9.5/10Blue Foundation - Life of a Ghost

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 09/12/2007
Notre verdict : 9.5/10 - Ghost World (Ecrivez votre critique)

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Le troisième album de Blue Foundation s'inscrit, avec sa pop-rock électronique unique au monde, en tête des meilleurs disques de l'année 2007.

 

En 2006, Blue Foundation, formation danoise, se faisait remarquer dans le film Miami Vice de Michael Mann. Le titre Sweep, monument de trip-hop mélodique et mélancolique de presque 11 minutes, enchantait nos oreilles et nous incitait vivement à nous intéresser à l'album dont il était extrait : Sweep of Days, sorti en 2004. On pouvait alors découvrir un des meilleurs groupes de trip-hop, qui, avec une floppée de titres convaincants et singuliers, pouvant aisément rivaliser avec Massive Attack et Portishead.

Grosse prise de risques

Blue on... blue. Euh non red...
Blue on... blue ? Euh non, blue on red...
Trois ans plus tard, l'heure des retrouvailles est d'autant plus joyeuse qu'une fois encore, il aura quasiment fallu dénicher (par soi-même) leur nouvel opus dans le gigantesque univers de l'underground. En effet, même si Blue Foundation est signé chez un gros label, Virgin Music Denmark, une distribution française n'est pas du tout à l'ordre du jour. Et quel dommage... Life of a Ghost, leur dernier essai en date, troisième du nom, sorti le 26 septembre dernier, est sans aucun doute un des meilleurs disques de l'année 2007. La formation a pris de gros risques en s'écartant largement du trip-hop pour s'orienter vers une pop-rock électronique truculente. Dès Stuck in a Hard Place, les dés sont jetés. Cette chanson, qui aurait presque pu être écrite par Blonde Redhead, boostée par un beat régulier, emmène l'auditeur dans un monde fabuleux où les ardeurs rock rencontrent la poésie et l'imaginaire. Les guitares électriques foisonnent à côté de pianos et de synthés perspicaces. Les voix de Bichi et de MC Jabber sont soutenues par celle de Bo Rande et celle (particulièrement unique et délicieuse) de la chanteuse Kirstine Stubbe Teglbjærg. Une voix que l'on retrouve dès la piste suivante sur le single Enemy. Un autre titre énergique qui confirme le virage rock opéré par le groupe. On se sent en effet beaucoup désormais beaucoup plus proche de Mew, leurs collègues nationaux.

Comme à son habitude, Blue Foundation ne s'enferme pas dans un seul style. A l'image d'Eyes on Fire, doté d'une atmosphère unique où les claviers verdoyants fusionnent avec les nappes ondulantes et la voix prenante de Kirstine. La variété des genres proposés peut notamment s'expliquer par le fait que les six membres du groupe viennent de trois pays différents : le Danemark, l'Angleterre et le Japon. Sur Distant Dreams, c'est MC Jabber qui reprend le micro pour un titre lunaire riche en arrangements fouillés, à base de glockenspiel, de manipulations frénétiques de vinyl et de percussions fascinantes. On jouit une nouvelle fois en attendant la prochaine pénétration musicale. Plus calme, la ballade down-tempo Little By little permet de se remettre un peu de nos émotions, de souffler, de prendre un verre en appréciant la voix angélique de Kirstine qui nous caresse comme autant de petits nuages de plaisir. Elle répond à un MC Jabber dont le timbre ne cesse d'étonner par son mélange d'extrême délicatesse et de charisme incontestable.

D'utilité publique

Avec une rythmique quasi militaire, ses flûtes et ses synthés, Stained s'impose comme un indéniable deuxième single potentiel. Encore une fois, les liens de familiarités avec Mew sont évidents, et l'on ne va pas s'en plaindre. C'est rock, envolé et encore une fois doté d'une originalité rare. Une nouvelle fois ensuite, Blue Foundation montre l'étendue de ses capacités avec la ballade Ghost, où les trompettes nous font naviguer dans une nostalgie foudroyante. Sur Talk To Me, on s'envole vers le Japon, où Kirstine alterne les chants en anglais et en japonais. Bref, une espèce de J-pop avec un grain de folie en plus. Côté ambient, Empty Wall nous fait entrevoir les délices psychédéliques des années 1970, avec tous les papillons que cela implique. Watch You arrive ensuite dans la lignée d'Enemy et Stained. Cette fois ci, on pense à Something's Wrong, le dernier album en date de Bang Gang. On bouge la tête, on veut voler et partir dans ces sphères si mélodiques et entraînantes. On arrête désormais de s'étonner d'autant de talent sur toute la ligne : c'est beau, bien construit, efficace, facile d'écoute et pourtant particulier. L'ambitieux Watch You Sleeping (ballade mid-tempo offrant une multiplicité de facettes différentes) et Equilibrium (teinté d'influences world) finissent de nous satisfaire. On hurle une dernière fois de délectation avait d'estimer que cette "fondation bleue" devrait être déclarée d'utilité publique... pour le bien de nos oreilles.


Blue Foundation - Life of a Ghost
01. Stuck in a Hard Place
02. Enemy
03. Eyes on Fire
04. Distant Dreams
05. Little by Little
06. Stained
07. Ghost
08. Talk To Me
09. Empty Wall
10. Hero Across The Sky
11. Watch You Sleeping
12. Equlibrium
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