8/10Arno, un Belge pas si inconnu

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 16/01/2016
Notre verdict : 8/10 - Human after all (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Arno est de retour sur les platines avec Human incognito, un album drôle et mélancolique, triste et joyeux et plein d'espoir. Résolument humain.

J'ai découvert Arno assez tard et pas du tout par sa musique : c'est en effet grâce au magnifique film de Samuel Benchetrit, J'ai toujours rêvé d'être un gangster que je suis tombé sous le charme de cette dégaine d'ivrogne, à la tronche impayable, à la voix grave. La bonne fortune me permet de vous faire découvrir le nouvel album de cet immense artiste belge.


DR.
Human Incognito est parcouru de sentiments ambivalents. L'humour grinçant de Please exist, une chanson dans laquelle Arno l'athée en appelle à Dieu et le supplie d'exister, côtoie ainsi le texte pratiquement surréaliste de Une chanson absurde, la nostalgie prégnante de Santé, sorte d'hymne à moitié soiffard, à moitié amoureux que ne renierait sans doute pas Renaud ou l'animalité sans retenue de Never trouble trouble sur laquelle Arno se lâche avec un plaisir non feint. Mais, dans cet album, c'est avec une supplication pleine d'espoir pour l'avenir, à la fois très naïve et très mature, qu'Arno remportera certainement tous les suffrages : la poignante Je veux vivre est impossible à décrire mais elle vous embarque avec elle dans sa froide luminosité digne des plus grands morceaux du Belge.

Il y aurait aussi fort à dire dans les différentes couleurs musicales qu'explore Arno. S'il a volontairement choisi une voie plus organique pour cet album, celle-ci n'en est pas moins variée allant lorgner du côté du rock pur et graisseux (Never trouble trouble), de la ballade plus classique (Oublie qui je suis), du blues appuyé (I'm just an old motherfucker) ou tout simplement de la chanson à fleur de peau (Je veux vivre). Malgré ses déclarations initiales, il n'hésite pas non plus à retrouver une formule plus electro sur Please exist. Ces différentes colorations font qu'on ne s'ennuie jamais sur le disque et qu'Arno sait, au contraire, nous (et certainement se) surprendre quasiment sur chaque titre.


DR.

À l'heure où les chanteurs (et les comédiens) de la soixantaine tombent comme des mouches, on a envie que le Je veux vivre de Arno résonne encore longtemps dans nos oreilles. Et si cette phrase semble un peu lugubre, c'est que Human Incognito possède aussi une certaine mélancolie magnifiée sans doute par I'm just an old motherfucker qui ouvre l'album et est le premier clip extrait de celui-ci. Avec son talent qui lui fait marier à la perfection humour et tendresse, electro et rock, douceur et rugosité, ce vieil enfoiré parvient une nouvelle fois à nous charmer avec sa voix subtilement éraillée. Bravo Arno !

Point fort : ce mélange de voix éraillée et de rock/chanson parfait

Point faible : tout ce noir et blanc, c'est un peu triste non ?

La critique en 140 caractères : le vieil enfoiré d'Arno montre qu'il est loin d'être incognito

En écoute : I'm just an old motherfucker

Arno - Human Incognito

01. I'm just an old motherfucker
02. Please exist
03. Je veux vivre
04. Now she likes boys
05. Oublie qui je suis
06. Never trouble trouble
07. Dance lice a goose
08. Quand je pense à toi
09. Ask me for a dance
10. Une chanson absurde
11. Santé

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : White crocodile et Fragile, deux EPs, deux univers, deux réussites