7.5/10Baden Baden - 78

/ Critique - écrit par athanagor, le 10/11/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Un bon cru (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 2 réactions

Premier EP d'une formation française qui pêche ses inspirations de chaque côté de l'Atlantique, pour offrir un mélange frais et savoureux.

C'est avec surprise et ce premier EP qu'on découvre le style de ce groupe qui, restant sur des rails bien définis, se jette tout de même à l'eau d'une manière assez inventive. S'appuyant sur un nom que les plus de trente ans se doivent de bien connaître, il produit un rock bien français d'expression anglaise à laquelle une première écoute ne saura pas faire honneur. C'est en effet à la faveur d'un second passage en platine que l'on se rendra compte du charme qui s'opère. Tout simplement, on se mettra à faire tourner dans sa tête la ritournelle qui caractérise le premier titre, avant même que celle-ci n'arrive, et ce à la seule audition des premiers mots. Que ceci se produise dès la deuxième écoute relève du tour de force et caractérise l'art des mélodies entêtantes, mais attention, pas celui de celles que certains soricomorphes obèses entonnent gaiement dans nos jardins, accompagnant leurs refrains de flatulences. Non, le style et les mélodies de Baden Baden sont plus recherchés et plus variés, et servis par une production profonde qui sait mettre en valeur les différents instruments ponctuels qui viennent enrichir l'œuvre, et cette particularité arrivera à perdurer tout au long des 6 titres de cet EP en guise d'introduction.

Côté style, et pour en donner une idée, on a le sentiment d'avoir affaire aux enfants spirituels issus du croisement entre Nada Surf et Alain Souchon, les identités de ces artistes affleurant comme inconsciemment dans les mélodies, les arrangements du groupe et la voix d'Eric Javelle, particulièrement  dans The book qui, bien que chantée en anglais, renvoie une image du chanteur français bouclé dans ses plus intenses moments de mélancolie. Pour polir le mariage de ces deux origines, une trompette, dans son expression la plus simple mais également la plus marquante, viendra marquer quelques morceaux et souligner l'identité musicale de ce groupe, en offrant des passages à mi-chemin entre les airs d'un clown triste et la lancinante partie de Pretty little ditty de Mother's milk. Quand cette dernière ne sera pas là, la part d'originalité laissée ainsi vacante sera remplie par un glockenspiel ou un harmonica, pour un résultat tout aussi heureux.

Bref, un constat plus qu'encourageant et une curiosité bien titillée en à peine 6 titres, voilà de quoi donner confiance pour la suite des évènements. Mais en attendant de pouvoir le vérifier, goûtez donc cela !

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