Alexis HK - interview

/ Interview - écrit par Emeric, le 28/03/2004

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Interview de Alexis HK

L'histoire d'Alexis HK et la musique n'est pas si simple, un petit détour vers la vie active lui a suffi pour se rendre compte que c'est de la musique qu'il souhaite vivre, chose dorénavant rendue possible en raison du succès de Belle Ville, album dont la qualité indiscutable, à l'image de C'que t'es belle, nous laisse espérer un avenir plus que prometteur !
C'est l'occasion pour ceux qui ne le connaissent pas encore de découvrir cet artiste et son univers atypique.

Krinein : Tu ne vas malheureusement pas y couper mais ta passion pour la musique remonte à quand ?
Alexis HK : C'est venu assez tôt, c'est une passion pour la musique mais aussi pour la chanson. Ce sont les chanteurs qui m'ont influencé, enfin ceux qui savent écrire des chansons qui parlent.

Contrairement à Didier Wampas, tu as quitté ton boulot pour t'investir à 100% dans la musique ?
C'est quelque chose que j'ai toujours voulu faire, donc c'est un choix réfléchi qui s'est imposé. Je l'ai fait quand j'ai senti que ce serait possible, j'ai pas voulu m'embarquer trop tôt dans la misère sociale à cause de la musique. Je faisais un travail à temps partiel qui me permettait de survivre mais je continuais toujours la musique.

Actuellement tu es content d'en vivre ?
Oui bien sûr, malgré les contraintes, comme dans tout travail, encore que là ce sont "mes" contraintes, j'avais pas envie de subir celles des autres. C'est un plaisir avant tout ! C'est d'ailleurs à mon avis la contrainte de tous les musiciens de prendre du plaisir. Mais tu vois si jamais un jour je n'ai plus de plaisir et bien je ferai autre chose.

Comment prépares-tu un album? Tu as déja toutes les idées avant ?
Quelques unes, mais faut y réfléchir sérieusement avant d'agir. Il faut bien distinguer le moment de la réflexion et de l'action. Pour moi, un album doit créer un univers, une ambiance dont il faut avoir la base.

Justement l'ambiance que tu crées ressemble beaucoup à celle du film le fabuleux destin d'Amélie Poulain, je suppose qu'on te l'a déja dit, mais cela te flatte ?
Oui effectivement. De tout ce qui peut être dit sur ce disque, rien ne me dérange car je pars du principe qu'une fois sorti, ce que peut évoquer l'album n'est pas sous mon contrôle. Moi, je lance un truc. Ensuite c'est possible que les gens cherchent à quoi cela s'apparente. Donc c'est pas du tout voulu de ma part ce rapprochement, ensuite il se trouve que j'ai beaucoup apprécié ce film. Mais dans ma conception de Paris, contrairement à celle d'Amélie Poulain, il y a plus de vendeurs de kebab. C'est pas la petite boucherie charcuterie de quartier, ceci dit j'aime bien. Mais derrière Belle Ville se cache plus de trashitude. Il y a un côté assez noir, assez triste qui n'apparaît pas du tout dans Amélie Poulain.

Tu fais de chaque titre une histoire à part, où vas-tu chercher toutes tes idées car le nain volant, Mitch , c'est pas banal ! C'est que de l'imaginaire ?
Non, il ne peut y avoir de l'imaginaire à 100% car rien n'est plus incongru et imaginaitf que la réalité et les personnages comme Mitch et Gaspard sont quand même dans l'ère du temps, ils sont vendus à des causes, ils ont essayé de faire quelque chose dans leurs vies mais avec une destinée contrariée, donc il y en a un qui est catcheur mais qui aurait voulu être poète. Mais ce sont avant tout des idées rigolotes qui doivent faire rire et qui sont dans l'ère du temps. Aujourd'hui l'idée de se vendre et d'être vendu est assez contemporaine. Cela n'a jamais été aussi fort et décomplexé ! Si je suis costaud je peux devenir catcheur, si j'ai une voix je peux devenir chanteur, cette idée consumériste un peu utilitaire et libérale des choses c'est quelque chose de fertile pour la création des personnages, il y a un cynisme derrière qui est monstrueux et puis une douleur de fond terrible, parce que tu ne seras pas pris pour ce que tu es mais pour ce que tu fais où ce que tu crois être ! Donc c'est à partir de là qu'on creuse les personnages tout en restant ludique !

D'ailleurs, on a le droit à quelques intros surprenantes et humoristiques entre les titres, cette idée est venue pendant l'enregistrement ?
C'est un peu du délire ! Oui en fait, bah voilà tu donnes 10 secondes à chacun des musiciens pour qu'ils fassent ce qu'ils veulent !

CLAC !!! Ca vous surprend aussi ! La bande magnétique arrive au bout, le temps de changer de côté la cassette, j'écrase ainsi sans complexe du Nirvana ce qui provoque l'éclatement de rire d'Alexis : "ah excellent !!!" Et c'est reparti.

Tu disais tout à l'heure que tes textes étaient parfois un peu noirs, est-ce que tu peux nous expliquer deux trois mots sur Le Bambin ? Pour moi ce bambin se baladait dans un cimetière entourré de marbre et de fleurs...
En fait c'est chez sa grand-mère, il y a pas mal de maisons comme ça en banlieue, avec quelques décorations mais c'est quand même l'antichambre d'un cimetière. En fait c'est assez commun comme thème car tout le monde s'est tapé un week-end chez sa grand-mère. C'est pas autobiographique, simplement universel.

Tu es le seul au sein du groupe à apporter les idées ?
J'arrive avec mes chansons chantées à la gratte puis on collectivise la chanson et on la met en forme avec les outils qu'on a, sachant que j'ai souvent des idées d'orientation, une tonalité. J'ai d'ailleurs la chance d'avoir une équipe qui me suit dans ce que je veux faire, ils savent prolonger mes idées, ils sont à l'écoute mais donnent également leurs opinions.

Comment les as-tu rencontrés ?
C'est une longue histoire, c'est une sacrée histoire humaine. J'ai fait appel à mes musiciens d'anciens groupes, il y a eu pas mal d'allées et venues. Il y en a deux qui étaient présents pour l'album et qui sont partis pour d'autres projets du coup j'ai fait appel à Philippe (batteur), on jouait ensemble tout au début.

C'est pas forcément évident de parler de groupe !
Oui, en fait j'ai donné mon nom au groupe car c'est moi qui apporte les chansons. C'est plus facile à identifier qu'un nom de groupe. Au départ tu peux "accrocher" sur le chanteur puis tu t'aperçois qu'il y a un vrai groupe autour !

Tu fais un très beau duo sur Son histoire avec Marianne Feder, peux-tu nous la présenter ?
C'est une chanteuse qui était mon amie avant d'être chanteuse également, je la connais depuis 14 ans. On s'était perdu de vue puis on s'est retrouvé au moment de Belle Ville et je lui ai proposé de chanter avec moi. Elle a d'ailleurs monté un groupe qui s'appelle Marianne Farouch'Band, elle est en train de faire un album qui est magnifique car j'ai eu la primeur d'écouter certains titres. Je chante d'ailleurs un titre avec elle. Elle est très influencée par la musique Jazzy, plutôt fine qui pourrait se rapprocher de Paris Combo, une voix assez fluette, un peu une diva... Donc je l'avais invitée pour venir chanter une chanson et puis en fin d'album ça change un peu, ça crée une surprise cette voix féminine.

On remarque une certaine mode de la chanson française, as-tu l'impression d'en profiter ?
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une mode. La chanson française c'est pas nouveau. Je dirais plutôt une vague, avec des hauts et des bas. Ensuite j'ai eu la chance de partager l'affiche avec Bénabar, Vincent Delerme qui sont des personnes qui marchent très fort, bien mieux que moi. Donc je bénéficie de circonstances favorables mais j'étais là bien avant avec un album autoproduit avec un son pas top mais on a réussi à créer notre univers.

Tu savais quels titres allaient fonctionner tout de suite ?
"C'que t'es belle" a toujours bien fonctionné en concert donc ensuite il n'y avait pas de raison qu'elle fonctionne moins bien sur l'album. Mais cette chanson plait car tout le monde est alcoolique.

Un album pour bientôt ?
Oui, il est en cours d'enregistrement, et la date est prévue en Septembre. Il devrait être un peu plus rock et varié sans devenir variété !

Remerciements à Alexis HK pour sa disponibilité et à Magalie pour le contact.

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