8/10Childish Gambino - Camp

/ Critique - écrit par froo (), le 06/03/2012
Notre verdict : 8/10 - SWAG (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 12 réactions


DR.
Donald Glover sait tout faire. Un moment scénariste pour la série 30 Rock, parfois humoriste, il est surtout connu pour le rôle de l’adorable Troy Barnes qu’il campe dans Community la meilleure série du monde (selon un sondage réalisé par Krinein sur un échantillon de six personnes), encore inédite en France pour le moment. On le savait donc auteur, acteur, même danseur ou chanteur dans certains épisodes, et le voilà rappeur (et producteur, compositeur et bête de scène) officiant sous le nom de scène Childish Gambino, trouvé grâce à un Wu-Tang Clan Name Generator.

Après quelques années à toucher à la musique dans son coin avec des albums assez expérimentaux et confidentiels (Sickboi, Poindexter), Donald Glover a fait la rencontre de Ludwig Göransson, le compositeur de Community. Leur collaboration a donné naissance à Culdesac (2010), autoproduit et distribué gratuitement sur Internet, puis à un EP, sorti l’année suivante, de la même façon et contenant le tube Freaks and Geeks. Petit à petit, Childish Gambino a commencé à percer dans le hip-hop indépendant américain et a fini par signer chez Glassnote Records.

Camp, son premier « vrai » album studio, est sorti en novembre 2011 aux États-Unis, où il a rencontré un grand succès, malgré une critique assassine par Pitchfork qui lui a mis 1,6/10 en le qualifiant de vaste blague (note compensée par le titre de Most underrated album donné par les lecteurs du même site) et de nombreux haters. L’album arrive enfin dans les bacs français ce mois-ci.


DR.
Avec toujours la même équipe, Camp s’inscrit dans la continuité des précédents albums tout en marquant une grande progression, avec des textes plus aboutis, une production plus léchée et en gardant des instrumentations originales, variées, accrocheuses et faites avec de vrais instruments. Outside, qui ouvre l’album, emballe tout de suite. Presque dramatique, le refrain (There's a world we can visit if we go outside / Outside, outside / We can follow the road) sonne effectivement comme une invitation à  suivre Childish Gambino pour entrer dans son monde et écouter la suite. Le titre annonce également l’alternance entre mélodie touchante et mélancolique et rap brut et passionné que l’on retrouve tout au long de l’album. S’enchaînent alors des morceaux aux basses surpuissantes (Bonfire (premier single de l'album), Backpackers, You see me), d’autres plus doux (All the Shine, L.E.S.), en passant par des titres carrément dansants (Heartbeat, Sunrise). Childish Gambino rappe toujours d’un flow très entraînant, mais montre qu’il sait aussi très bien chanter, et ce, sans artifices (on vous l’a déjà dit, ce type sait tout faire !).

Les morceaux sont très autobiographiques, s’inspirant de sa jeunesse, de ses relations avec les femmes, de ses amours déçues, de sa célébrité, de ses haters, des sceptiques qui ne croyaient pas dans son succès, etc. Il l’affirme lui-même : il aime parler de sa boite (<- trouvez la voyelle en trop) et s’est servi d’internet comme d’un média où il pouvait s’exprimer sans devoir se censurer. Ainsi, les textes, riches en métaphores et en références variées, pas toujours très subtils, sont assez fleuris et parsemés de f*ck, b*tch, d*ck (<- insérez la voyelle de votre choix), au point que la version clean de Heartbeat ressemble à du gruyère. Un tour sur Rapgenius est parfois nécessaire (mais pas toujours suffisant) pour expliciter le tout.

L’EP se terminait sur Not Going Back, où il affirmait vouloir continuer, malgré ceux qui ne le voyaient qu’échouer, parce que trop hipster, et pas assez ghetto ou gangsta. Camp (version américaine) se termine ici sur That Power, sonnant comme un pied de nez à ses détracteurs qui ont eu tort de ne pas croire dans son succès. On est bien contents qu’il ait persisté !
Bête de scène

Contrairement à certains d’acteurs qui se lancent dans la musique, Donald Glover réussit haut la main sa conversion, ou plutôt sa carrière parallèle. Avec beaucoup de talent, il se démarque des autres en offrant des morceaux uniques et atypiques, aux textes honnêtes et touchants avec une touche d’humour. L’album est une vraie réussite, qui plaira aux connaisseurs mais saura aussi séduire les néophytes.

Childish Gambino - Camp

01. Outside
02. Fire Fly
03. Bonfire
04. All The Shine
05. Letter Home
06. Heartbeat
07. Backpackers
08. L.E.S.
09. Hold You Down
10. Kids (Keep It Up)
11. You See Me
12. Sunrise
13. That Power

En écoute, Heartbeat


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