8/10Bénabar - Bénabar

/ Critique - écrit par Filipe, le 31/01/2005
Notre verdict : 8/10 - Courts-métrages musicaux (Ecrivez votre critique)

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Originaire de l'Essonne, Barnabé naît sans âge en juin soixante-neuf. Son année de naissance est aussi cocasse que le verlan de son nom de scène... Fasciné par les clowns et l'univers du cirque dès son plus jeune âge, il apprend à souffler dans une trompette après avoir soufflé ses huit bougies. Quelques années plus tard, une fois son Baccalauréat en poche, il se réoriente vers l'industrie culturelle de l'image, entendez la photographie et le cinéma. Il signe son premier court-métrage à vingt ans ; il en réalisera deux autres. Le temps de se froisser avec ses producteurs et d'écrire quelques niaiseries pour la série H, ce n'est qu'à l'âge de vingt cinq ans qu'il se lance dans la musique, en sachant à peine se servir d'une trompette.

Il écrit ses premières chansons, s'essayant à d'autres instruments en parfait autodidacte. Voyant le résultat, il se résout à engager un certain nombre de musiciens plus aguerris, qui deviendront par la suite ses Associés : Denis Grare au saxo et à l'accordéon, Vincent Schaeffer à la trompette et au trombone, Pascal Vignon à la batterie et Stéphane Benveniste à la contrebasse. Benabar colle ses lèvres au micro et s'applique tant bien que mal au piano. Leur premier album, La Petite Monnaie, sort en janvier 1998 grâce au concours d'un label indépendant, Zebuth. Bénabar signe alors en édition chez Universal Music Publishing. Stéphane Moufflier s'immisce à la batterie, Florent Silve à la contrebasse et Alain Buisson au banjo, si bien que l'album éponyme de Bénabar est enregistré courant 2000. A sa sortie, lui et sa bande sont encensés par la critique. Les conséquences sont immédiates pour eux. Une part du public devient "son" public. Au-delà de cette domestication d'une part du marché français, ce succès permet également à son groupe d'assurer la première partie des concerts d'un certain Henri Salvador pendant sa tournée de 2002. Depuis, le troisième album de Benabar, Les risques du métier, a largement été diffusé auprès de son public.

Des arrangements musicaux saupoudrés de pincées d'autodérision et d'humour fantaisiste. La qualité de ses textes et de ses partitions s'équilibrent constamment. Quoi de plus naturel pour une imagination aussi fertile et un tel sens de la narration. S'inspirant tout bonnement de cet environnement que nous avons tous en commun, il dresse une galerie de portraits atypiques, parmi lesquels ceux d'une allumeuse, une de ces Marie couche-toi là dont on oublie le nom, celui d'un simple d'esprit, d'un égoïste, d'un amoureux transi, d'un amoureux amer, d'un tocard et d'un homme honnête. Nous sommes conviés à assister à un instant de leur intimité, à une tranche de cette vie, que l'artiste a conçu pour eux : l'anniversaire d'un trentenaire malchanceux, les prémices d'un amour qui s'apprête à éclore, un autre qui se laisse peu à peu dévorer par la routine, les tous premiers tours de roues d'un cycliste de cinq ans. Sans compter couche-tard et lève-tôt qui se retrouvent dans le premier métro.

Estampillé Variété française, l'album n'en demeure pas moins un album extrêmement complet, présentant ici ou là quelque influence reggae ou rock'n'roll. Tantôt intimiste, tantôt fanfaronnard, ce recueil de courts-métrages musicaux abrite bel et bien quelques merveilles de bonne humeur, qui auront le mérite d'égayer votre bonne vieille collection de vinyles franco-français.

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