3/10Christophe Willem - Prismophonic

/ Critique - écrit par sdark, le 03/12/2011
Notre verdict : 3/10 - Willem fermière (Ecrivez votre critique)

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Revival

Il existe des styles de musique qui traversent les décennies, comme le rock, la
La Tortue saute mouton
soul, le blues et bien sur, le classique, et d’autres qui n’auront été au sommet des charts que durant un certain laps de temps et sont représentatifs de leur période de gloire, comme le disco à la fin des 70’s, la musique des années 80 ou encore la dance des 90’s. Il est à noter que ces derniers, quelques années plus tard, sont carrément devenus de la musique de gros ringards, de has been. Après une dizaine, voire une vingtaine d’années où ils avaient déserté les ondes, ces styles de musique nous reviennent depuis quelques temps et nous plongent dans une période revival dont on se serait bien passé. À l’instar de ABBA (pour les 70’s) et leur Mama mia qui inonde nos cinémas, télés, salles de spectacles, ou encore des stars des 80’s (Julie Piétry, Désireless, Jeanne Mas, Émile et Image …) qui se regroupent pour faire des tournées ridicules et remplir les Zéniths de l’hexagone. Dans la période de crise actuelle, les gens doivent se sentir rassurés en réécoutant les hits de leur jeunesse, lorsqu’ils étaient insouciants et avaient confiance en l’avenir.

 

Dance Machine

 

C’est dans cette ambiance « c’était mieux avant » que nous arrive le nouvel
Willem navigue à vue
album de Christophe Willem, Prismophonic, deux ans après Caféine, quatre après Inventaire et pile poil un mois avant Noel, ce qui pourrait constituer un magnifique cadeau........empoisonné.

Oui car ce troisième album de celui que tout le monde connait sous le nom de "la Tortue", vainqueur unanime en 2006 de l'émission La Nouvelle Star, est une pure ....daube.

Il faut dire que passé l’effet de surprise de son premier album, Inventaire, sorti en 2007, et du hit Double jeu, que l’on pouvait à la limite trouver amusant, il est quand même difficile de s’accrocher à la musique du Mika français et à son timbre de voix d'eunuque.

Attention, je ne veux pas dire que ce garçon n’a pas de talent, au contraire, on pourrait même dire qu’il en déborde, d'autant plus qu’il arrive à être pas trop mal entouré en général (Zazie, Philippe Katerine), mais la magie n’opère pas.

En effet, le style de ses chansons n’est pas sans rappeler ce qui se faisait de pire durant les années 90, à savoir les Boys band, 2 be 3, Alliage ou autre G-Squad. Voilà ! En fait Christophe Willem est un boys band à lui tout seul, les chorégraphies minables en moins.

Prismophonic

Alors ce nouvel album, parlons-en quand même un peu. Il s’ouvre avec Starlite et un rythme techno-disco-dance, chanson comprenant par-ci par-là des mots en anglais qui donnent l’impression d’entendre un djeuns qui essaie de s’la pêter. D’ailleurs, beaucoup d’autres titres suivent ce modèle, avec un tempo
Son père était vitrier.
entêtant, comme Cool, premier single de l’album, ou encore Lamour me gagne, Automatik et Le temps quil reste. D’autres ont un son un peu plus électro à l’instar de Ennemis in L.O.V.E , Je rejoins la scène, ou flirtent un peu du côté du R&B, Indélébile en duo avec Zaho. Au milieu de cet ensemble assez bourre-crâne se trouve Si mes larmes tombent, LA chanson pour sortir les briquets en concert, qui sonne un peu comme du Hélène Ségara. Cependant l’album s’achève sur une bonne note, avec Falling, une sorte de ballade, intégralement chantée en anglais, qui commence tout doucement et dont l’intensité augmente progressivement, faisant ressortir plein d’émotions et qui pourrait faire travailler les glandes lacrymales des fans les plus sensibles.

Alors à l’arrivée, que retient-on ? Hé bien, pas grand chose. Comme dirait Shakespeare, beaucoup de bruit pour rien. Si, il faut malgré tout signaler que l’on sent que cet album a disposé d’une très bonne production et que Christophe utilise relativement bien son organe vocal assez particulier. Il est juste dommage d’en faire ce genre de musique qu’il devrait être interdit d’entendre en dehors des dancefloors.

Pour résumer, si vous n’êtes pas fan de l’époque des Dance Machine sur M6 (magnifiques spectacles musicaux animés par les jumeaux Hervé et Yves Noel ou encore Ophélie Winter), passez votre chemin, ce disque n’est pas pour vous.

La tortue devrait essayer de s’attaquer au marché asiatique. Il devrait faire un carton, écoulerait des millions de disques, deviendrait une superstar (seule chose qu’ambitionnent vraiment tous ces candidats des émissions de radio-crochet), et il suivrait alors les traces d’une autre de nos concitoyennes devenue incontournable dans ces pays là, je veux bien sûr parler de Mireille Matthieu.

Maintenant c’est sûr, la chanson française part véritablement en sucette. Merci qui ? Merci la Nouvelle Star, la Star Academy ou autres émissions de ce genre. Heureusement pour nous, les deux premières ne sont plus d’actualité. Y’en a marre des Willem, Jenifer ou autre Magalie (qui ça ???).

Où sont les nouveaux Brel, Aznavour, ou alors Cabrel, Souchon ou Bashung pour être plus contemporain.

Donc si vous n'arrivez pas à dire à quelqu'un que vous n'appréciez pas sa compagnie, offrez lui ce disque à Noel, il devrait comprendre le message.

 

Christophe Willem - Prismophonic

01. Starlite
02. Cool
03. L’amour me gagne
04. Si mes larmes tombent
05. Indélébile (en duo avec Zaho)
06. Jamais dû
07. Ennemis in L.O.V.E
08. Automatik
09. Pas si loin
10. Je rejoins la scène
11. Le temps qu’il reste
12. Falling

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