6.5/10Antonionian tout simplement

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 24/03/2011
Notre verdict : 6.5/10 - Antonio pas nian nian (Ecrivez votre critique)

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Ce premier album d'Antonionian est déroutant des premières notes du début à cette fin qui semble inachevée. Certes on parcourt d'innombrables chemins, de nombreux paysages mais on ne parvient jamais complètement à s'envoler avec la musique.

Un nom étrange qui fait référence au célèbre réalisateur italien Antonioni, une pochette représentant des pyramides se reflétant dans l'eau, des titres aussi énigmatiques que My mind's I, Fate's not particular. Qui est donc Antonionian ? D'après sa bio, il s'agit de Jordan Dalrymple, batteur et maître de la MPC aux côtés de General Elektriks sur scène, également membre fondateur de Subtle et collaborateur de 13 & God et cLouddead. C'est sûr que dit comme ça, ça ne fait pas franchement avancer le schmilblick. Penchons-nous donc plus avant sur cet album.

Force est de constater que cet opus de 9 titres ne s'appréhende pas facilement et nécessite plusieurs écoutes pour qu'on puisse saisir toutes les subtilités de la musique d'Antonionian. D'un morceau à l'autre, à l'intérieur même des morceaux, l'auteur-compositeur n'hésite pas à changer totalement d'univers
DR.
tout en parvenant, d'une façon bien mystérieuse, à les intégrer dans une même entité aérienne et cosmique. Sur une base krautrock pour le moins hypnotique, Antonionian tisse cette toile qui semble se multiplier à l'infini, toujours dans de nouvelles dimensions musicales. The desert ouvre particulièrement bien l'album en apposant des voix religieusement informatisées sur des beats distordus, qui frappent sans répit et sans douleur. L'auditeur se laisse alors rapidement entraîner par ces beats qui forment la colonne vertébrale de l'album : c'est ainsi qu'on ne sait pas trop par quel moyen on se retrouve dans une ballade électro à la saveur mobyesque (Vanquished) ou dans un titre funk dont les basses et la voix héritée de Michael Jackson grésillent d'électronique technoïde (Into the night). Fonctionnant comme un miroir de ce dernier titre, Fate's not particular congédie les relents funk à l'arrière plan et fait la part belle à une électro hypnotique soutenue par une voix plus pop. Entretemps, on passe par une électro minimaliste, aux rythmes déstructurés et aux voix robotiques (The ride) ou un titre très dansant malgré un étrange passage quasiment mystique en plein milieu du morceau (The desert part II). Et ce n'est qu'un bref aperçu, un simple sentiment de ce qu'on peut ressentir à un instant T à l'écoute de ces 9 titres.

Ce premier album d'Antonionian est en réalité déroutant du début à la fin et l'on n'est presque pas surpris de ressentir l'appel des cloches d'église sur un dernier titre planant qui s'achève en pleine montée extatique. Ce final qui se termine si abruptement est à l'image de l'album : on a l'impression qu'il suffirait d'un rien pour qu'il nous emmène véritablement ailleurs, pour que nous cotoyions le firmamement. Mais ce rien est finalement beaucoup.

Antonionian – Antonionian
01. The desert
02. Another mistral
03. My mind's I
04. Vanquished
05. The ride
06. Into the night
07. Fate's not particular
08. The desert pt II
09. Pull true

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