6.5/1030 Seconds To Mars - A Beautiful Lie

/ Critique - écrit par Danorah, le 06/09/2005
Notre verdict : 6.5/10 - Back down to Earth... (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 12 réactions

Après un premier jet de la trempe de 30 Seconds To Mars, on était en droit d'attendre du groupe du même nom un second album pour le moins intéressant : Jared Leto et ses acolytes étaient parvenus à créer une atmosphère à la fois écorchée, introspective et planante, portée par un son loin d'être convenu ou aseptisé. Malheureusement, A Beautiful Lie n'est pas la récidive que l'on aurait pu souhaiter, et encore moins le fruit d'une évolution favorable. Bien que globalement agréable à écouter, il manque à cet album ce « petit quelque chose » qui avait fait de 30 Seconds To Mars l'une des révélations de l'année 2002.

A Beautiful Lie, c'est un lot de 12 chansons plus ou moins semblables, globalement plus courtes que sur le premier opus (jamais plus de 4 minutes 30 s'il vous plait) et donc pas trop difficiles à avaler : des guitares électriques bruyantes mais pas trop, une voix puissante mais qui sait aussi se poser, des compositions pas trop complexes permettent de faire passer la pilule sans que l'on s'en rende compte. Et c'est bien là que se trouve le problème : qu'est-ce qui ressort vraiment de ce marasme, aussi sympathique soit-il ? Tout d'abord le premier titre, Attack, et son intro électronique un peu trop clinquante, ensuite le titre éponyme A Beautiful Lie et son joli refrain un peu mou du genou. Et surtout, The Fantasy, qui rassure un peu sur le potentiel mélodique de 30 Seconds To Mars, avec un refrain vraiment prenant, des couplets bien tournés et même un très beau pont, notamment les quelques secondes presque a capella. Le bonheur est malheureusement de courte durée, puisque The Fantasy est suivi de Savior, qui ressemble à un écho un peu fade et répétitif du titre précédent. R-Evolve présente un regain d'intérêt en proposant très probablement le plus beau refrain de tout l'album, ainsi qu'une voix parfaitement maîtrisée, un riff de guitare bien sympathique, et une batterie bien présente. Rien que ça.

Commencent alors les phénomènes inexplicables : la dixième piste, A Modern Myth, a tout d'un titre de clôture. Apaisé, acoustique, il constitue une conclusion honnête et fait joliment ressortir la belle voix de Jared Leto. Il est suivi d'un court ghosttrack qui a tout pour faire croire à la fin imminente de l'album. Seulement voilà. A ce stade, ce dernier n'a duré que 49 minutes, dont les 10 minutes de silence précédant le ghosttrack. Autrement dit, c'est court, très court, pour mériter l'appellation d'album. D'où la solution que semble avoir trouvée le groupe, à savoir rajouter tout simplement et sans la moindre volonté de cohérence deux titres à la fin du disque. Histoire de faire du remplissage. Battle Of One est une chanson sympathique, plus musclée que les autres (et ça fait du bien) mais trop courte, qui laisse un goût amer d'inachevé. Quant à Hunter, elle constitue la plus grosse surprise de l'album : il ne s'agit de rien de moins que de la reprise du Hunter de Björk, reconnaissable entre mille grâce à son beat semblable à des roulements de tambour. L'ambiance est globalement la même, et la façon de chanter de Jared Leto se calque trop sur celle de Björk. Grosse déception, 30 Seconds To Mars n'a pas osé transfigurer totalement le titre et la personnalité de la petite Islandaise flotte avec insistance sur cette version qu'on ose à peine qualifier de remixée.

Techniquement, A Beautiful Lie ne présente rien de transcendant : Jared Leto pousse inutilement sa belle voix dans des aigus où elle se déchire douloureusement et dans des cris où elle perd toute majesté (« This is who I really am » dans The Kill, à la limite du ridicule). A la limite du pop-rock, le son global est un peu brouillon, un peu sourd, bien inférieur à celui du premier album. Pour ce qui est des mélodies, qui tiraient leur force de la polyphonie, elles sont réduites à leur plus simple appareil, rarement à deux voix, et perdent le côté atmosphérique et la délicatesse sur lesquels on s'extasiait auparavant. Les paroles sont quant à elles suffisamment sibyllines pour que le bénéfice du doute les fasse passer pour profondes.

30 Seconds To Mars signe avec A Beautiful Lie un album relativement homogène, facile à écouter, que l'on apprécie pour quelques titres, mais nettement inférieur au premier album. Est-ce par souci de rendre sa musique plus accessible, ou par manque d'inspiration ? Nul ne le sait, mais toujours est-il que Jared Leto confirme ses qualités de compositeur, malheureusement sous-exploitées sur cet album. Dommage.


30 Seconds To Mars - A Beautiful Lie
01. Attack
02. Beautiful Lie
03. Kill
04. Was It a Dream?
05. Fantasy
06. Savior
07. From Yesterday
08. Story
09. R-Evolve
10. Modern Myth
11. Battle of One
12. Hunter

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