9/10Des Chikitas énervées sur Wrong Motel

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 29/04/2016
Notre verdict : 9/10 - No sick little bastard (Ecrivez votre critique)

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Urban Dictionary nous dit que Chikita veut dire "a really hot girl". Par contre, ce dico ne nous dit pas qu'avec une batterie et une guitare, ces Chikitas-là font plus de bruit que pas mal de groupes.

Enfin ! Ça faisait franchement longtemps que je n'avais pas pris une petite claque dans la tête ! Dès les 30 premières secondes de Wrong Motel, le son crade et lourd de The Chikitas m'a tout de suite embarqué dans le monde des deux Génévoise : I wish you mine est un brûlot grunge et punk rafraîchissant dans un monde de la musique franchement sclérosé par la pop qui, trop rarement, entraîne un vague intérêt. Et pour façonner cette musique rentre-dedans, la recette est simple : une guitariste chanteuse/hurleuse (ah ce Oh greed envoyé à la face du monde par Lynn Marin!), une batteuse tapant sur ses fûts comme une sourde (Saskia Fuertes doit vouloir dire bourrine de base dans un autre langage) et un sens aigu de la mélodie, même camouflée sous un mur de bruit. L'impact est réel, le but atteint, l'auditeur à genoux. Dès le premier titre.


DR.

Une fois à genoux, il ne reste plus qu’à subir les assauts de la douzaine de missiles soniques envoyés par ces Chikitas. Avec quelques énormes bombes atomiques qui pètent à la gueule sans crier gare. On pense notamment à Sucker creep, véritable coup de gueule contre un mec qui en prend… plein la gueule justement : babines en avant, l’insulte au bout des lèvres, Lynn Maring éructe tout ce qu’elle pense de ce pauvre type (You’re such a retard/And you’re just too awkward/Sick little bastard) tandis qu’on imagine facilement Saskia Fuertes martyriser son instrument à grand coup de pédale. Ou encore à ce Oh greed qui semble relativement calme par rapport au reste de l’album mais qui, par la grâce d’un hurlement inhumain, nous surprend et nous prend aux tripes. Sans oublier Watch yourself, véritable rouleau-compresseur à éreinter les auditeurs, qui écrase tout avec ses riffs d’une lourdeur pachydermique et metallique (de metal, pas de métal).


DR.

Le duo parvient, cependant, à se calmer parfois. Enfin quand on dit se calmer, ce n’est pas pour proposer de la pop sautillante. Spin around you est, par exemple, une chanson d’amour (c’est en tout cas ce qui s’en rapproche le plus dans Wrong motel) qui ne peut qu’accélérer un peu sur le refrain, histoire sans doute qu’on ne s’endorme pas trop sur nos lauriers. My playground, parfois complètement déstructuré, ménage un groove incroyable qui ne laisse personne sur la route. Run away to Byron Bay offre encore un autre panorama avec des passages rappés et un son sourd et étouffant qui plombe la fin de l’album et nous laisse sur un sentiment extraordinaire.

Assez varié mais toujours puissant, Wrong motel est un album à recommander à ceux qui aiment les sons gras et metalliques. Une putain de bonne nouvelle pour la musique en tout cas !

La critique en 140 caractères : Wrong motel, une putain de bonne nouvelle pour les amateurs de sons lourds, gras et metalliques

En écoute, I wish you mine

The Chikitas – Wrong motel

01. I wish you mine
02. Hi lady
03. Lilith
04. My playground
05. Oh greed
06. Sucker creep
07. Like a cheetah
08. Watch yourself
09. Spin around you
10. Wrong motel
11. Waraconda
12. Run away to Byron Bay

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