6/10Carla nous présente son Autre moi

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 11/07/2020
Notre verdict : 6/10 - L'autre moi, c'est toi ! (Ecrivez votre critique)

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Sa chanson Bim bam toi vous a hanté toute l'année scolaire 2019-2020. Krinein se penche sur le phénomène Carla !

Coronavirus, crise écologique, violences policières, Jul qui reprend Début de soirée, Renaud qui creuse sa tombe avec Corona. Franchement le monde ne va pas bien. Alors, dans ces temps troublés, la musique est toujours un échappatoire salutaire. Et quoi de mieux que d’écouter un album sautillant, une douce pop sans prise de tête ? Je sais, je sais, vous allez me dire que question prise de tête, Carla nous a déjà assez soûlé avec son Bim bam boum qui s’appelle en réalité Bim bam toi, et que son album n’est sûrement pas une « douce pop sans prise de tête » mais sans doute plutôt de la chanson française mièvre, sans imagination qui sera oubliée dans moins d’un an. Alors lançons-nous dans la critique délicate de L’autre moi sans a priori.

Une, deux, trois Carla

Avant toutes choses, il faut préciser qu’il existe deux Carla chanteuses. Enfin trois avec la Bruni. La première a 17 ans, s’appelle Carla Georges, a gagné la première édition de The Voice Kids en 2014, a fait partie de Kids United (la première mouture du groupe, celle qui chantait On écrit sur les murs) et a fini par sortir un album sobrement intitulé Carla en 2017. La deuxième a 14 ans, s’appelle Carla Lazzari, a été finaliste de la cinquième saison de The Voice Kids, fait partie du groupe Les petites canailles (un groupe de jeunes reprenant les titres de l’époque Salut les copains, émission de variété ayant sévi entre 1959 et 1969) et a fini par sortir un album intitulé L’autre moi en 2020. Impossible de les confondre donc !


Cette Carla a un ours en peluche plus grand que Nicolas Sarkozy DR.

L'amour toujours pendant des années-lumière !

C’est donc de la deuxième dont nous allons parler ici. Peut-être certains ont-ils découvert Carla et son hymne phare, Bim bam toi, avec le Concours Eurovision de la chanson junior en 2019. Mais c’est surtout grâce à la Youtubeuse Juju Fitcats que la chanson a percé sur TikTok et qu’elle a envahi les esprits avec son refrain entêtant qui reste dans la tête de loooooongues heures. Sans surprise, ce titre parlait d’amour, éternel sujet musical, en utilisant moult onomatopées et une musique pop, tour à tour pétillante et ampoulée. Sans surprise non plus, L’autre moi est rempli jusqu’à l’os de titres d’une gentille pop sautillante explorant principalement les différents territoires de l’amour : de l’amour qu’on ne connaît pas encore, qui n’est qu’un concept vague (On verra plus tard), de l’amour qui fait battre le cœur, qui nous entraîne sur des montagnes russes (Bim Bam toi, Roller coaster), de l’amour qui a vécu, qui est terminé (Mon amour), de l’amour qu’on a laissé passer (Avant). Certains morceaux cependant s’écartent un peu de ce chemin souvent emprunté : L’autre moi est une chanson sur l’ambition et le fait de prendre sa chance, Dans ma bulle est une introspection certes un poil limitée, Je sais pas parle d’incertitude même si l’auditeur n’est pas franchement certain du sujet de cette incertitude (l’amour peut-être?), Batterie faible est un titre justement faible qui semble vouloir être un hymne générationnel au niveau du Terriblement efficace de Tessa Martin ou de Génération Texto de Be Wiz’U et, enfin, Planète à louer est la chanson écolo de l’album même si le message est un peu simpliste (et que, non, on ne peut pas chanter : « Planète à louer libre dans trente années lumières », une année-lumière étant encore et toujours une mesure de distance et pas de temps, screugneugneu).


 Les tatouages au marqueur

Le charme désuet de la variété française

On ne cherchera donc pas franchement d’originalité dans les paroles de L’autre moi. Il n’y a du reste pas réellement d’originalité dans la musique non plus. L’autre moi est de ces albums de pop-variété que l’on a coutume de dénigrer mais que, peut-être, l’on peut redécouvrir sur le tard. Il s’inscrit ainsi pleinement dans une veine au charme désuet et serait l’héritier de Boule de flipper de Corynne Charby, du Vélomoteur des Calamités ou Amoureux solitaire de Lio. Certains titres se démarquent franchement cependant et, en premier lieu, Roller coaster qui mélange un poil de funk, un rien de shoegaze, beaucoup d’electro chill pour célébrer le coup de foudre. Mon cœur fait qui reprend la bonne idée des onomatopées sait jouer avec l’envie de danser de l’auditeur tandis que Mon amour laisse une grande place à l’electro actuelle, toute en contre-pieds, en déséquilibre. Laissez passer l'espoir est le vilain petit canard de l'album avec ses paroles incompréhensibles, son piano triste et puissant, et son ambiance qui n’est pas sans rappeler Hoshi : le titre résonne comme un cri, comme un mal-être, comme une envie de se lever et de revendiquer… on ne sait trop quoi… mais de revendiquer quelque chose.

L’autre moi se termine sur Merci la vie, ce qui nous permet de citer Édouard Baer pour clore cette chronique : « Et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... Je ne suis qu'amour! ». Un bien beau résumé de L'autre moi finalement.

En écoute L'autre moi (pour éviter d'avoir Bim bam toi dans la tête)

La critique en 140 caractères :

Le charme désuet d’une variété française aux accents pop et à la voix juvénile qui reste longuement en tête, trop longuement

Carla – L’autre moi

1. Roller coaster
2. L’autre moi
3. Bim bam toi
4. Dans ma bulle
5. Batterie faible
6. Mon coeur fait
7. Planète à louer
8. Mon amour
9. Avant
10. Je sais pas
11. On verra plus tard
12. Laissez parler l’espoir
13. Merci la vie

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