7/10Bye horus - Locomotive [Histoires Marines]

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 04/06/2008
Notre verdict : 7/10 - Le traintrain de l'amer (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 3 réactions

Du bon post-rock calme et délicat, à peine gâché par des plages chantées pas très convaincantes.

Bye Horus est un groupe rhônalpin de Chambéry, comme Edouard Balladur, mais c'est à peu près leur seul point commun, car le plus vieux d'entre eux a 22 ans et leurs références vont de Deftones à Jacques Prévert en passant par Mogwaï ou Tim Burton. Après seulement deux ans d'existence, ils sortent Locomotives [Histoires marines], un album soufflant le chaud et le froid. Comme une locomotive au milieu de la neige.

Du chaud et du froid, déjà par les différentes ambiances qu'on rencontre au sein de l'album. Le groupe semble avoir développé une schizophrénie marquée entre un post-rock délicat, très beau et une chanson française, poétique, beaucoup moins convaincante.

C'est un lagon perdu

Locomotives
Locomotives
Ainsi Locomotives [Histoires marines] lorgne franchement, pour une bonne moitié de l'album, vers un post-rock assez souvent lent et tranquille, avec une basse cantonnée en arrière plan. Parfois la batterie et la guitare jettent quelques notes d'une beauté glaciale propres à gâter nos chères petites oreilles (Moussaillons [nous étions]). Parfois la guitare s'énerve et s'étire de longues secondes (Locomotive) donnant vraiment dans les caractéristiques du genre. Des claviers s'invitent aussi sur Coma d'une vague.

Chaque morceau est truffé de changements de rythme, fait semblant de s'arrêter avant de repartir de plus belle, accélère et ralentit, comme une image de cette mer qui s'agite en filigrane (Banquise). Les références à Mogwaï ou Explosions In The Sky sont assez évidentes et omniprésentes. Pour notre plus grand bonheur.

J'oubliais le pire dans le blanc regard

Histoires marines
Histoires marines
Mais Bye Horus dévoile aussi, au détour de certains morceaux, une facette largement moins séduisante. C'est un radical changement de style qui survient sur ces îlots musicaux et vocaux. Car ce qui choque le plus, c'est la présence d'une voix rappelant étrangement Etienne Daho ou Nicola Sirkis d'Indochine (Océan, bois dense, hiver) et qui, à vrai dire, nous gâche un peu le plaisir. Si elle apporte un petit plus sur certains titres (Bermudes), elle est plutôt désagréable quand elle tire la couverture à elle (Fl 86400s 1,62m M, qui se voit aussi affublée d'un dérangeant accordéon).

Ce qui distingue aussi Bye Horus, ce sont ces paroles énigmatiques, poétiques et surréalistes. Dès la première chanson, on s'embarque dans une autre dimension : « L'océan s'invente dans l'ascendance, d'agonisantes réalités m'invitent à couvrir mes paupières de sel, à manger les algues qui traînent. » (Océan). « O doucement je te cueille tige de rose. Et tous ces mots sur ma feuille en prose. » (Revenir en gare). Férocement original et refraîchissant.

 

A l'écoute de ce premier album, ce qui ressort en premier lieu c'est la qualité de l'objet, visuellement très beau avec cette pochette représentant un train bloqué au milieu de la neige, mais surtout musicalement bon pour un groupe à deux facettes. On regrettera seulement ces passages chantés, trop différents du reste de l'album.

Bye Horus - Locomotive [Histoires Marines]

01. Océan
02. Moussaillons [nous étions]
03. Banquise
04. FL 86400s 1,62m M
05. Locomotive
06. Océan, bois dense, hiver
07. Bermudes
08. Coma d'une vague
09. L'exil
10. Le phare
11. Revenir en gare
12. Océan (printemps) 

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