8/10Beady Eye - Different gear, still speeding. Comme du Oasis.

/ Critique - écrit par enihprom, le 11/05/2011
Notre verdict : 8/10 - C'est comme du Oasis, mais c'est du Beady Eye (Ecrivez votre critique)

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Après la séparation inévitable du mythique Oasis en 2009, c'était avec impatience (et non sans crainte d'ailleurs) que l'on attendait de voir ce que donnerait Beady Eye, le nouveau groupe emmené par Liam sans son frère "tyrannique" Noël. Le résultat donne un excellent album brit-pop qui n'arrive pas, malgré la volonté, à nous faire oublier l'Oasis des débuts. Mais n'allez pas croire que c'est un mal, bien au contraire !

Il y a des groupes, comme ça, qui marquent à jamais une époque. Oasis était de ceux-là. Mis sur un piédestal dès la sortie de leur premier album, intitulé Definitely maybe, le groupe, constitué en autres des frères Gallagher, a très vite sombré dans la déchéance artistique. Enchaînant les albums studios de piètre qualité, notamment la désastreuse compilation de B-sides The Masterplan, il était inévitable que la “Oasismania” prenne définitivement fin. Et
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c’est en France, lors du festival Rock en Seine de 2009 que l’ultime altercation entre le deux frères a lieu. Suite à cette énième dispute (qui serait allée jusqu’aux mains), Noël Gallagher annonce le lendemain son départ officiel d’Oasis. Après dix-huit longues années de hauts et de bas, il fallait se rendre à l’évidence, n’en déplaise aux fans, le groupe mancunien n’avait plus lieu d’être. Pas dégoûtés de l’industrie musicale pour autant, les deux frères mènent désormais leur vie chacun de leur côté, Noël entamant une carrière solo et Liam fondant un nouveau groupe du nom de
Beady Eye. Ce dernier, composé de Liam Gallagher donc, mais aussi de Gem Archer, d’Andy Bell et de Chris Sharrock (soit que des personnes ayant participées à l’aventure Oasis), a réussi à susciter un intérêt tout particulier chez certains puisque l’espoir de revoir un Definitively maybe à travers Beady Eye était bel et bien présent. D’ailleurs, et ils l’ont maintes fois répétés à la presse, il s’agissait là d’un des principaux écueils qu’il fallait à tout prix éviter pour Liam et son équipe : ne surtout pas faire du Oasis... Et pourtant, en écoutant Different gear, still speeding, impossible de ne pas penser au défunt groupe.

C’est donc avec une crainte non-dissimulée que l’on reçoit les deux premiers singles de ce fameux album. Le premier, baptisé Bring the Light, n’a rien du tube interplanétaire. Plutôt passe-partout, le réel objectif était ici de montrer
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qu’
Oasis, c’est bel et bien terminé et qu’ils sont passés à autre chose depuis. Dans les faits, c’est réussi tant on est loin de ce qu’à pu faire le mythique groupe des 90’s lors de ses dernières prestations. Le second single, Four Letter World, n’avait vraiment pas de quoi rassurer quant à la distance que voulait prendre le groupe avec son prédécesseur. En effet, nous sommes face à un titre dans le plus pur style rock que pouvait fournir les Mancuniens à leurs débuts. Il n’en fallait donc pas plus aux détracteurs pour jeter leur venin au quart de tour, scandant le ratage mémorable. Mais c’était sans compter sur les ressources des quatre lascars qui, une fois les treize chansons passées au crible, n’arrivent certes pas à imposer leur premier album comme une référence du genre - d’un autre côté, il aurait insensé de demander un deuxième Definitevely maybe - et nous faire oublier Oasis, mais nous livrent un superbe hommage à la brit-pop d’antan et nous font passer, par la même occasion, 51 minutes tout ce qu’il y a de plus agréables.

Alors bien évidemment, tout n’est pas à garder dans les treize pistes que possède Different gear, still speeding. Par exemple, il ne faut pas compter sur le
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périssable
For anyone, l’insupportable Standing on the edge of the noise ou encore le trop prévisible Beatles and Stone. Trois chansons qui peuvent véritablement faire regretter l’achat de l’album. Mais heureusement pour nous, on en est débarrassés et les dix autres restantes sont autrement plus intéressantes et digne d’être écoutées. Après une première écoute et l’élimination du superflu, un titre nous reste en tête : The roller. Troisième single du CD, il est pourtant passé relativement inaperçu, se contentant ainsi d’une petite 31ème position dans les charts anglais lors de sa sortie. Quoi qu’il en soit, et peu importe sa place dans les classements, il s’agit ni plus ni moins du titre qui va vous faire aimer Beady Eye. Addictif comme ce n’est pas permis, la composition restera gravée dans votre mémoire un bon bout de temps après l’écoute. D’ailleurs, il y a de fortes chances pour qu’elle finisse dans votre top personnel des meilleures mélodies pop du moment. Après une telle claque, on cherche tout naturellement la piste qui se hisse à la même hauteur. Malheureusement, il n’y en a aucune. La seule se rapprochant un tant soit peu de The roller au niveau de l’intensité, bien que les rythmes soient opposés, étant Kill for a dream.

On continue d’énumérer les autres réussites de l’album avec notamment deux morceaux, intitulés Three ring circus et Wind up dream, qui, armés de leurs sonorités psychédéliques, ne devraient pas avoir de mal à conquérir les cœurs grâce à leur énergie communicative. Enfin, réussite, oui et non puisque l’on n’a pas encore parlé de l’expérimental Wigwam. D’une durée de 6’39, le titre n’est pas à mettre dans toutes les oreilles. Intriguant pour certains, long et ennuyeux pour d’autres, impossible de prédire avec certitude, comme on peut le faire avec The roller, si la mélodie vous plaira. Il ne reste plus que Millionaire, petite balade pop classique, mais ô combien efficace et les deux dernières pistes de Different gear, still speeding. Avant-dernier morceau, The beat goes on rappelle sans mal un certain John Lennon dont l’ombre plane sur l’album entier. The morning son a la tâche difficile de clôturer l’album. Même si elle n’est pas à classer dans la catégorie “mauvaises chansons” de l’album, elle est malheureusement trop banale pour pleinement convaincre.

Au final, on peut difficilement dire du mal de ce Different gear, still speeding. Même après de nombreuses écoutes, l’enthousiasme est toujours là concernant les Mancuniens. Accompagné de véritables hits en puissance qui peuvent sans nul doute devenir cultes avec le temps - aller, au hasard, The roller -, Beady Eye a toutes les cartes en main pour proposer un deuxième album qui marquera vraiment les esprits de leur patte car, si l’on doit nuancer, le groupe est encore trop proche d’un Oasis sur cet album-ci pour véritablement les faire oublier. Mais attention, pas n’importe quel Oasis, celui de l’”Oasismania”, celui de la belle époque, le meilleur. Le coup d’essai est donc réussi, mais on attend le second avec impatience pour voir si oui ou non, on a eu raison de placer notre confiance en Beady Eye.

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