8.5/10Beirut - Gulag Orkestar

/ Critique - écrit par Danorah, le 20/11/2006
Notre verdict : 8.5/10 - Le (très) mal nommé (Ecrivez votre critique)

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Gulag Orkestar vous entraîne dans un folklore des pays de l'Est plus ou moins fantasmé, festif et improbable. Difficile de résister à ce petit ouvrage débordant d'enthousiasme.

Ce sont parfois les choses les plus simples qui font naître l'affection le plus facilement et le plus naturellement du monde. Gulag Oskestar fait justement partie de ces albums qui vous agrippent dès les premières secondes, et vous tiennent scotché jusqu'aux toutes dernières. Le compositeur et multi-instrumentaliste américain qui se cache sous le nom de Beirut, Zach Condon, vous entraîne irrésistiblement dans un folklore des pays de l'Est plus ou moins fantasmé, festif et improbable. Difficile de résister à ce petit ouvrage débordant d'enthousiasme.

Zach Condon
Zach Condon
C'est donc à un voyage à travers l'Europe que nous convie Beirut, lequel est mené au gré de ses pérégrinations dans les pays de l'Est évidemment (Bratislava), mais surtout - et étonnamment - en Allemagne, des rives du Rhin (Rhineland) aux quartiers de la capitale (Prenzlauerberg). Sa balade le mène parfois même jusqu'en Italie, pour un Postcards from Italy qui n'a guère d'italien que le titre, mais qu'importe : le thème instrumental d'une simplicité enfantine se révèle irrésistible, de même que les tonalités un peu vieillies qui se dégagent de l'ensemble (à l'image d'ailleurs de l'artwork merveilleusement approprié qu'a su dénicher Zach Condon). Si Postcards From Italy n'a pas achevé de vous chavirer le coeur, Mount Wroclai s'en chargera sans mal, grâce à ses deux lignes mélodiques évidentes et ses choeurs galvanisants. D'un bout à l'autre du disque (et malgré quelques longueurs et répétitions), c'est donc à un joyeux fouillis mélodique que l'on assiste, mêlant allègrement trompettes, piano, accordéon, ukulélé, mandoline, clarinette, puis encore violon et violoncelle, le tout rehaussé de cette rythmique claudicante typique qui donne tout son relief à ce capharnaüm, et du chant approximatif qui sied à celui-ci.

Zach Condon
Zach Condon
Aux explosions de gaieté pleines de dynamisme (Scenic World, joyeux et pétillant), succèdent également des titres languissants et empreints d'une puissante mélancolie - pas de celles qui vous sapent le moral pour le restant de la journée, mais plutôt de celles qui vous transportent et vous enivrent jusqu'à plus soif. C'est ainsi que l'on se retrouve submergé par le romantisme irrésistible et presque désespéré de Rhineland ou le très beau rythme ternaire alangui de Prenzlauerberg. Dans tous les cas, l'immédiateté fantaisiste de la musique de Beirut fait mouche et s'incruste dans l'imaginaire avec son cortège d'ambiances gentiment décalées, un peu biscornues et résolument attachantes.

A un album tel que Gulag Orkestar, on ne demande rien de plus que de se laisser transporter, de préférence loin de nos habitudes occidentales, et, pourquoi pas, dans un monde finalement plus imaginaire que réellement typique des Balkans. Seul compte le plaisir immédiat ressenti à l'écoute de cet album, et les réminiscences vaporeuses (à l'image du titre conclusif, After the Curtain) qu'il ne manquera pas d'engendrer. Une expérience revigorante comme on aimerait en vivre plus souvent.


Beirut - Gulag Orkestar
01. The Gulag Orkestar
02. Prenzlauerberg
03. Brandenburg
04. Postcards From Italy
05. Mount Wroclai (Idle Days)
06. Rhineland (Heartland)
07. Scenic World
08. Bratislava
09. The Bunker
10. The Canals of Our City
11. After the Curtain

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