7/10Asyl - Petits cauchemars entre amis

/ Critique - écrit par camite, le 12/05/2006
Notre verdict : 7/10 - Asyl au pays des cauchemars (Ecrivez votre critique)

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Dieu merci, il existe encore des groupes en France qui ne sont pas obsédés à l'idée de remplacer Noir Désir ou de faire du Placebo dans la langue de Benoît Poher. Asyl, quatuor originaire de La Rochelle, évoque bien de nombreux groupes new-wave sur scène, en partie à cause du (ou grâce au) jeu de scène du chanteur Mathieu Lescop parfois proche de Ian Curtis. Musicalement, ce premier album présente un premier aboutissement de dix ans d'existence (!) et d'un style élaboré progressivement entre penchants dark (Zeppelin et son rythme oppressant, menaçant sur plus de six minutes) et power pop héritière du punk (après détour par le grunge, donc).

D'entrée et James Dean, on est frappé par deux choses : la composition rock urgente et l'écriture stimulante. Un riff de guitare, la rythmique introduite avant explosion saturée, l'ambiance est plutôt au zero bullshit. Côté lyrics, la sonorité semble primer sur le sens comme ce n'est jamais le cas dans le rock français contemporain. Pas de blabla politique, de l'anglais disséminé un peu partout et des rimes percutantes. Emballées par le combo Gang of Four Andy Gill + Clive Goddard, les chansons ont la pêche de certains Red Hot Chili Peppers et la nervosité des Rakes. Les accords rappellent parfois des influences évidentes comme Nirvana (La fille d'à côté) ou les Pixies (Génération) mais il y a toujours une image forte pour démarquer le travail du groupe de la simple copie.

Cette fraîcheur du texte ne se retrouve hélas pas dans les titres exclusivement en anglais (Ted, Brother of Scissors), éternels épine dans le pied du rock hexagonal, même si une chanson comme Nt 146, plus mélanco-mélodique, n'a pas à rougir de la langue. Après tout, un groupe aussi marqué par la musique anglophone peut difficilement cacher ses envies de chant étranger et, pourquoi pas, de carrière internationale. Un choix à réfléchir en vue de la suite, mais tout entendu pour l'auditeur d'ici. Des morceaux comme Music Hole (malgré le titre) ou l'imparable Intérieur-Extérieur donnent en effet un bon coup de pied au derrière de la chanson française. Assurément, il serait dommageable de ne pas poursuivre.

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