelle attraction atypique se révèle formidable en la personne de Cibelle, divine interprète brésilienne à la voix cristalline et
débordante de la coolitude suave. Offrant des caractéristiques particulières et originales, la belle Cibelle provoque un vent de panique au travers de ses pistes polyglottes et orienté world music. Avec de nombreuses collaborations aussi prestigieuses que diversifiées (Devendra Banhart, Seu Jorge, Spleen) ainsi que des reprises de standards internationaux (Tom Waits, Antonio Carlos Jobim), The shine of dried electric leaves montre un visage hétérogène avec des touches électro intéressantes. L'apparence communément angélique et bordélique de la pochette de l'album reflète entièrement ce qui est proposé sur les plages musicales...

Rythmes brésiliens (bossa, salsa et samba), électro fluette, folk et soul à tout va, sonorités spéciales... l'ensemble baigne dans un joyeux foutoir de la culture multiethnique brésilienne, absolument délicieux d'inventivité, comme une création artistique non reproductible, unique. Cibelle nous souhaite la bienvenue dans son monde fait de nostalgie, déversant toute sa grâce par un phrasé suave et caressant. L'artiste sait aussi se faire différente, présentant une facette dévergondée dans des titres complètement farfelus (London, London avec le non moins farfelu Devendra Banhart) ou divins (Lembra). Des touches de violon imperceptibles, des cordes pincées pour la bossa... une diversité et surtout une maîtrise impressionnante dans la totalité de registres font de l'album une pépite. Ni plus, ni moins.

Portugais, anglais, français. Chacun est un moyen pour la diva d'exprimer son talent. Dans une relative douceur bercé de moments de folie brute, l'album de
Cibelle est une tornade emportant tout sur son passage. L'électro est omniprésente et s'accorde avec surprise à la musique traditionnelle "auriverde". Doux et puissant par ses embardées lyriques ou orchestrales improbables, ce capharnaüm met en avant la bossa dinguissimo (London, London) ou traditionnelle avec une pointe de nouveauté de nouveauté technique (Minha neguinha, Arrête là, Menina, Esplendor), l'électro soul emballante de City people, le jazzy Train Station. Chaque morceau est une composition originale ou revisitée pour être originale. Superbe.
Pour compléter, Spleen vient un coup de... cuillères sur Mad man song pour un improbable morceau, bizarroïde dans la construction de son orchestration provoquant une redondance somme toute agréable. Les reprises possèdent un goût rétro ressenti sur l'enregistrement aux sons "craquants" d'un vinyle. Le tout laisse une impression de rêve, une vraie réussite.

Comparable à une Bebel Gilberto plus farfelue mais toute aussi suave, la colorée Cibelle provoque du bonheur en barre. L'impression de douceur dégagé par son disque évoque une sensibilité pleine, forte, improbable et tout simplement géniale. Les qualificatifs manquent pour décrire les émotions la sublime voix de l'interprète. Une aura certaine pour une polyglotte débordant de charme et un album plein de bonnes surprises de folie absurde.


Cibelle - The shine of dried electric leaves

01. Green grass
02. Instante de dois
03. Phoenix
04. London, London (feat Devendra Banhart)
05. City people
06. Minha Neguinha
07. Mad man song (feat Spleen)
08. Por toda minha vida
09. Flying high
10. Arrete là, Menina (feat Seu Jorge)
11. Esplendor
12. Train station
13. Lembra
14. Cajuina

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