Ambryo - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 21/05/2003

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A coté des grosses pointures que sont Artsonic et les Stereotypical Working Class, Ambryo, groupe émergent originaire des Yvelines était également présent au festival le cri de la tour. Nous en avons profité pour leur poser ces questions :

KRINEIN : Le chant de Lio ressemble parfois étrangement à celui de Mark de Pleymo. C'est voulu ?
AMBRYO : Non, pas du tout, c'est une simple coïncidence. D'ailleurs, aujourd'hui, tout le monde nous fait la remarque, et on essaie de s'écarter de ça, on ne veut pas du tout leur ressembler, ce n'est pas trop notre truc.

K : La pochette de votre première démo ressemble étrangement à celle de three dollars bill de Limp Bizkit. C'est une coïncidence ou un choix ?
A : Exactement, et c'est voulu. Personnellement, je voulais un truc qui éclate la gueule, dans les couleurs et l'ambiance, comme dans la musique, quelque chose d'énervé, d'expressif.
Après pour la ressemblance en elle-même, on a filé ça à un infographiste. C'est super bien, c'est tout fait à la main la pochette, à la peinture, à l'aquarelle. En fait, le gars, comme il ne connaissait pas beaucoup le metal, on lui a filé des pochettes pour qu'il s'imprègne de l'idée, et en fait on lui a passé entre autres la pochette de three dollars et voilà, il s'est bien basé dessus pour les couleurs, les traits...
Nous on voulait qu'il soit dans cette ambiance-là, mais pas forcément copié.
Mais d'un côté, ça te permet en voyant la pochette, de voir ce qu'il y a dans le disque. Parce que quand tu fais un premier disque, je pense que c'est important, car en voyant une pochette, quand tu ne connais pas le groupe, tu peux te poser des questions, est-ce qu'ils font de la pop. Comme c'était notre premier album, même si le style était pas encore tout a fait confirmé, il y avait une ambiance, il fallait la rendre sur la pochette.

K : Je crois que vous allez enregistrer votre premier album cet été ?
A : Oui, et on a déjà les compos de prêtes. Maintenant, on bosse un peu les nouveaux morceaux, et on enregistrera pendant les vacances. Plusieurs salles vont nous prêter du matos et on va se débrouiller avec ça.

K : Comment allez-vous faire au niveau du mix ?
A : J'avais l'idée de faire des prises d'enregistrement comme on les fait habituellement, mais vraiment des bonnes prises. Et limite tester avec quelqu'un qui s'y connaît pour apporter quelque chose en plus au mix. Des fois ça change pas mal d'avoir quelqu'un d'autre, de l'extérieur. On a un contact à Lille. On va faire des tests, et on lui enverra les morceaux.
En fait, on va s'occuper nous-même de l'enregistrement, mais on va essayer de trouver quelqu'un d'extérieur pour le mix.

K : Avez-vous déjà des contacts avec des maisons de disques ?
A : Pas des maisons de disques, plutôt des petits labels adaptés au metal. Quand on parle de maison de disques, on pense tout de suite aux majors comme Sony. Je ne pense pas que les maisons de disques soient une bonne solution. Quand tu regardes les grosses productions qui sont sorties cette année sur des gros labels, comme Pleymo par exemple je ne trouve pas ça... Eux ils sont bien bridés au niveau de leur créativité artistique quand même. Ça les étouffe vraiment.

K : Et si vous aviez le choix entre un petit label spécialisé avec des petits moyens et une major qui pourrait vous apporter beaucoup plus de moyens ?
A : On choisirait sans hésitation le petit label sincère. Artsonic a fait l'expérience du petit label et de la grosse maison de disque, ils nous ont expliqué comment ça s'est passé, et au final ils sont revenus sur le petit label, plus approprié au style de musique, et ça se passe vraiment bien, ils sont super contents. Les majors, ça reste quand même du business, leur but c'est de gagner de l'argent, et le coté artistique passe après, alors c'est ta musique qui est changée, c'est tes paroles qui sont changées, c'est ton son qui est changé. Enfin, pour l'instant, on ne s'occupe pas trop de tout ça, on se focalise vraiment sur l'album. Une fois que ce support sera fait, on pourra vraiment commencer le démarchage.

 

K : Sinon, pour un petit groupe comme le votre, pouvoir participer à un festival comme celui-ci, c'est une bonne opportunité.
A : Oui, c'est clair. On voudrait en faire d'autres, mais c'est hyper dur d'en trouver des trucs comme ça. Ça c'est un plan vraiment exceptionnel. Les gens d'ici nous connaissent, et ils ont voulu faire un truc avec nous. Ça nous fait plaisir, ça nous prouve qu'on vaut quand même quelque chose. Mais quand tu vas à l'extérieur pour vendre ton produit, c'est pas pareil, ils te connaissent pas, et ils privilégient les groupes locaux ou pro. Enfin, on essaie quand même.
Et puis, on fait tout nous-même, c'est nous qui envoyons nos CV, c'est nous qui appelons les salles, c'est nous qui négocions avec eux pour les dates, l'argent, tout. On fait vraiment tout nous même, ça prend pas mal de temps, c'est difficile. On fait tous les envois... Maintenant ça va un peu mieux, on commence à être suivi par un management, qui va essayer de gérer un peu tout ça. Enfin, on va essayer de trouver d'autres trucs comme ça, mais c'est vraiment hyper dur.
C'est vrai que ça prend beaucoup de temps par journée. Des fois on prend plus de temps pour la musique que pour le travail, moi je n'arrête pas d'appeler.

K : Oui, mais c'est plus agréable ?
A : Oui, mais d'un côté, tu stresses parce que t'as un job à côté, qui te rapporte de l'argent, pour acheter du matos ou tout simplement vivre, alors faut pas le lâcher ce job pour l'instant.

Nous remercions les membres du groupe ainsi que les organisateurs du festival.

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