10/10Cats

/ Critique - écrit par camite, le 09/07/2004
Notre verdict : 10/10 - chat va (haha) (Ecrivez votre critique)

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Dans une décharge, les Jellicle Cats se rassemblent pour leur grand bal lunaire. Celui-ci doit voir le plus vieux et le plus sage de la communauté désigner le chat qui accédera au paradis et à une nouvelle vie. Entre danses et célébrations des chats les plus fameux, une vieille gloire déchue tente de retrouver sa place dans la tribu, tandis que le diabolique Macavity rôde...

En 77, le compositeur Andrew Lloyd Webber (Evita, 1978) commence à adapter en musique les poèmes du Old Possum's Book of Practical Cats de Thomas Stearns Eliot. Allégorie féline de la société humaine destinée aux enfants, le recueil de l'écrivain anglais a déjà intéressé les studios Disney qui souhaitaient le transformer en dessin animé. Refus de l'auteur. En 1980, Webber rencontre finalement Valérie, la veuve Eliot. Leurs visions de l'oeuvre se rejoignent et Webber récupère les droits pour une adaptation en comédie musicale. Il travaille alors avec le metteur en scène Trevor Nunn (qui ajoute quelques lyrics au texte original) et la chorégraphe Gillian Lynne.

Le 11 mai 1981, le New London Theater accueille la première de Cats. Aucune grosse star à l'affiche, mais cela n'empêchera pas le spectacle de devenir un immense succès, attirant plus de 50 millions de spectateurs dans une vingtaine de pays. A Londres, Cats restera programmé vingt et un ans (dix-sept à Broadway) et tourne toujours à travers le monde. Une version française a vu le jour en 1989 mais n'a pas excité les foules qui, vive le bon goût des lumières, pleureront toutes les larmes de leurs corps quelques années plus tard avec Notre Dame de Paris ou Roméo et Juliette. Quant à la chanson Memory, elle deviendra un classique comparable à My Way au travers de quelques 160 interprétations dont la plus célèbre par Barbara Streisand.

En 1997, Webber entreprend d'immortaliser Cats en filmant une prestation en vidéo, régulièrement rééditée en DVD depuis. Malgré la présence de David Mallet (réalisateur pour Cher ou Tina Turner) à la direction, il ne s'agit pas d'une représentation live enregistrée en public mais d'une performance capturée par une batterie de caméras. Ce qui permet, outre l'ajout de quelques effets spéciaux discrets, de coller au plus près des corps, plus expressifs que jamais. Cats mise en effet beaucoup sur la gestuelle féline de ses danseurs, tous rompus à l'exercice de la grimace corporelle. Dans la même optique de spectacle donné exclusivement à l'écran, maquillages et costumes (déjà extrêmement soignés) apparaissent plus nuancés (oui, je peux comparer, j'ai eu le chance de voir Cats à Broadway, en 98).

Sur le spectacle en lui-même, pour citer mon meilleur ami : «c'est un coup à te filer la honte d'être Français». Et comment. En dépit d'une ou deux longueurs liées à la répétition des thèmes principaux, les morceaux s'enchaînent tout naturellement et alternent la légèreté et l'humour avec la tension et l'émotion. Le caractère métaphorique et universel du texte nous présente des chats tour à tour paresseux, embourgeoisés, hors-la-loi, star du rock... ainsi que l'ennemi canin tourné en ridicule. Simple et positif, un message de tolérance et de respect s'inscrit en filigrane lorsque la communauté rejette la vieille Grizabella pour rendre hommage de suite après à un vieux gâteux, qui ne trompera plus personne au moment d'un Memory final d'anthologie envoyé avec force et humanité par Elaine Paige. De quoi arracher les larmes, à condition bien sûr de laisser sa fierté de mâle protecteur sur les toits. Ronronnement de plaisir inévitable pour tous les autres.

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