8/10Caravan Palace - Panic

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 11/04/2012
Notre verdict : 8/10 - Palais présidentielle (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 10 réactions

Une bien belle pochette où un robot en fer blanc digne des productions cinématographiques des années 30 est perché sur la Tour Eiffel tout en cherchant à attraper des objets volants (cette fois non-identifiés) tel un vulgaire King Kong. Et voici un résumé presque parfait de Panic de Caravan Palace : le mélange incongru d'une modernité électronique avec du swing des années 30, un mélange qui, somme toute, fonctionne plutôt bien.

Don't panic

Il faut dire que Caravan Palace sait bien doser ses effets. Queens qui ouvre l'album se concentre ainsi sur le côté jazzy des années 30 ce qui permet à l'auditeur de se mettre facilement dans l'ambiance mid-tempo du style. On se surprend même à se balancer doucement au rythme des vagues musicales. Maniac double facilement la mise avec peut-être un côté electro un peu plus présent. Ce pas en avant vers quelque chose de plus moderne se transforme en une grande enjambée sur The dirty side of the street qui parvient à exprimer la quintessence des deux musiques (le swing et l'electro si vous suivez bien) et à faire sauvagement danser ! 12 juin 3049 ménage un instant de calme, plus tranquille avant que Rock it for me (qui porte bien son nom) remette un coup d'accélérateur, ici encore, beaucoup plus swing qu'electro. Ça saute, ça tourne, ça virevolte de tous les côtés, bref ça swingue à donf ! Et le clip n'est pas franchement en reste (voir ci-dessous). Clash est plus sournois : il commence de façon presque anodine et ressemble presque à un ratage avant de partir sur
DR. Florent Drillon
une voie franchement house. Idéal pour les boîtes de nuit, le titre sonne presque comme un remix.

Newbop et Glory of Nelly sont un peu perdus au milieu de l'album qui accuse un franc coup de mou, surtout en regard des autres titres. On les oubliera sans problèmes. Peut-être un moyen de repartir de nouveau sur de bonnes bases avec un Dramophone largement plus vivant et original : la trompette se mêle parfaitement à une electro blippée et déstructurée pour un résultat vraiment convaincant. La mélodie guillerette de Cotton heads rattrape un morceau un peu mou tandis que Panic s'aventure sur un versant electro expérimental (comprendre : les bips, ploups et autres boups s'enchaînent pour former un semblant de rythme) : le résultat est plutôt bien foutu. Pirates est plus tranquille mais reste entêtant grâce à une bonne trompette et un savoureux mélange de voix. Le pénultième titre, Beatophone, se pose comme le résumé en accéléré de l'opus de Caravan Palace : électronique à forte coloration jazz, il est gentiment dansant tout en gardant une instrumentation assez expérimentale. Du tout bon même s'il est moins catchy que Queens ou Maniac. Enfin Sydney ferme Panic en s'aventurant sur des terres plus désespérées et tristes, peuplées de sons grimaçants et d'une chaude voix étrangement aérienne.

Né de la fusion étrange entre la musique des années 30 (swing ou jazz) et l'electro (qu'elle soit house ou plus expérimentale), Panic nous entraîne facilement dans son sillage. C'est un album comme on a rarement la chance d'en écouter : novateur sans être abscons, dansant sans être vulgaire.

Caravan Palace – Panic

01. Queens
02. Maniac
03. The dirty side of the street
04. 12 juin 3049
05. Rock it for me
06. Clash
07. Newbop
08. Glory of Nelly
09. Dramophone
10. Cotton heads
11. Panic
12. Pirates
13. Beatophone
14. Sydney

En écoute, Rock it for me

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