8.5/10Calexico - Garden Ruin

/ Critique - écrit par juro, le 02/04/2006
Notre verdict : 8.5/10 - Jardin californien (Ecrivez votre critique)

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La grande aventure se poursuit. A travers l'exploration d'un vaste choix de références empruntant autant à la country et au folk qu'au rock ou à la pop, Calexico se place depuis quelques années parmi les groupes qui comptent sur la scène mondiale. Toujours novateur, jamais pompeux, John Convertino et Joey
Burns mènent leurs troupes sur le chemin par des ballades enjouées, des rythmes doux amers au profond destin nostalgique. Sans casser la baraque, la réputation des californiens a su convaincre un public fidèle au poste, attendant avec impatience ce nouveau Garden ruin qu'ils étaient venus défendre à l'occasion de leur concert privé à la Flèche d'Or. Et preuve est faite que, une fois de plus, Calexico sait surprendre là où le groupe semble déjà avoir exploré son monde...

Définir Garden ruin reviendrait à représenter Calexico. Totalement dans la veine des précédents, cet album présente la caractéristique de se tourner encore plus intensément dans la recherche et la complexité musicale, offrant à son public du Calexico pur souche fait d'une guitare génialissime de simplicité mais tellement en accord avec la voix fragile mais terriblement prenante de Burns. Terrible. L'orchestration se joue de la cacophonie qu'elle aurait pu engendrer, l'atypisme règne en maître, Garden ruin sera grand. La surprise vient du fait que les choeurs et des collaborations vocales prennent une place plus importante, les cuivres se cachent, des bouts de textes en français apparaissent... pour un résultat annonçant une couleur dorée. L'intensité se dégage au fur et à mesure que l'album progresse, et la guitare est toujours omniprésente...

Comme à son habitude, soignant son entrée, le groupe propose deux titres Cruel et Yours and mine, titres qui auraient très bien pu figurer sur A feast of wire, l'un enjoué par ses trompettes et ses choeurs joviaux, l'autre redescendant dans ce bon vieux combo guitare/batterie toujours aussi frissonnant. La voix caresse, effleure, soulève une poésie aisément distinguable. Le bonheur est dans le pré et même dans le jardin pour le coup. La suite est du même acabit avec Lucky dime virant dans une insoutenable tendresse avec Bisbee blue et le suave Smash incroyablement marquant par son apogée en boléro. Les collaborations vocales
parfaitement harmonisés créent des titres intéressants, le classique Panic open string ou l'hispanophone Roka qui se révèle être un véritable petit régal ensorcelant. Capables de mettre un sacré coup d'accélérateur dans leur album, Calexico présente Deep down et Letter to bowie knife pour justifier leur réputation de groupe de scène ou un All systems red qui crée la panique dans un délire quasi expérimental fait d'électro, de choeurs enchanteurs, morceau totalement déconnecté des précédents, finissant dans une étrangeté toute relative. A noter aussi le sympathique Nom de plume.

Un bon Calexico. Sans doute pas le meilleur (incomparable A feast of wire) mais une très bonne mouture qui saura séduire par son côté aussi enjoué que nostalgique de temps passés. Peut-être un peu plus pop que les précédents, la guitare ressort d'autant mieux, ce nouvel opus n'est pas à renier et confirme le groupe dans ses intentions d'explorateur musical, touchant à la fois la veine de l'émotion sans tomber dans l'autosuffisance. Bref, Calexico reste Calexico et c'est encore mieux en live...


Calexico - Garden ruin

01. Cruel
02. Yours and mine
03. Bisbee blue
04. Panic open string
05. Letter to Bowie knife
06. Roka (danza de la muerte)
07. Lucky dime
08. Smash
09. Deep down
10. Nom de plume
11. All systems red

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